Réalisé par Maryam Touzani, Adam est un long métrage de fiction marocain présenté pour la première fois en 2019 et généralement classé dans le registre du drame social à dimension intimiste (Source : Wikipédia, 2024). La cinéaste signe également le scénario, coécrit avec le réalisateur et producteur Nabil Ayouch, qui accompagne le projet à la production via la société Ali n’ Productions, en association avec Les Films du Nouveau Monde et Artémis Productions, confirmant l’ancrage du film dans une coproduction internationale euro‑maghrébine (Source : Wikipédia, 2024). Le rôle d’Abla est interprété par Lubna Azabal, comédienne belge d’origine marocaine connue notamment pour son travail dans Incendies de Denis Villeneuve, tandis que Nissrine Erradi incarne Samia, jeune femme enceinte en situation d’errance (Source : IMDb, 2020). La distribution est complétée par Douae Belkhaouda dans le rôle de Warda, la fille d’Abla, ainsi que par Aziz Hattab et Hasnaa Tamtaoui, qui interviennent dans des seconds rôles contribuant au tissu social du quartier (Source : IMDb, 2020). Sur le plan formel, l’image est signée par la directrice de la photographie Virginie Surdej, tandis que le montage est assuré par Julie Naas, donnant au film une structure resserrée autour de la durée de 98 minutes et d’un nombre limité de décors, principalement le logement‑boulangerie d’Abla (Source : Wikipédia, 2024).
Genèse du projet et contexte de production
Le projet d’Adam s’enracine dans une expérience personnelle de la réalisatrice, qui a relaté avoir vu ses parents accueillir chez eux une jeune femme enceinte et célibataire, à une époque où la maternité hors mariage était passible de poursuites au Maroc (Source : Wikipédia, 2024). Cette anecdote intime fournit au film sa matrice narrative, autour de la figure d’une femme rejetée et de l’accueil, d’abord contraint puis assumé, par une famille en apparence ordinaire, inscrite dans un cadre urbain populaire (Source : Cinedweller, 2021). Journaliste de formation, Maryam Touzani a d’abord travaillé comme critique et observatrice de la scène cinématographique marocaine avant de passer derrière la caméra, notamment en collaborant au scénario et au jeu d’actrice sur Much Loved et Razzia de Nabil Ayouch, deux films qui abordaient déjà la question des libertés individuelles et de la condition féminine dans le royaume (Source : Passion Cinéma, 2020). Adam marque ainsi son passage à la réalisation de long métrage, dans une continuité thématique avec ces œuvres mais en adoptant un dispositif plus resserré, centré sur un huis clos domestique plutôt que sur une fresque chorale (Source : Screen Daily, 2019). Le format de coproduction avec des partenaires européens permet au film de bénéficier d’une visibilité accrue sur le circuit des festivals internationaux et de faciliter sa distribution en salles au‑delà du territoire marocain (Source : Unifrance, 2020).
Intrigue et thématiques
L’intrigue du film repose sur la rencontre entre deux trajectoires féminines situées à des moments différents de leur vie, mais confrontées à des formes de contrainte sociale comparables, que ce soit le veuvage, la responsabilité parentale solitaire ou le rejet d’une grossesse jugée illégitime (Source : Filmcoopi, 2019). Abla, marquée par la perte de son mari et par la charge d’élever seule sa fille, s’en tient à une attitude de retrait et de stricte conformité aux normes, ce qui la conduit d’abord à refuser l’hébergement de Samia, perçue comme une source de trouble et de stigmate pour le voisinage (Source : FilmScoop, 2026). La présence insistante de Warda, qui se montre rapidement curieuse et empathique envers la jeune femme enceinte, introduit une dynamique de négociation entre devoir moral, peur du scandale et désir discret d’ouverture, et permet l’installation progressive de Samia dans le domicile‑atelier (Source : FilmScoop, 2026). À travers le travail quotidien de la pâte, des gestes de boulangerie et du partage des tâches, le film met en scène la construction d’un lien de confiance, où les deux femmes, chacune à sa manière, apprennent à faire face à la perspective d’une naissance, à la mémoire d’un deuil et à la pression d’un environnement patriarcal (Source : MUBI, 2023). Les thématiques de la maternité, de la sororité et de la clandestinité sociale sont abordées frontalement mais sans didactisme, à travers des scènes intimistes et des échanges souvent marqués par les silences, le non‑dit et la retenue, plutôt que par des confrontations verbales spectaculaires (Source : Screen Daily, 2019).
Esthétique, mise en scène et direction d’acteurs
Sur le plan esthétique, la mise en scène de Maryam Touzani se caractérise par un usage soutenu d’espaces clos, de cadres serrés et de mouvements limités, qui renforcent la sensation d’enfermement des personnages et l’obsession d’Abla pour le contrôle de son environnement domestique et professionnel (Source : Screen Daily, 2019). La photographie de Virginie Surdej privilégie des tonalités chaudes et des lumières naturelles, rythmées par les gestes répétitifs de la préparation de la pâte, les boules de pain alignées et les éclats de farine, autant d’éléments qui installent une dimension sensorielle au cœur de la narration (Source : MUBI, 2023). Le décor de la boulangerie‑maison, situé dans une ruelle de la médina de Casablanca, devient un personnage à part entière, lieu de passage où se croisent voisins, clients et autorités, mais aussi refuge fragile pour Samia, constamment menacée par la possibilité d’une dénonciation (Source : Filmcoopi, 2019). La direction d’acteurs repose sur une grande économie de moyens, avec un jeu souvent intériorisé de Lubna Azabal, dont la rigidité initiale laisse progressivement apparaître des failles, tandis que Nissrine Erradi compose un personnage plus impulsif, traversé par la peur et par le désir de préserver son enfant, malgré l’incertitude de son avenir (Source : Screen Daily, 2019). Le film s’appuie également sur la présence de Douae Belkhaouda, qui incarne Warda comme un vecteur de déplacement des lignes, en articulant curiosité enfantine et conscience précoce des contraintes pesant sur les femmes de son entourage (Source : Passion Cinéma, 2020).
Parcours en festivals, distinctions et diffusion
Adam est présenté en 2019 dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, ce qui lui offre une première exposition internationale importante et le rattache à un espace de découverte de cinéastes émergents ou de propositions formelles singulières (Source : Festival de Cannes, 2019). Le film poursuit ensuite sa carrière sur le circuit des festivals, où il reçoit plusieurs prix et nominations, contribuant à renforcer la visibilité du cinéma marocain contemporain, en particulier des réalisatrices, dans les programmations internationales (Source : IMDb, 2020). Cette même année, le Maroc le sélectionne comme candidat officiel pour l’Oscar du meilleur film international à la 92e cérémonie des Academy Awards, une première pour un film réalisé par une femme dans l’histoire des candidatures marocaines à cette catégorie, même s’il n’atteint pas la liste finale des nommés (Source : Filmcoopi, 2019). En termes de reconnaissance critique, le long métrage obtient une note d’approbation de 87% sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, sur la base de plusieurs dizaines de critiques recensées, et un score d’ensemble favorable sur la base de données IMDb, où il est crédité de 11 récompenses et 20 nominations au total (Source : Wikipédia, 2024). Sa diffusion en salles s’accompagne d’une exploitation dans différents territoires, notamment en Europe, via des distributeurs spécialisés dans le cinéma d’auteur et des circuits d’art et essai, renforçant son statut d’œuvre emblématique des nouvelles écritures maghrébines autour des questions de genre et de société (Source : Unifrance, 2020).
Accueil critique et inscription dans le paysage cinématographique
La réception critique d’Adam met en avant, de manière récurrente, la sobriété de sa mise en scène et la concentration de son dispositif narratif sur un nombre restreint de personnages, considérés comme des vecteurs privilégiés d’observation de la condition féminine dans le contexte marocain contemporain (Source : Screen Daily, 2019). Plusieurs analyses soulignent que le film aborde la question de la maternité hors mariage et de la marginalisation des femmes seules sans recourir à l’illustration frontale de la violence institutionnelle, préférant suivre les conséquences concrètes de cette situation à l’échelle du quotidien, du logement, du travail informel et des relations de voisinage (Source : Cinedweller, 2021). En parallèle, la critique insiste sur la dimension sensuelle et tactile des scènes de boulangerie, utilisées comme métaphore discrète du soin, de la patience et de la transformation, en écho aux trajectoires d’Abla et de Samia, qui évoluent au fil du récit dans leur rapport à elles‑mêmes et aux normes sociales (Source : Passion Cinéma, 2020). Le film s’inscrit ainsi dans un ensemble de productions maghrébines et moyen‑orientales qui explorent, au cours des années 2010, les tensions entre droit, tradition et aspirations individuelles, tout en adoptant une esthétique réaliste, parfois qualifiée de naturaliste, et en accordant une place centrale aux personnages féminins (Source : Unifrance, 2020). Dans ce cadre, Adam est fréquemment évoqué comme un premier long métrage qui consolide la visibilité de Maryam Touzani sur la scène internationale, et qui participe à la diversification des points de vue et des récits issus du cinéma marocain contemporain (Source : Screen Daily, 2019).
Filmographies et distinctions sélectionnées
Les principaux membres de l’équipe artistique d’Adam possèdent des parcours déjà ancrés dans le cinéma marocain et international, ce qui situe le film au croisement de plusieurs trajectoires professionnelles (Source : IMDb, 2020).
- Maryam Touzani : scénariste de Much Loved (2015) et Razzia (2017) de Nabil Ayouch ; réalisatrice de Adam (2019) puis d’autres projets de fiction ancrés dans la société marocaine (Source : Passion Cinéma, 2020).
- Lubna Azabal : rôles dans Incendies (2010) de Denis Villeneuve, Paradise Now (2005) de Hany Abu‑Assad, et plusieurs films européens et arabes, avant d’interpréter Abla dans Adam (Source : IMDb, 2020).
- Nissrine Erradi : participation à des productions marocaines et internationales, dont Razzia (2017), avant d’incarner Samia, personnage central d’Adam (Source : Unifrance, 2020).
- Nabil Ayouch : producteur d’Adam, également réalisateur de Ali Zaoua (2000), Much Loved (2015) et Razzia (2017), souvent associés à une approche sociale du cinéma marocain (Source : Unifrance, 2020).
Du point de vue des distinctions, les sources recensent un total de 11 prix et 20 nominations pour le film, distribués entre festivals internationaux et récompenses nationales, ce qui témoigne d’une reconnaissance régulière sur le circuit spécialisé (Source : IMDb, 2020).
- Participation à la sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019 (Source : Festival de Cannes, 2019).
- Sélection officielle du Maroc pour l’Oscar du meilleur film international à la 92e cérémonie des Academy Awards (Source : Filmcoopi, 2019).
- Plusieurs prix d’interprétation et de mise en scène dans des festivals consacrés au cinéma d’auteur et aux cinémas du monde, contribuant à la réputation du film dans les milieux cinéphiles (Source : IMDb, 2020).
Critique sur Adam
Où regarder en streaming Adam
Adam est disponible à la location sur Google Play Movies, Canal VOD et Orange VOD et à l'achat sur Google Play Movies, Canal VOD et Orange VOD. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Adam figurent Adam, interprété par Nicholas Alexander, Gillian, interprété par Bobbi Salvör Menuez et Ethan, interprété par Leo Sheng. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.

















