« Pitch Black Panacea » est réalisé et écrit par le cinéaste britannique Thomas Hardiman, qui signe ici un court-métrage d’environ sept minutes produit notamment avec le soutien du British Film Institute et de la société Somesuch (Source : IMDb, 2020 ; Rotten Tomatoes, 2020). Le film est daté de 2020 et apparaît dans les bases de données cinématographiques comme un court d’animation aux accents dramatiques, tourné en noir et blanc et présenté en langue anglaise (Source : IMDb, 2020 ; Rotten Tomatoes, 2020). Son budget est estimé à 16 000 livres sterling, ce qui l’inscrit dans le cadre d’une production indépendante, typique de certains programmes de courts soutenus par des institutions nationales comme le BFI (Source : IMDb, 2020). Le point de départ du projet repose sur un véritable protocole scientifique conduit en 2016, au cours duquel deux personnes atteintes de strabisme auraient été placées plusieurs jours dans l’obscurité, une histoire qui fournit la trame documentaire d’un récit ensuite largement fictionnalisé (Source : Short of the Week, 2020 ; Flatpack Festival, 2020). Par ailleurs, Hardiman indique avoir été marqué, dans son enfance, par la perte de vision de son grand-père et par les hallucinations associées au syndrome de Charles Bonnet, un contexte personnel qui a nourri sa réflexion sur la perception visuelle et les images mentales (Source : Short of the Week, 2020). En parallèle, le cinéaste revendique un intérêt pour les récits qui posent un défi formel et l’obligent à expérimenter sur le plan esthétique, ce qui oriente ici le choix d’un dispositif hybride entre live action et animation (Source : Short of the Week, 2020 ; Flatpack Festival, 2020).
Intrigue et dispositif narratif
Le récit se concentre sur Amy et Carl, deux volontaires dont les yeux paresseux – l’œil gauche pour Amy, l’œil droit pour Carl – font d’eux des « cas » complémentaires réunis dans une même expérience médicale (Source : Rotten Tomatoes, 2020). Ils ne se connaissent pas au départ, mais doivent partager un espace clos, sans lumière, pendant dix jours, dans l’objectif d’améliorer leur condition visuelle par un isolement sensoriel extrême (Source : IMDb, 2020 ; Short of the Week, 2020). Dans un premier temps, la situation est décrite comme presque triviale, proche d’une cohabitation forcée, avec les ajustements propres à deux « colocataires » inattendus qui découvrent leurs habitudes et leurs limites (Source : Short of the Week, 2020). Rapidement, la privation de lumière et la monotonie du dispositif font basculer le film vers une dimension plus hallucinatoire, les personnages faisant face à une série de visions qui traduisent la dégradation de leur rapport à la réalité (Source : Short of the Week, 2020 ; Flatpack Festival, 2020). En parallèle, le film articule ce huis clos à une forme de progression intérieure : la plongée dans le noir devient le prétexte à un examen de soi et à la remontée de peurs ou de souvenirs enfouis, ce que la mise en scène traduit par un glissement vers une imagerie de plus en plus onirique (Source : Short of the Week, 2020). Enfin, la narration conserve Amy et Carl comme ancrage émotionnel, même lorsque l’univers visuel se déploie dans une dimension quasi-fantastique, ce qui permet de maintenir un fil suivi dans un récit volontairement condensé (Source : Flatpack Festival, 2020).
Esthétique visuelle et animation
Le film repose sur un mélange de prises de vues réelles et d’animation, conçu dès l’origine comme un aller-retour entre le monde tangible de l’expérience clinique et un registre plus stylisé, proche du conte ou du cauchemar (Source : Flatpack Festival, 2020 ; Short of the Week, 2020). Le tournage en live action précède le travail d’animation, certaines séquences ayant été explicitement pensées pour être retravaillées image par image, l’animation venant se superposer ou transformer les plans de départ (Source : Flatpack Festival, 2020). Visuellement, l’équipe revendique une esthétique inspirée des premiers dessins animés Disney tout en convoquant l’héritage des studios Fleischer, réputés pour introduire une dimension de légère inquiétude sous un vernis graphique apparemment ludique (Source : Flatpack Festival, 2020). Ce contraste entre imagerie enfantine et tonalité plus sombre vise à traduire la friction entre le « mignon » et le monstrueux, telle qu’elle apparaît dans les visions d’Amy et Carl lorsqu’ils perdent progressivement pied dans l’obscurité (Source : Flatpack Festival, 2020). Par ailleurs, l’usage du noir et blanc, associé à un monde « d’encre » dans certaines critiques, contribue à souligner la radicalité sensorielle de la situation, en limitant les repères chromatiques pour privilégier les ombres, les silhouettes et les surgissements de formes animées (Source : Short of the Week, 2020 ; MUBI, critiques, 2020). Lorsque Carl commence à « dérailler », la mise en scène adopte un registre de quasi-horreur psychédélique, accentué par un montage plus heurté et par l’arrivée de figures chimériques, comme un lion ou une chimère, qui introduisent une force extérieure quasi mythologique dans le récit (Source : Flatpack Festival, 2020). L’ensemble compose ainsi une expérience visuelle où l’animation ne sert pas uniquement de procédé décoratif, mais devient l’expression directe du trouble perceptif et mental traversé par les protagonistes (Source : Short of the Week, 2020 ; MUBI, critiques, 2020).
Personnages, voix et interprétations
La distribution réunit les acteurs américains Martha Plimpton et Gbenga Akinnagbe, qui prêtent leurs voix aux versions animées d’Amy et Carl, tandis que Fiona Marr et Jade McCrea incarnent physiquement les personnages dans les segments live action (Source : IMDb, 2020 ; Rotten Tomatoes, 2020). Plimpton, connue pour ses rôles au cinéma et à la télévision depuis les années 1980, apporte à Amy une diction marquée par une forme de retenue et de lucidité, qui accompagne l’évolution du personnage de l’incrédulité initiale vers un état plus introspectif (Source : IMDb, filmographies, 2020 ; Flatpack Festival, 2020). De son côté, Akinnagbe, remarqué notamment dans la série « The Wire », donne à Carl une présence vocale plus nerveuse, avec des variations de ton qui reflètent sa glissade progressive vers l’angoisse puis la panique (Source : IMDb, filmographies, 2020 ; Flatpack Festival, 2020). Une narratrice, interprétée par Daphne Rubin-Vega, structure par ailleurs le récit en apportant des éléments de contexte et en guidant la perception du spectateur à travers les différentes strates du dispositif expérimental (Source : IMDb, 2020 ; Rotten Tomatoes, 2020). En parallèle, les performances de Fiona Marr et Jade McCrea dans les passages en prises de vues réelles servent de point d’ancrage concret avant que le film ne se laisse emporter par l’imaginaire animé, créant un écart volontaire entre le corps filmé et la voix connue du spectateur (Source : IMDb, 2020). Le réalisateur souligne que la « naturalité » du jeu vocal de Plimpton et Akinnagbe participe à maintenir une dimension humaine forte, malgré l’ampleur des déformations visuelles proposées par l’animation (Source : Flatpack Festival, 2020).
Thématiques, musique et réception critique
Au-delà de son intrigue resserrée, « Pitch Black Panacea » aborde plusieurs thèmes liés à la perception, à l’isolement et aux effets psychiques de la privation sensorielle, en s’appuyant sur un cas scientifique réel pour interroger la façon dont le cerveau « reconstruit » des images en l’absence de lumière (Source : Short of the Week, 2020 ; Flatpack Festival, 2020). Le film dialogue implicitement avec le syndrome de Charles Bonnet, en illustrant la manière dont certaines hallucinations peuvent surgir chez des personnes atteintes de troubles visuels, ce que le cinéaste relie à l’expérience de son grand-père (Source : Short of the Week, 2020). La bande originale composée par Daniel Brandt joue un rôle structurant dans l’installation de cette atmosphère, offrant une pulsation rythmique qui accompagne la montée en tension de Carl et contribue au basculement vers une esthétique proche de l’horreur psychédélique (Source : Flatpack Festival, 2020). Sur le plan critique, le court-métrage est salué par des plateformes spécialisées dans le film court qui mettent en avant son caractère « viscéral », la cohérence de son mélange live action/animation et sa manière de faire ressentir physiquement la descente dans l’obscurité mentale de ses protagonistes (Source : Short of the Week, 2020 ; MUBI, critiques, 2020). Certaines analyses soulignent aussi la pertinence, en 2020, d’un récit centré sur l’isolement et sur les effets psychologiques d’un enfermement prolongé, dans un contexte marqué par les expériences de confinement collectif (Source : Short of the Week, 2020). Enfin, la présence du film dans des programmes de festivals et sur des plateformes de diffusion en ligne de courts-métrages contribue à l’installer comme une œuvre repérée dans le champ de l’animation contemporaine hybride, sans pour autant être associée à un palmarès de prix largement médiatisé (Source : Flatpack Festival, 2020 ; MUBI, 2020).
Critique sur Pitch Black Panacea
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Pitch Black Panacea figurent Narrator (voice), interprété par Daphne Rubin-Vega, Amy (voice), interprété par Martha Plimpton et Carl (voice), interprété par Gbenga Akinnagbe. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.








