« Dara of Jasenovac » est un long métrage serbe réalisé par Predrag Antonijević, sorti en 2020 en Serbie et exploité par la suite à l’international, notamment aux États-Unis en 2021 (Source : IMDb, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2021 ; Wikipedia, 2020). Le scénario est écrit par Nataša Drakulić, qui s’inspire d’archives et de témoignages sur le camp de Jasenovac afin de construire une trame narrative centrée sur une enfant serbe déportée avec sa famille (Source : IMDb, 2021 ; New East Archive, 2021). Le film est produit dans le cadre de l’industrie cinématographique serbe avec le soutien d’institutions publiques, et il est sélectionné comme candidat officiel de la Serbie pour l’Oscar du meilleur film international lors de la 93e cérémonie des Academy Awards, organisée en 2021 (Source : Wikipedia, 2020 ; Forward, 2022). Cette même année, la sortie aux États-Unis s’accompagne d’une promotion mettant en avant le positionnement du film comme première fiction contemporaine entièrement consacrée au camp de Jasenovac et à la Shoah dans les Balkans (Source : New East Archive, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2021). En parallèle, la production fait appel à l’universitaire Michael Berenbaum, spécialiste de l’histoire de la Shoah, comme producteur exécutif chargé de garantir l’ancrage historique du projet, ce que le film revendique dans sa communication (Source : New East Archive, 2021). Dans le paysage cinématographique régional, l’œuvre s’inscrit dans une série de films abordant les violences de masse en ex-Yougoslavie, aux côtés d’autres titres contemporains comme « Quo vadis, Aida? », tout en se concentrant sur la Seconde Guerre mondiale et non sur les conflits des années 1990 (Source : Cultures of History, 2021).
Intrigue et traitement narratif
L’intrigue débute après l’offensive de Kozara, lorsque de nombreux habitants serbes de la région sont arrêtés puis dirigés vers des camps de concentration relevant de l’État indépendant de Croatie, dont Jasenovac (Source : Wikipedia, 2020 ; IMDb, 2021). La famille de Dara Ilić, une fillette d’environ dix ans, est déportée dans un convoi où hommes, femmes et enfants marchent vers des wagons à bestiaux, sous la surveillance de gardes oustachis, tandis que certaines mères tentent de sauver leurs nourrissons en les confiant à des paysans restés à l’écart des colonnes (Source : IMDb, 2025 ; Wikipedia, 2020). À leur arrivée, les prisonniers sont triés, les familles séparées, et Dara se retrouve bientôt seule responsable de son jeune frère, après la mort de sa mère et de son frère aîné, tués par l’un des responsables du camp (Source : IMDb, 2025 ; Wikipedia, 2020). Le récit suit alors la vie quotidienne dans Jasenovac, avec des scènes montrant le travail forcé, la faim, les maladies, ainsi que des « jeux » mortels organisés par les gardiens, comme une partie de chaises musicales où chaque perdant est exécuté à l’arme blanche ou à coups de marteau (Source : Wikipedia, 2020 ; IMDb, 2025). Par ailleurs, le film introduit des personnages de prisonniers juifs et roms, ainsi que quelques figures croates présentées comme compatissantes, tout en conservant Dara comme point de vue principal sur les violences et les tentatives d’évasion ou de survie (Source : New East Archive, 2021 ; Wikipedia, 2020). La narration reste linéaire, sans recours majeur au flash-back ou à la fragmentation temporelle, et conduit progressivement vers la recherche d’une issue pour Dara et son frère, aidés notamment par une détenue juive qui contribue à la préparation de leur fuite (Source : Wikipedia, 2020 ; IMDb, 2025).
Distribution artistique et équipe technique
Le rôle principal de Dara Ilić est interprété par la jeune actrice Biljana Čekić, dont la performance repose sur une présence quasi constante à l’écran, servant de fil conducteur émotionnel et narratif tout au long du film (Source : IMDb, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2021 ; Apple TV, 2021). Autour d’elle, la distribution comprend Vuk Kostić dans le rôle du prêtre franciscain Miroslav Filipović, Marko Janketić en Vjekoslav Luburić et Igor Đorđević en Ante Vrban, figures inspirées de responsables historiques du système concentrationnaire oustachi (Source : Wikipedia, 2020 ; IMDb, 2021). On retrouve également Martina Kitanović, qui incarne Maja Buzdon, ainsi que plusieurs comédiennes et comédiens serbes et régionaux occupant des rôles de détenus, de gardiens ou de civils, ce qui ancre le film dans un casting majoritairement issu de l’aire linguistique locale (Source : IMDb, 2021 ; Apple TV, 2021). Nataša Drakulić signe le scénario, tandis que la mise en scène est assurée par Predrag Antonijević, cinéaste serbe déjà actif dans la production internationale et qui se tourne ici vers un sujet historique national (Source : IMDb, 2021 ; Wikipedia, 2020). La photographie et la reconstitution visuelle du camp reposent sur un travail de décor et de costumes qui cherche à restituer l’environnement matériel des années 1940 en Croatie, même si les détails techniques de chef opérateur ou de chef décorateur sont moins mis en avant dans les sources généralistes (Source : IMDb, 2021). Par ailleurs, la structure de production mentionne la participation de sociétés et d’organismes serbes, avec un soutien institutionnel qui inscrit le film dans une politique de mise en avant de la mémoire des victimes serbes de la Seconde Guerre mondiale (Source : Forward, 2022 ; Cultures of History, 2021).
Contexte historique et représentation de Jasenovac
Le film se déroule dans le camp de Jasenovac, présenté dans les sources historiques comme un complexe de camps de concentration et d’extermination mis en place par le régime oustachi de l’État indépendant de Croatie (NDH) entre 1941 et 1945, où furent internés et tués des Serbes, des Juifs, des Roms et des opposants politiques (Source : Cultures of History, 2021 ; Wikipedia, 2020). Dans le long métrage, Jasenovac est décrit comme le seul camp de ce type durant la Seconde Guerre mondiale à ne pas avoir été créé ni administré par l’Allemagne nazie, ce qui met en lumière la responsabilité directe du régime local dans la mise en œuvre des massacres (Source : Rotten Tomatoes, 2021). Plusieurs scènes évoquent des pratiques attestées par des témoignages, notamment des exécutions au couteau spécial appelé « srbosjek » et l’organisation de jeux barbares pour divertir les gardiens et des officiers étrangers (Source : Wikipedia, 2020 ; New East Archive, 2021). La présence de l’historien Michael Berenbaum comme consultant et producteur exécutif est mise en avant par les auteurs pour souligner la volonté d’ancrer l’œuvre dans une base documentaire, même si certains aspects ont été atténués pour rester supportables pour le public, selon ses déclarations (Source : New East Archive, 2021). Par ailleurs, des analyses universitaires soulignent que le film s’inscrit dans une dynamique plus large de représentations audiovisuelles des traumatismes en ex-Yougoslavie, où la mise en scène de la souffrance est parfois liée à des enjeux mémoriels et politiques contemporains (Source : Cultures of History, 2021). Ce cadre et cette iconographie contribuent à inscrire « Dara of Jasenovac » dans la tradition des films de guerre et de camps, tout en le rattachant spécifiquement à l’histoire des Balkans durant la Seconde Guerre mondiale (Source : Cultures of History, 2021 ; Wikipedia, 2020).
Réception critique, débats et controverses
À sa sortie, « Dara of Jasenovac » suscite une réception critique contrastée, notamment dans la presse anglo-saxonne, où certains commentateurs saluent la mise en lumière d’un épisode moins connu de la Shoah, tandis que d’autres avancent que le film s’inscrit dans une perspective nationaliste serbe (Source : New East Archive, 2021 ; Forward, 2022). Jay Weissberg, dans Variety, décrit l’œuvre comme porteuse d’éléments « ouvertement anti-croates et anti-catholiques » et la juge conçue comme un outil de mobilisation autour de conflits politiques contemporains, en estimant qu’elle manque d’analyse approfondie des mécanismes du nationalisme et de la violence de masse (Source : Wikipedia, 2020 ; Variety, 2021, cité dans New East Archive, 2021). De son côté, la critique du Los Angeles Times, signée Robert Abele, qualifie le film de « nativiste et manipulateur », ce qui conduit le réalisateur Predrag Antonijević à déposer une plainte en justice, estimant que ces propos relèvent d’un déni des crimes oustachis, démarche relayée dans la presse serbe et internationale (Source : New East Archive, 2021). Plusieurs articles, notamment dans The New East Archive et le Forward, mettent en avant les débats autour d’un usage possible de la mémoire de Jasenovac dans le discours politique serbe actuel, en évoquant des accusations de propagande et, en parallèle, des réactions officielles serbes accusant certains critiques de minimiser les crimes commis contre les Serbes (Source : New East Archive, 2021 ; Forward, 2022). Sur les agrégateurs en ligne, le film affiche des notes d’audience relativement élevées sur IMDb, tandis que les critiques professionnelles se montrent plus partagées, certains reprochant à l’œuvre l’ampleur de ses scènes de violence et l’absence de développement des personnages au-delà de leur statut de victimes ou de bourreaux (Source : IMDb, 2021 ; New East Archive, 2021). Ces divergences d’appréciation situent « Dara of Jasenovac » au croisement de la reconstitution historique, du cinéma de guerre et des enjeux mémoriels post-yougoslaves, où la représentation de la souffrance est étroitement liée aux débats sur l’interprétation du passé (Source : Cultures of History, 2021 ; Forward, 2022).
Principales informations et distinctions
Le film s’inscrit dans la filmographie de Predrag Antonijević comme une œuvre centrée sur la Seconde Guerre mondiale et la mémoire du camp de Jasenovac, après une carrière marquée par des projets tournés en Serbie et à l’étranger (Source : IMDb, 2021 ; Wikipedia, 2020). Il est choisi pour représenter la Serbie dans la course à l’Oscar du meilleur film international pour la 93e cérémonie, constituant ainsi un axe majeur de sa visibilité internationale, même s’il ne figure pas parmi les nominations finales de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (Source : Wikipedia, 2020 ; Forward, 2022). Par ailleurs, le film est diffusé en salles et sur des plateformes de vidéo à la demande, notamment sur Apple TV, ce qui contribue à son accessibilité à un public au-delà de la région des Balkans (Source : Apple TV, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2021). Dans les débats académiques et critiques, « Dara of Jasenovac » est régulièrement mis en regard d’autres œuvres traitant des violences de masse en ex-Yougoslavie, comme « Quo vadis, Aida? », mais avec un ancrage temporel distinct, centré sur la Seconde Guerre mondiale plutôt que sur les guerres des années 1990 (Source : Cultures of History, 2021). L’ensemble de ces éléments inscrit le film dans un champ où cinéma, mémoire historique et enjeux politiques se croisent, sans que les sources disponibles ne fassent état d’un palmarès de prix majeurs, mais en soulignant sa place comme objet de débat dans la représentation de la Shoah en Europe du Sud-Est (Source : Cultures of History, 2021 ; Forward, 2022).
- Réalisateur : Predrag Antonijević (Source : IMDb, 2021)
- Scénario : Nataša Drakulić (Source : IMDb, 2021)
- Titre original : « Dara iz Jasenovca » / titre international : « Dara of Jasenovac » (Source : IMDb, 2021 ; Wikipedia, 2020)
- Pays de production : Serbie (Source : IMDb, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2021)
- Année de sortie : 2020 (Serbie), exploitation internationale à partir de 2021 (Source : IMDb, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2021)
- Genre : drame, film de guerre, film historique (Source : IMDb, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2021)
- Rôle principal : Biljana Čekić (Dara Ilić) (Source : IMDb, 2021 ; Apple TV, 2021)
- Représentation officielle de la Serbie aux Oscars 2021 pour le meilleur film international (Source : Wikipedia, 2020)
Critique sur Dara de Jasenovac
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Dara de Jasenovac figurent Dara, interprété par Biljana Čekić, Vjekoslav 'Maks' Luburić, interprété par Marko Janketić et Fra Majstorović, interprété par Vuk Kostić. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.













