Présenté dans la sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes en mai 2026, « Dégel » est sorti dans les salles françaises le 26 août. Le deuxième long métrage de la Chilienne Manuela Martelli suit Inès, neuf ans, dans une station de ski du Chili en 1992 ; sa durée de référence est d’une heure quarante-huit, et non d’une heure quarante indiquée sur certaines fiches. (Source : AlloCiné, 2026 ; Cahiers du cinéma, 2026)
« Dégel », le Chili de 1992 vu par une enfant
Inès vit quelques jours chez ses grands-parents, propriétaires d’un hôtel situé dans une station de ski isolée. Ses parents se trouvent en Espagne pour l’Exposition universelle de Séville, laissant la fillette dans un lieu hivernal où les clients se font rares et où l’ennui occupe les journées. Le Chili vient de sortir de la dictature d’Augusto Pinochet, mais l’ordre politique ancien pèse encore sur les conversations et les silences. (Source : Franceinfo, 2026 ; Le Monde, 2026)
Hanna, une jeune sportive allemande, arrive à l’hôtel avec son entourage. Inès se lie à elle dans les couloirs de l’établissement, sur les pistes enneigées et dans les zones boisées qui entourent la station. Leur relation constitue le cœur du film, avant que la disparition soudaine de Hanna ne transforme les vacances d’Inès en enquête trouée par la peur et par l’incompréhension des adultes. (Source : AlloCiné, 2026)
La disparition de la jeune athlète ne reçoit pas de réponse immédiate. Inès cherche des indices, interroge les attitudes de ceux qui l’entourent et perçoit des tensions que personne ne formule clairement. Le film emprunte au thriller son mystère initial, mais maintient le regard au niveau d’une enfant qui ne possède ni les mots ni les moyens de comprendre les mécanismes historiques qui l’encerclent. (Source : Franceinfo, 2026 ; StudioCiné Live, 2026)
Le titre français désigne un processus lent. La neige recouvre le paysage, les chambres de l’hôtel enferment les non-dits et la disparition de Hanna fait remonter une mémoire collective demeurée enfouie. Dans le Chili post-dictatorial de 1992, le dégel renvoie moins à une délivrance immédiate qu’au retour progressif de faits longtemps retenus hors de la parole publique. (Source : Le Monde, 2026 ; Cahiers du cinéma, 2026)
Manuela Martelli après « Chili 1976 »
Manuela Martelli réalise et écrit « Dégel », dont le titre original est « El deshielo ». L’œuvre constitue son deuxième long métrage après « Chili 1976 », sorti en France en 2023. Les deux films reviennent sur les effets de la dictature chilienne, mais « Dégel » déplace le point de vue vers une enfant née après la période la plus violente du régime. (Source : AlloCiné, 2026 ; Sortir à Paris, 2026)
- Réalisation : Manuela Martelli.
- Scénario : Manuela Martelli.
- Titre original : « El deshielo ».
- Titre international : « The Meltdown ».
- Photographie : Benjamin Echazarreta.
- Musique : Mariá Portugal.
- Production : Alejandro García, Alex C. Lo, Andrés Wood et Javiera Palma.
- Coproduction : Chili, États-Unis, Espagne et Mexique.
- Distribution française : Les Films du Losange.
Benjamin Echazarreta filme la station comme un espace de confinement. Les pistes blanches ouvrent un horizon trompeur, tandis que les chambres, les couloirs et les salles communes organisent la surveillance mutuelle des personnages. Le Monde relève dès les premières séquences une caméra attirée par les recoins obscurs de l’hôtel et par les signes matériels qui troublent le quotidien d’Inès. (Source : Le Monde, 2026)
Mariá Portugal compose la musique du film, intégrée à un travail sonore où comptent le souffle du vent, les craquements des bâtiments et les absences de parole. Cette matière accompagne l’expérience d’Inès sans expliquer à sa place ce qui se joue. Manuela Martelli préserve l’incertitude du regard enfantin, même lorsque les indices renvoient aux violences politiques des années précédentes. (Source : Sortir à Paris, 2026)
Maya O’Rourke et Saskia Rosendahl dans « Dégel »
Maya O’Rourke incarne Inès, fillette solitaire qui passe de l’observation à l’investigation après la disparition de Hanna. Maia Rae Domagala joue Hanna, l’adolescente allemande dont l’arrivée modifie les journées de l’hôtel. Le film repose sur leur rencontre, sur l’écart entre leurs âges et sur une relation dont la brièveté ne retire rien à son importance dans la trajectoire d’Inès. (Source : AlloCiné, 2026)
- Maya O’Rourke : Inès.
- Maia Rae Domagala : Hanna.
- Saskia Rosendahl : Lina.
- Jakub Gierszał : rôle secondaire.
- Paulina Urrutia : rôle secondaire.
- Mauricio Pešutić : rôle secondaire.
- Lautaro Cantillana : rôle secondaire.
- Paula Zúñiga : rôle secondaire.
Saskia Rosendahl interprète Lina, adulte liée au séjour de Hanna dans la station. Son personnage appartient à un monde que l’enfant ne maîtrise pas et dont les logiques restent d’abord opaques. Jakub Gierszał, Paulina Urrutia et Mauricio Pešutić complètent une distribution où les figures adultes portent des fragments d’informations, sans jamais les rendre immédiatement accessibles à Inès. (Source : Avoir Alire, 2026 ; AlloCiné, 2026)
La critique de Franceinfo insiste sur le duo formé par Maya O’Rourke et Maia Rae Domagala. L’une incarne une enfant abandonnée à ses occupations, l’autre une présence étrangère qui ouvre un espace d’amitié et d’évasion. La disparition de Hanna rompt ce mouvement et confronte Inès aux récits contradictoires fournis par les personnes qui devraient la protéger. (Source : Franceinfo, 2026)
« Dégel » à Cannes, dans la section Un Certain Regard
Le Festival de Cannes a sélectionné « Dégel » dans la section Un Certain Regard de son édition 2026. Cette programmation accompagne le retour de Manuela Martelli sur la Croisette après « Chili 1976 », présenté à la Quinzaine des cinéastes. Cahiers du cinéma classe le film parmi les œuvres retenues dans cette compétition parallèle de Cannes, distincte de la course à la Palme d’or. (Source : Cahiers du cinéma, 2026)
La présentation cannoise a fixé les principaux éléments de la réception française : l’enfance, la neige, l’hôtel et la mémoire de la dictature. Le contexte historique demeure présent dans le hors-champ du film, par les conversations des adultes, par les fantômes qui entourent les disparitions et par les difficultés de toute une société à nommer ce qui s’est produit. (Source : Franceinfo, 2026 ; Le Monde, 2026)
Les Films du Losange distribuent « Dégel » en France à partir du 26 août 2026. AlloCiné référence le long métrage sous le genre du drame, tandis que plusieurs fiches évoquent aussi une construction de thriller ou de film policier. Cette pluralité correspond au choix de Martelli : partir d’une disparition et d’indices concrets pour faire affleurer une histoire nationale plus vaste. (Source : AlloCiné, 2026 ; Wikipédia, 2026)
La durée du film appelle une précision. AlloCiné, Les Films du Losange par l’intermédiaire de la presse française, Avoir Alire et StudioCiné Live indiquent une heure quarante-huit. Franceinfo mentionne une heure quarante-trois, tandis que la fiche NR Magazine donnée ici affiche une heure quarante. Les sources majoritaires liées à l’exploitation française retiennent une heure quarante-huit. (Source : AlloCiné, 2026 ; Avoir Alire, 2026)
Critique de « Dégel » : l’absence et les traces de la dictature
Le Monde décrit « Dégel » comme un film où la grande histoire s’insinue dans les occupations d’une fillette. Le journal met en avant l’atmosphère onirique des premières scènes, les couloirs hantés de l’hôtel et l’attention accordée au visage de Maya O’Rourke. Cette approche ne réduit pas le contexte politique à un décor : elle le fait peser sur les gestes quotidiens et les silences familiaux. (Source : Le Monde, 2026)
Franceinfo lit le film comme un suspense doublé d’une réflexion sur les disparitions forcées durant et après la dictature. La critique souligne que Manuela Martelli ne transforme jamais le parcours d’Inès en démonstration historique. Le climat de menace se construit par ce que l’enfant entend à demi, par les changements de comportement des adultes et par l’impossibilité de savoir où se trouve Hanna. (Source : Franceinfo, 2026)
Les vingt-six critiques de presse référencées par AlloCiné témoignent d’une attention marquée à cette sortie de fin d’été. Le dossier de presse critique présente « Dégel » comme la marche conjointe de deux jeunes héroïnes dans un pays qui commence à sortir de l’emprise dictatoriale. Le point de vue d’Inès évite la reconstitution frontale et maintient le mystère au premier plan. (Source : AlloCiné, 2026)
Le film intéressera les spectateurs attirés par les drames historiques filtrés par une expérience individuelle, les récits de disparition et le cinéma chilien contemporain. Sa matière politique repose sur une enquête conduite par une enfant, sans fournir d’explication immédiate à chaque signe. « Dégel » fait de cette retenue un principe de mise en scène, jusqu’à placer le spectateur face aux mêmes lacunes qu’Inès. (Source : Cahiers du cinéma, 2026 ; StudioCiné Live, 2026)
Critique sur Dégel
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Dégel figurent Inés, interprété par Maya O’Rourke, Lina, interprété par Saskia Rosendahl et Hanna, interprété par Maia Domagala. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.
















