« Aban » est produit par Envie de Tempête Productions, société basée en France, en coproduction avec des partenaires iraniens, ce qui ancre le projet dans une circulation transnationale entre Europe et Moyen-Orient (Source : Filmweb, 2022). Le film est officiellement identifié comme un drame court, d’une durée de 16 minutes, ce qui le place dans le format des courts métrages narratifs privilégiés par de nombreux festivals internationaux (Source : Filmweb, 2022 ; Filmoria, 2022). La réalisation est assurée conjointement par Abbas Taheri et Mahdieh Toosi, qui signent également le scénario, ce qui renforce la cohérence entre écriture et mise en scène (Source : Filmweb, 2022 ; IMDb, 2024). Le tournage s’inscrit dans un cadre franco-iranien, le film étant répertorié comme une coproduction entre la France et l’Iran, ce qui se reflète dans la langue, les décors et les enjeux socioculturels abordés (Source : Filmweb, 2022). Le film se présente en outre comme une œuvre indépendante, sans mention de gros studios internationaux, ce qui correspond à son ancrage festivalier et à sa diffusion principalement en salles spécialisées et en manifestations dédiées au court métrage (Source : Filmweb, 2022 ; IMDb, 2022).
Le récit se construit autour de la cellule familiale recomposée, dans laquelle Aban, neuf ans, vit désormais avec sa mère Nazanin après le divorce des parents, situation explicitement mentionnée dans les synopsis de présentation (Source : YouTube – présentation du film, 2023). Sous la pression constante de son ex-mari, Nazanin est sommée de « détourner » leur enfant d’une attirance marquée pour la féminité, ce qui inscrit le film dans une réflexion sur les normes de genre et la surveillance du corps des enfants (Source : MUBI, s.d. ; Filmoria, 2022). La perspective du personnage principal est intimement liée à une intervention médicale supposée, Aban se rendant à l’hôpital en pensant subir une opération capable de changer profondément sa vie (Source : Letterboxd, 2023 ; YouTube – présentation du film, 2023). La tension dramatique découle de ce décalage entre les attentes de l’enfant et les décisions prises par les adultes, nourries par les rapports de pouvoir au sein de la famille (Source : MUBI, s.d.). Par sa durée condensée, le film privilégie des scènes elliptiques et des moments d’attente, utilisant le contexte médical comme un espace de projection, de peur et d’espoir (Source : Filmoria, 2022).
Intrigue et thématiques
Le noyau narratif de « Aban » repose sur un conflit entre la quête d’identité de l’enfant et les contraintes imposées par les adultes, en particulier la figure du père, présent à travers la pression qu’il exerce sur Nazanin (Source : MUBI, s.d. ; Filmweb, 2022). La mère apparaît prise dans un double mouvement : d’un côté, la nécessité de répondre aux injonctions de son ex-mari, et de l’autre, la confrontation quotidienne avec l’expression de genre d’Aban, que les synopsis décrivent comme un goût fortement orienté vers la féminité (Source : Filmweb, 2022 ; Filmoria, 2022). La visite à l’hôpital fonctionne comme un moment charnière, Aban s’imaginant vivre « l’opération de ses rêves », ce qui laisse entendre une dimension de transition ou de transformation, sans que les documents officiels ne détaillent explicitement la nature de l’intervention (Source : YouTube – présentation du film, 2023 ; Letterboxd, 2023). Cette situation permet au film d’aborder les enjeux de l’autodétermination de genre et du consentement à l’acte médical, à travers le regard d’un enfant pris dans un environnement familial divisé (Source : MUBI, s.d.). En parallèle, la mise en scène met en avant les gestes et les choix vestimentaires d’Aban, fréquemment mentionnés comme expressions d’un « goût féminin », et les réactions qu’ils suscitent dans l’entourage (Source : Filmweb, 2022 ; Filmoria, 2022).
Au-delà de la sphère familiale, « Aban » s’inscrit dans un contexte plus large où la question de l’identité de genre des mineurs occupe une place croissante dans les débats publics en Europe et au Moyen-Orient, ce que reflète la programmation du film dans plusieurs festivals engagés sur les thématiques de droits humains (Source : Movies That Matter Festival, 2023 ; Kyiv International Short Film Festival, 2023). La sélection du film à Movies That Matter, aux Pays-Bas, en mars 2023, confirme cette orientation vers un cinéma questionnant les droits de la personne et la liberté individuelle (Source : IMDb – Release info, 2022). En filigrane, le film interroge l’écart entre normes sociales et vécu intime de l’enfant, sans recourir à un commentaire explicite, en laissant au spectateur la responsabilité de reconstituer les enjeux à partir de situations quotidiennes et de silences (Source : MUBI, s.d.). La question de la médecine et de l’hôpital est également centrale, puisque l’établissement devient un lieu à la fois de contrôle, de projection et de fantasme pour le personnage principal (Source : Filmoria, 2022). Le scénario, par son économie de moyens, cherche ainsi à condenser en quelques séquences une série de tensions autour du genre, de la parentalité et des institutions, tout en restant focalisé sur le point de vue d’Aban (Source : Letterboxd, 2023 ; YouTube – présentation du film, 2023).
Distribution artistique et interprétation
La distribution met au premier plan le jeune acteur Ali Khoshbin dans le rôle d’Aban, personnage-titre autour duquel se structure l’ensemble du récit (Source : Filmweb, 2022). La mère, Nazanin, est interprétée par Katayoun Saleki, dont le personnage porte la charge émotionnelle des décisions à prendre face aux exigences du père et aux désirs de l’enfant (Source : Filmweb, 2022). Le casting comprend également Janan Zand Akbari dans le rôle de Negar, Shadi Amiri dans celui de Mlle Saeedi et Delaram Fathi en réceptionniste de l’hôpital, autant de figures qui encadrent le parcours d’Aban dans les espaces familial et médical (Source : Filmweb, 2022). Cette distribution resserrée correspond à la durée du film et à sa focalisation sur quelques lieux-clés, principalement le domicile et l’hôpital, dans une logique de récit épuré (Source : Filmweb, 2022 ; Filmoria, 2022). Les retours critiques de spectateurs sur certaines plateformes mentionnent la performance de l’interprète principal comme un élément central de l’impact émotionnel du film, en évoquant une incarnation jugée crédible et expressive du personnage enfantin (Source : Letterboxd, 2023).
Plusieurs commentaires de festivaliers signalent une direction d’acteurs qui privilégie la retenue et l’observation, avec un usage limité du dialogue au profit d’une expressivité fondée sur les regards, la gestuelle et la manière dont Aban occupe l’espace (Source : Letterboxd, 2023 ; Palm Springs International ShortFest, 2023). La présence des seconds rôles, notamment le personnel hospitalier, contribue à installer un environnement institutionnel parfois distancié, dans lequel l’enfant tente de se frayer un chemin (Source : Filmweb, 2022). Les critiques informelles mettent en avant la manière dont la mise en scène donne au personnage principal la place de référent narratif, ce qui oriente la perception du spectateur vers son expérience subjective de la situation (Source : Letterboxd, 2023). Cette direction conforte la dimension intimiste du projet, malgré le caractère potentiellement polémique des thèmes abordés, en maintenant le récit à hauteur d’enfant (Source : MUBI, s.d.). La collaboration entre les deux coréalisateurs se reflète dans cette attention portée au jeu, qui accompagne la progression dramatique sans recourir à des effets spectaculaires, au profit d’un ancrage réaliste (Source : Filmweb, 2022 ; Filmoria, 2022).
Parcours en festivals et distinctions
« Aban » connaît une carrière soutenue en festival, avec au moins une victoire et douze nominations répertoriées, ce qui témoigne d’une visibilité significative sur le circuit international du court métrage (Source : IMDb – Awards, 2024). Le film est sélectionné en 2022 au Tallinn Black Nights Film Festival, en Estonie, où il concourt dans la section « Shorts and Animation Competition – Best Live Action Short » (Source : IMDb – Awards, 2024 ; IMDb – Release info, 2022). En 2023, il figure en compétition au Clermont-Ferrand International Short Film Festival, dans la section nationale, où il est nommé pour le Grand Prix, l’un des rendez-vous majeurs du court métrage en Europe (Source : IMDb – Awards, 2024). La même année, il est finaliste pour le Grand Jury Prize du meilleur court métrage narratif au Nashville Film Festival, aux États‑Unis, et pour le prix du meilleur court métrage en prise de vues réelles de 15 minutes et moins au Palm Springs International ShortFest (Source : IMDb – Awards, 2024). Il est également présenté au Vila do Conde International Short Film Festival, au Portugal, où il est nommé pour le « My Generation Prize », confirmant une diffusion sur plusieurs territoires européens (Source : IMDb – Awards, 2024).
En parallèle, « Aban » circule dans des festivals à forte dimension politique ou sociale, comme le Movies That Matter Festival, aux Pays‑Bas, et le Kyiv International Short Film Festival, en Ukraine, où il est nommé pour le Grand Prix en compétition internationale en 2023 (Source : IMDb – Release info, 2022 ; IMDb – Awards, 2024). Le film est aussi présenté au Contis International Film Festival, en France, où il concourt pour le Grand Prize Award du meilleur court métrage (Source : IMDb – Awards, 2024). En 2024, il obtient une mention spéciale du jury pour le meilleur court métrage de fiction lors du festival Zoom – Zbliżenia, en Pologne, ce qui constitue à ce jour l’une de ses principales distinctions officielles (Source : IMDb – Awards, 2024). Ce palmarès partiel montre une reconnaissance concentrée sur des festivals spécialisés, parfois axés sur les droits humains, ce qui corrobore la dimension sociétale des thématiques abordées (Source : Movies That Matter Festival, 2023 ; Kyiv International Short Film Festival, 2023). La présence à la fois dans des festivals généralistes de court métrage et dans des événements thématisés contribue à inscrire « Aban » dans une cartographie de films associés aux débats contemporains sur le genre, la famille et le corps (Source : IMDb – Awards, 2024).
Diffusion, réception et inscription dans le paysage contemporain
La diffusion de « Aban » se concentre principalement sur le réseau des festivals et des plateformes spécialisées, le film étant notamment répertorié sur MUBI, qui le présente avec un synopsis mettant en avant la pression paternelle et le désir d’opération de l’enfant (Source : MUBI, s.d.). Plusieurs sites de base de données cinématographiques, dont Filmweb et Filmoria, en donnent une présentation convergente, indiquant une sortie initiale au 16 novembre 2022 et rappelant sa durée et son registre dramatique (Source : Filmweb, 2022 ; Filmoria, 2022). Les commentaires de spectateurs sur Letterboxd font état de réactions émotionnelles fortes, certains utilisateurs décrivant une expérience de visionnage marquée par la charge affective de la dernière partie du film (Source : Letterboxd, 2023). Des avis de festivaliers soulignent également le choix de privilégier un récit principalement visuel, avec un recours mesuré au dialogue, ainsi qu’un travail attentif sur le cadre et la direction du jeune interprète (Source : Palm Springs International ShortFest, 2023 ; Letterboxd, 2023). Ces retours restent toutefois fragmentaires et ne constituent pas une critique académique, mais offrent des indications sur la manière dont le film est perçu dans les contextes de projection publique (Source : Letterboxd, 2023).
Dans le paysage du court métrage contemporain, « Aban » s’inscrit dans une série d’œuvres abordant, à partir de dispositifs narratifs resserrés, la question de l’identité de genre à l’enfance et l’impact des structures familiales sur la construction de soi (Source : Movies That Matter Festival, 2023 ; Kyiv International Short Film Festival, 2023). La coproduction franco-iranienne, ainsi que la circulation du film entre Europe occidentale, Europe de l’Est et Amérique du Nord, illustrent la dimension transnationale des débats sur les normes de genre et les droits des enfants et des minorités (Source : IMDb – Release info, 2022 ; IMDb – Awards, 2024). Le recours à l’hôpital comme lieu central de l’intrigue renvoie à la médicalisation des questions de genre, et met en tension le désir individuel d’Aban avec les logiques institutionnelles encadrant l’accès aux soins (Source : Filmoria, 2022 ; MUBI, s.d.). Enfin, l’accueil en festivals spécialisés dans les droits humains indique que « Aban » est souvent programmé dans des sections thématiques, ce qui influe sur les lectures critiques du film et l’inscrit dans un corpus de fictions mobilisées pour nourrir des débats publics (Source : Movies That Matter Festival, 2023 ; Kyiv International Short Film Festival, 2023). Cette trajectoire contribue à faire de ce court métrage une œuvre repérée dans un espace où se croisent création cinématographique, réflexion sociale et enjeux de représentation des identités minoritaires (Source : IMDb – Awards, 2024).
Critique sur Aban
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Aban figurent Aban, interprété par Ali Khoshbin, Nazanin, interprété par Katayoun Saleki et Negar, interprété par Janan Zand Akbari. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.



