Zéro de conduite, connu en espagnol comme Cero en conducta, est un court-métrage français réalisé par Jean Vigo en 1933. L'œuvre dépeint la vie dans un internat répressif où de jeunes élèves fomentent une révolte contre leurs professeurs autoritaires. Sorti dans un contexte de tensions politiques, le film capture des actes de rébellion surréalistes inspirés des souvenirs d'enfance du cinéaste.
Synopsis
À la rentrée scolaire dans un collège de province, les élèves affrontent un régime strict imposé par un personnel pédagogique rigide. Le dortoir résonne de chahuts nocturnes, tandis que les punitions et les récréations structurées marquent le quotidien. Quatre garçons, menés par des figures espiègles, préparent une insurrection qui culmine lors d'une cérémonie officielle (Source : Unifrance, 2022).<>
Le titre renvoie à la note disciplinaire minimale qui prive les élèves de sortie dominicale. Inspiré des expériences personnelles de Vigo dans un internat, le récit met en scène un système bureaucratique étouffant. Les actes de défiance prennent une tournure onirique, évoquant l'influence d'Ubu Roi d'Alfred Jarry (Source : Wikipedia, Zéro de conduite).<>
La narration alterne entre réalisme cru et séquences poétiques, comme des vols en apesanteur symbolisant la liberté enfantine. Sans révéler les détails de la révolte, le film pose un regard sur l'enfance libertaire face à l'autorité. Sa durée de 44 à 49 minutes en fait un mediometraje concis et percutant (Source : IMDb, tt0024803).<>
Production et réalisation
Jean Vigo, né en 1902 et mort prématurément en 1934, signe avec ce film son deuxième long métrage après Taris, roi de l'eau. Coproduit par Franfilmdis et distribué par Gaumont, le tournage s'effectue en 35 mm noir et blanc, au format 1.37:1 sonore mono. Boris Kaufman assure la photographie, capturant l'atmosphère confinée de l'internat (Source : Unifrance, 2022).<>
Maurice Jaubert compose la musique, renforçant les tons oniriques et rebelles. Vigo assume également le scénario, le montage et la production, assisté par Henri Storck pour l'art direction. Le budget modeste reflète l'indépendance du projet, tourné en partie dans un vrai pensionnat (Source : Wikipedia, Zéro de conduite).<>
Prévu pour 1932, le film sort le 7 avril 1933 mais essuie une interdiction en France jusqu'au 30 novembre 1945, suite à son visa n°1808. Cette censure vise son ton présumé antipatriotique dans l'entre-deux-guerres. Par ailleurs, Vigo puise dans ses années au collège Le Château du Croix de Bernon pour ancrer le récit dans l'autobiographie (Source : Filmaffinity).<>
Le contexte historique, marqué par l'ascension des régimes autoritaires, imprègne l'œuvre d'une critique implicite de l'éducation rigide. Vigo, fils d'un anarchiste, infuse une vision contestataire. Quelques années plus tard, son style influence le réalisme poétique français (Source : IMDb).<>
Distribution artistique
Jean Dasté incarne le surveillant Huguet, figure bienveillante au milieu des autorités sévères. Louis Lefebvre prête ses traits à Huguet le jeune, tandis que Robert le Flon joue Becasse. Louis de Gonzague-Frick est le directeur, un nain à la voix stridente rappelant Ubu (Source : IMDb, tt0024803).<>
Parmi les élèves, Gérard de Bédarieux et Louis Lefebvre dominent les rôles rebelles. Raphaël Diligent apparaît comme pompier, Henri Storck comme prêtre. Le casting, composé majoritairement d'amateurs, confère une authenticité brute aux portraits infantiles (Source : Sensacine).<>
- Jean Dasté : Superviseur Huguet
- Louis Lefebvre : Élève
- Robert le Flon : Becasse
- Gérard de Bédarieux : Élève leader
- Albert Riéra : Veilleur de nuit
Cette distribution minimaliste soutient la focalisation sur l'ensemble plutôt que sur des stars. En parallèle, les professeurs sont caricaturés : un pederaste bedonnant, un lunatique obéissant. L'approche collective renforce le thème de la révolte groupée (Source : Enfilme).<>
Réception et censure
À sa sortie, le film divise : succès mitigé auprès du public mais admiration critique pour son audace. Interdit jusqu'en 1945 pour message subversif, il est perçu comme une menace à l'ordre établi. Les Cahiers du Cinéma soulignent plus tard son rôle pionnier dans la critique sociale (Source : Wikipedia).<>
IMDb lui attribue 7.2/10 sur près de 10 000 votes, louant sa vitalité anarchique. Les utilisateurs notent son absence de drame conventionnel au profit d'une liberté formelle. Un commentateur évoque son influence sur les futures rebellions cinématographiques (Source : IMDb reviews).<>
En France, le visa tardif coïncide avec la Libération, permettant une redécouverte. Par ailleurs, des festivals le projettent comme œuvre restaurée. Son statut de film maudit perdure, avec des débats sur son antipatriotisme présumé (Source : Filmaffinity).<>
L'accueil critique met l'accent sur sa brièveté percutante et ses images poétiques. Des revues comme L'Avant-Scène du Cinéma en publient le script intégral en 1962. Cette résilience assure sa place dans l'histoire du cinéma contestataire.
Influence et héritage
François Truffaut homage explicitement dans Les Quatre Cents Coups (1959), recréant la marche des élèves dans Paris. Lindsay Anderson s'en inspire pour If.... (1968), une révolte scolaire plus structurée. Ces échos prolongent l'impact de Vigo (Source : Wikipedia).<>
Le film pave la voie au cinéma libertaire, influençant la Nouvelle Vague par sa forme non narrative. Des analyses, comme celle de P.E. Salles Gomes, en font un pilier du Vigo anarchiste. En 2011, Michael Temple en publie une étude exhaustive (Source : Bibliographie Wikipedia).<>
- Hommage dans Les 400 Coups de Truffaut (1959)
- Inspiration pour If.... de Lindsay Anderson (1968)
- Références dans Senses of Cinema et L'Avant-Scène
Cette même année 1933 marque un tournant pour Vigo, avant L'Atalante. Son décès à 29 ans fige son œuvre en quatre films majeurs. Aujourd'hui, Cero en conducta reste un manifeste intemporel sur l'enfance rebelle, projeté dans des bases comme Unifrance et IMDb (Source : Unifrance).<>
Des restaurations récentes préservent son legs, avec sous-titres en espagnol pour un public hispanophone. Le contexte culturel des années 1930, entre Front populaire et montée des fascismes, éclaire sa charge critique. Ainsi, il transcende le mediometraje pour interroger l'autorité éducative.
Saisons
(1)Critique sur Cero en conducta
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Cero en conducta figurent Carmela Garren de la Colina, interprété par Lorena Alvarez, Jorge del Mazo Geis, interprété par Jorge Ortiz de Pinedo et Carlos Patiño, interprété par Carlos Espejel. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.















