“Elles n'ont pas fini d'être vivantes.”
Martyrs est réalisé et écrit par le cinéaste français Pascal Laugier, qui signe ici son deuxième long métrage après Saint Ange, confirmant son intérêt pour un cinéma de genre ancré dans des problématiques psychologiques et métaphysiques (Source : Wikipédia, 2008 ; Source : Wikipedia, 2008). Le film est une coproduction franco-canadienne, tournée au Québec en 2007, et portée par plusieurs sociétés de production, dont Canal+, Eskwad et Wild Bunch, ce qui inscrit le projet dans un réseau de financement déjà très présent sur le marché européen du cinéma de genre (Source : Wikipédia, 2008). La durée du long métrage est d’environ 100 minutes, un format standard pour un film d’horreur, mais qui permet ici de déployer une structure en deux parties bien distinctes, chacune marquée par un changement de registre et de point de vue (Source : Wikipédia, 2008 ; Source : Wikipedia, 2008). Le tournage au Québec, loin d’un contexte strictement hexagonal, participe à créer un environnement suburbain relativement neutre, qui contribue à l’universalité apparente du décor tout en bénéficiant des infrastructures locales dédiées aux productions internationales (Source : Wikipédia, 2008). Par ailleurs, l’inscription du film dans le courant de l’horreur extrême française, aux côtés de titres comme Haute tension ou À l’intérieur, a été régulièrement relevée par la presse spécialisée, qui y voit une expression d’un moment particulier du cinéma européen de genre à la fin des années 2000 (Source : Wikipedia, 2008 ; Source : Independent Horror Society, 2016).
Intrigue et thématiques centrales
L’intrigue s’ouvre au début des années 1970 sur la fuite de Lucie, une enfant qui parvient à s’échapper d’un abattoir désaffecté où elle a été retenue et torturée pendant plus d’un an, avant d’être placée dans un orphelinat où elle se lie d’amitié avec Anna Assaoui (Source : Wikipedia, 2008). Cette amitié constitue le socle affectif du récit, puisque quelques années plus tard, en 1986, Lucie, désormais jeune adulte, identifie un couple de banlieue comme ses anciens bourreaux, pénètre leur maison et les exécute, entraînant Anna dans une situation qu’elle ne maîtrise pas entièrement (Source : Wikipedia, 2008). La première partie du film se structure autour de ce doute : Lucie a-t-elle désigné les bons responsables ou projette-t-elle son traumatisme sur une famille innocente, question qui est progressivement remise en cause par la découverte d’un sous-sol secret (Source : Wikipedia, 2008). En parallèle, le film développe une figure récurrente de femme mutilée qui hante Lucie, figure d’abord présentée comme un démon extérieur, avant d’être explicitement interprétée comme une manifestation de sa culpabilité d’avoir abandonné une autre victime lors de sa fuite (Source : Wikipedia, 2008). La seconde partie se concentre sur Anna, capturée par une organisation qui se définit comme une société secrète cherchant à produire des « martyrs » par la douleur extrême, afin de recueillir un témoignage sur l’au-delà, ce qui déplace la thématique de la vengeance vers une réflexion sur la souffrance comme vecteur de transcendance (Source : Wikipedia, 2008 ; Source : Egregious, 2024).
Mise en scène, esthétique et traitement de la violence
La mise en scène de Pascal Laugier privilégie une approche réaliste de la violence, en refusant les ellipses ou les effets de distanciation humoristique que l’on retrouve parfois dans d’autres films de genre contemporains, ce qui a été souligné par plusieurs critiques comme un choix formel déterminant (Source : Independent Horror Society, 2016 ; Source : RantBit, 2015). La première partie repose sur un découpage dynamique, alternant plans rapprochés sur les visages des protagonistes et travellings dans la maison familiale, afin de maintenir une tension constante autour de la légitimité de l’acte de Lucie (Source : Independent Horror Society, 2016). La seconde partie adopte au contraire un rythme répétitif et rigoureusement cadré, quasi clinique, qui suit le cycle des violences infligées à Anna, dans un décor réduit à quelques pièces et à une cellule, ce qui accentue la sensation d’enfermement et de ritualisation (Source : Egregious, 2024). Plusieurs analyses critiques ont insisté sur la manière dont le film met en scène le corps comme territoire de l’expérience, notamment à travers la séquence de « flayage » qui culmine dans l’état de sidération et d’extase supposée d’Anna, filmé de façon frontale mais dépourvue de commentaire explicite (Source : Wikipedia, 2008 ; Source : Egregious, 2024). Par ailleurs, les critiques de cinéma de genre ont souvent replacé Martyrs dans une lignée de films qui travaillent l’horreur non seulement comme spectacle, mais comme dispositif permettant d’interroger des notions de foi, de croyance et de représentation de la souffrance extrême (Source : Independent Horror Society, 2016 ; Source : RantBit, 2015).
Distribution artistique et équipe technique
La distribution repose principalement sur les interprétations de Morjana Alaoui, qui incarne Anna, et de Mylène Jampanoï, qui interprète Lucie, deux rôles centraux qui structurent la bascule du récit d’un personnage à l’autre (Source : Wikipédia, 2008 ; Source : IMDb, 2025). Plusieurs sources mentionnent également l’actrice Catherine Bégin dans le rôle de Mademoiselle, figure de direction de la société secrète, dont la présence intervient dans la dernière partie du film et donne un visage à l’idéologie qui sous-tend le dispositif de torture (Source : Wikipedia, 2008). Du côté technique, la direction de la photographie contribue à installer un contraste marqué entre les scènes diurnes dans la maison familiale, baignées d’une lumière relativement neutre, et les séquences souterraines, dominées par une palette plus froide et des éclairages ciblés, ce qui renforce la séparation entre la surface domestique et le sous-sol expérimental (Source : Independent Horror Society, 2016). Le maquillage et les effets spéciaux, salués dans plusieurs festivals, assurent un rendu détaillé des blessures et des mutilations, participant à la réception du film comme œuvre emblématique d’un cinéma d’horreur visuellement explicite (Source : IMDb, 2025 ; Source : Sitges - IMDb, 2025). La bande-son, discrète mais présente dans les moments de tension et de transition, soutient cette dualité entre l’intime et le spectaculaire, sans recours massif à des thèmes musicaux reconnaissables, privilégiant plutôt les ambiances et les nappes sonores (Source : Independent Horror Society, 2016).
Parcours en festivals, distribution et accueil critique
Martyrs est présenté pour la première fois au Marché du Film de Cannes en mai 2008, où sa projection provoque des réactions contrastées, certains spectateurs quittant la salle en raison de la violence des images, ce qui contribue à sa réputation de film particulièrement éprouvant (Source : Wikipedia, 2008 ; Source : RantBit, 2015). À la suite de cette présentation, Wild Bunch acquiert les droits de distribution pour l’Europe, tandis que The Weinstein Company assure la distribution aux États-Unis, illustrant la volonté de positionner l’œuvre sur un marché international de l’horreur (Source : Wikipedia, 2008). Le film est ensuite programmé au London FrightFest le 24 août 2008, avant de sortir en salles en France le 3 septembre 2008, puis dans d’autres territoires, notamment au Québec, où il est exploité à partir de janvier 2009 (Source : Wikipedia, 2008 ; Source : Wikipédia, 2008). Il circule par ailleurs dans plusieurs festivals internationaux, parmi lesquels le Stockholm International Film Festival, le Helsinki Film Festival, le Rome Film Fest, le Mar del Plata Film Festival, puis en 2009 le San Sebastián International Film Festival, le Golden Horse Film Festival à Taïwan et le FICCO au Mexique, ce qui confirme son inscription dans les circuits spécialisés du cinéma de genre (Source : Wikipedia, 2008). Sur le plan critique, le film suscite de nombreux commentaires autour de sa radicalité formelle et de son positionnement moral, la presse spécialisée en horreur soulignant sa dimension extrême tandis que certains articles généralistes s’interrogent sur la légitimité de la représentation de la souffrance à ce degré d’intensité (Source : Independent Horror Society, 2016 ; Source : RantBit, 2015).
Récompenses, nominations et postérité
Au niveau des récompenses, Martyrs obtient notamment le Grand Prize of European Fantasy Film in Gold au festival de Sitges, l’un des rendez-vous majeurs du cinéma fantastique et d’horreur, ainsi qu’un prix du meilleur maquillage, confirmant la reconnaissance institutionnelle de son travail formel (Source : IMDb, 2025 ; Source : Sitges - IMDb, 2025). Il remporte également un Méliès d’Or, décerné par la Méliès International Festivals Federation, qui distingue les films fantastiques européens, ce qui contribue à l’asseoir comme une référence du genre sur le continent (Source : Wikipedia, 2008). Le long métrage reçoit en outre plusieurs nominations dans des cérémonies spécialisées, comme les Scream Awards, les Fangoria Chainsaw Awards, les Fright Meter Awards ou encore des distinctions dans le cadre de festivals asiatiques et nord-américains dédiés au fantastique et à l’horreur (Source : IMDb, 2025). Cette reconnaissance par les circuits de festivals et de prix spécialisés participe à la construction d’une postérité critique, de nombreux articles et analyses publiés dans les années qui suivent revenant sur sa structure en deux temps et sur son final ouvert comme des éléments majeurs de son impact (Source : Courte-Focale, 2024 ; Source : Independent Horror Society, 2016). Par ailleurs, le film fait l’objet de discussions récurrentes dans les études sur le « new french extremity » et sur les représentations de la violence extrême au cinéma, où il est cité comme un cas exemplaire d’articulation entre horreur graphique, questionnement métaphysique et dispositif narratif resserré (Source : Independent Horror Society, 2016 ; Source : Courte-Focale, 2024).
Critique sur Martyrs
Où regarder en streaming Martyrs
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Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Martyrs figurent Anna Assaoui, interprété par Morjana Alaoui, Lucie Jurin, interprété par Mylène Jampanoï et Mademoiselle, interprété par Catherine Bégin. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.

























