Le film, réalisé par George Marshall, constitue la quatrième adaptation au cinéma de la pièce The Ghost Breaker de Paul Dickey et Charles W. Goddard, créée en 1909. Il s'inspire directement de The Ghost Breakers (1940), également mis en scène par Marshall avec Bob Hope et Paulette Goddard pour Paramount Pictures. Tourné du 2 juin au 17 juillet 1952 aux Paramount Studios à Hollywood, il marque la neuvième collaboration de Dean Martin et Jerry Lewis, duo en pleine ascension hollywoodienne.
)Produit par Hal B. Wallis et Joseph H. Hazen via Wallis-Hazen, le long métrage bénéficie d'une photographie signée Ernest Laszlo et d'une musique de Leith Stevens et Van Cleave. Sorti le 27 avril 1953 aux États-Unis, il arrive en France le 8 décembre 1954. Carmen Miranda y effectue l'une de ses dernières apparitions, deux ans avant sa mort.
Ce projet s'inscrit dans la vague des comédies horrifiques des années 1950, où les studios exploitent des décors réutilisés pour minimiser les coûts. Paramount opte pour un son stéréophonique à trois pistes, une innovation alors rare qui accentue les gags sonores, bien que ces pistes soient aujourd'hui perdues. Le film est ressorti en double programme en 1958 avec Jumping Jacks, autre succès du duo.
)Intrigue et personnages
Larry Todd, chanteur de charme incarné par Dean Martin, et Myron Mertz, son comparse étourdi joué par Jerry Lewis, officient dans un cabaret new-yorkais. Larry ignore qu'il flirte avec la compagne d'un gangster, Shorty, incarné par Leonard Strong ; un meurtre survenu sous leurs yeux les force à fuir vers La Havane avec Mary Carroll (Lizabeth Scott), récente héritière d'un château isolé sur une île cubaine réputée hantée.
À bord d'un navire, le trio affronte des menaces anonymes et des superstitions locales. Sur l'île, ils pénètrent le manoir où surgit le fantôme d'un ancêtre de Mary, puis un zombie joué par Jack Lambert. Les péripéties alternent entre quiproquos comiques et séquences d'épouvante burlesque, menant à la découverte d'un trésor caché.
)Des personnages secondaires enrichissent le tableau : Rosie (Dorothy Malone), collègue de cabaret ; Carmelita Castinha (Carmen Miranda), chanteuse exotique ; ou M. Cortega (George Dolenz), hôte suspect. LElizabeth Scott prête son allure film noir à Mary, contrastant avec l'énergie du duo principal.
Distribution
Dean Martin interprète Larry Todd, le séducteur nonchalant doublé en français par Michel Gudin. Jerry Lewis incarne Myron Mertz, le maladroit doublé par Jacques Dynam, multipliant les grimaces et gags physiques.
- Lizabeth Scott : Mary Carroll
- Carmen Miranda : Carmelita Castinha
- George Dolenz : M. Cortega
- Dorothy Malone : Rosie
- William Ching : Tony Warren
- Jack Lambert : le zombie
- Leonard Strong : Shorty
La direction artistique de Franz Bachelin et Hal Pereira, les costumes d'Edith Head, ainsi que les effets visuels de Gordon Jennings renforcent l'atmosphère. Le montage de Warren Low assure un rythme effréné, typique des productions Paramount de l'époque.
Accueil critique et postérité
Les critiques saluent le rythme soutenu et les numéros du duo Martin-Lewis, bien que certains regrettent le scénario convenu. Variety note un mélange réussi de comédie musicale, polar et fantastique, avec des gags amplifiés par le stéréo. En France, les Cahiers du Cinéma apprécient les contrastes entre le calme de Martin et la frénésie de Lewis, sans excès de superlatifs.
Le film n'obtient pas de distinctions majeures mais contribue à la popularité du tandem, qui enchaîne les succès chez Paramount jusque dans les années 1950. SensCritique évoque un final délirant dans les bayous, ponctué de vrais et faux fantômes. Sa postérité réside dans l'exploitation des tropes horrifiques parodiques, préfigurant des hybrides comme Abott and Costello Meet Frankenstein.
Disponible sur divers supports, il reste une référence des comédies Martin-Lewis, rediffusée en double programme. IMDb lui attribue une note modeste, reflétant un divertissement familial sans prétention artistique. Par ailleurs, il marque les débuts de Norman Lear au scénario, futur géant de la télévision.
Contexte culturel
Année 1953, Hollywood sort de la Seconde Guerre mondiale et embrasse le Technicolor, mais Fais-moi peur opte pour le noir et blanc en 1,37:1, format standard. Le maccarthysme plane, pourtant le film privilégie l'évasion cubaine, avec ses rythmes latins via Miranda, icône brésilienne en déclin. Martin et Lewis incarnent le renouveau comique post-Abbott et Costello.
)La pièce source, adaptée dès 1914 par Cecil B. DeMille puis en 1922, connaît une longévité grâce à son mélange peur-rire. Ce remake s'aligne sur la formule Paramount : stars bankables, décors recyclés, numéros chantés. En France, sorti post-Festival de Cannes 1953, il côtoie Le Salaire de la peur de Clouzot, contrastant gravité et légèreté.
Les zombies et fantômes préfigurent l'horreur comique des années 1960, influençant des parodies ultérieures. L'accueil public, familial, s'explique par l'absence de violence graphique, adapté à l'ère Hays Code.
La série Fais-moi peur ! compte 7 saisons et 91 épisodes. Le dernier épisode disponible est « L'histoire de l'infirmière de nuit » (saison 7, épisode 13), sorti le 11/06/2000. Retrouvez ci-dessous le détail des saisons et des épisodes.
Saisons
(7)Critique sur Fais-moi peur !
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Fais-moi peur ! figurent Manager, interprété par Michel Perron, Bucky, interprété par Andrew W. Walker et Jacques, interprété par Martin Watier. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.









































