Le film Monster (titre original Kaibutsu), réalisé par Hirokazu Kore-eda, suit les tourments d'une mère confrontée aux changements soudains de son fils Minato, élève de cinquième année. Saori Mugino perçoit des signes alarmants : son enfant rentre avec une seule chaussure, coupe ses propres cheveux et disparaît parfois la nuit. Elle accuse alors le professeur Hori d'abus, déclenchant une enquête scolaire et des tensions locales. (Source : Wikipedia, 2023)
La narration adopte une structure en trois actes, chacun centré sur un point de vue distinct – celui de la mère, puis de l'enseignant, enfin des enfants. Cette approche progressive dévoile des couches de vérité, explorant les rumeurs, les pressions institutionnelles et les secrets familiaux. L'histoire culmine lors d'une tempête, où les protagonistes confrontent leurs peurs et leurs liens. (Source : Festival de Cannes, 2023)
Ambienté dans une petite ville japonaise, le film intègre des éléments comme un incendie récent et des ragots sur un typhus, soulignant le poids des préjugés communautaires. Sans révéler les résolutions, il met en lumière les ambiguïtés de la perception humaine. La durée totale s'élève à 127 minutes. (Source : IMDb, 2023)
Réalisation et équipe technique
Hirokazu Kore-eda signe la réalisation, le montage et la coproduction de Monster, son premier long-métrage japonais depuis Les Bonnes Étoiles (2022). Le scénario est l'œuvre de Yûji Sakamoto, marquant une collaboration inédite pour le cinéaste, habitué à écrire ses propres histoires depuis Maboroshi (1995). Kore-eda a loué la capacité de Sakamoto à structurer un récit en perspectives multiples, inspirées mais distinctes de Rashômon. (Source : AlloCiné, 2023)
La musique, composée par Ryuichi Sakamoto, accompagne les moments de tension et d'émotion avec une sobriété poignante ; il s'agit de l'une des dernières partitions du musicien, décédé en mars 2023. La direction artistique est assurée par Keiko Mitsumatsu, les costumes par Kazuko Kurosawa. Le montage de Kore-eda accentue les ruptures narratives fluides entre les chapitres. (Source : IMDb, 2023)
Les prises de vue, menées à Nagano au Japon, capturent l'atmosphère confinée d'une école et d'un quartier résidentiel. Kore-eda a dirigé les deux jeunes acteurs principaux après de multiples auditions, soulignant leur alchimie naturelle malgré des personnalités opposées. Cette production réunit des sociétés comme AOI Promotion, Bun-Buku et Fuji Television Network. (Source : Wikipedia, 2023)
Distribution
Sakura Andô incarne Saori Mugino, la mère protectrice, rôle pour lequel elle avait déjà collaboré avec Kore-eda dans Shoplifters (Palme d'or 2018). Eita Nagayama prête ses traits au professeur Hori, confronté aux accusations. Yûko Tanaka interprète la directrice d'école Makiko Fushimi, figure d'autorité ambivalente. (Source : Festival de Cannes, 2023)
Les enfants Minato Mugino et Yori Hoshikawa sont joués respectivement par Sôya Kurokawa et Hinata Hiiragi, sélectionnés pour leur authenticité. Kurokawa dépeint un garçon tourmenté et imprévisible, tandis que Hiiragi apporte une vulnérabilité discrète à son personnage. Des seconds rôles comme Mitsuki Takahata (la compagne de Hori) complètent l'ensemble. (Source : IMDb, 2023)
- Sakura Andô : Saori Mugino
- Eita Nagayama : Hori
- Sôya Kurokawa : Minato Mugino
- Hinata Hiiragi : Yori Hoshikawa
- Yûko Tanaka : Makiko Fushimi
Production et genèse
Le projet naît d'une idée de Sakamoto, qui propose à Kore-eda un scénario explorant la subjectivité des vérités. Initialement prévu pour une autre réalisation, il est adapté par le duo lors de la pandémie. Le tournage a lieu principalement à Suwa, préfecture de Nagano, intégrant des décors naturels comme un tunnel ferroviaire abandonné. (Source : Le Monde, 2023)
Budget modeste typique du cinéma indépendant japonais, la production bénéficie du soutien de Bandai Namco Filmworks et Kaijuu Creation. Kore-eda insiste sur l'absence de jugement moral, préférant révéler les nuances humaines. Les répétitions avec les enfants visent à capter des réactions spontanées. (Source : Festival de Cannes, 2023)
Parallèlement, le film rend hommage à Sakamoto Ryuichi, dont la santé déclinante n'empêche pas une partition mémorable. Sorti au Japon le 2 juin 2023 après Cannes, il reflète le contexte post-Covid d'introspection sociale. La durée de post-production permet un montage précis des trois actes. (Source : Nippon.com, 2023)
Festival de Cannes et accueil critique
Présenté en compétition officielle à la 76e édition du Festival de Cannes le 17 mai 2023, Monster remporte la Queer Palm et le prix du meilleur scénario pour Yûji Sakamoto. Nominé pour la Palme d'or, il est salué pour sa narration inventive et sa finesse psychologique. La critique française, via Le Monde et Libération, note son "cubisme narratif" et sa peinture nuancée de l'enfance. (Source : Festival de Cannes, 2023)
Au-delà de Cannes, il obtient le Gold Q-Hugo au Chicago International Film Festival et des Chlotrudis Awards pour la réalisation et le montage en 2024. Les Cahiers du Cinéma le classent parmi les meilleurs de l'année pour sa structure en abyme. L'accueil met en avant les performances des enfants et la musique de Sakamoto. (Source : IMDb Awards, 2024)
En France, AlloCiné rapporte une presse unanime (4/5 étoiles moyennes), louant l'absence de manichéisme. Internationalement, il figure dans les listes des top 10 de Sight & Sound et Variety. Cette réception confirme la stature de Kore-eda post-Palme d'or. (Source : AlloCiné, 2023)
Exploitation commerciale
Au Japon, Monster engrange environ 13,9 millions de dollars au box-office, un succès solide pour un drame intimiste. En France, sorti le 27 décembre 2023 sous le titre L'Innocence, il attire 240 628 spectateurs, se classant quatrième meilleur score de Kore-eda localement. La combinaison initiale de 189 salles génère 136 326 entrées la première semaine. (Source : CinéDweller, 2024)
Internationalement, les recettes dépassent 20 millions de dollars, avec des performances notables en Corée du Sud (3,8 millions) et Hong Kong. Aux États-Unis, distribution limitée via Janus Films, il cumule 434 585 dollars. Disponible en VOD et Blu-ray en 2024, il prolonge son audience. (Source : Box Office Mojo, 2024)
Ce parcours reflète l'attrait persistant pour le cinéma japonais d'auteur en Occident, boosté par Cannes. En Europe, Pays-Bas et Royaume-Uni suivent avec des chiffres modestes mais positifs. (Source : The Numbers, 2024)
Contexte dans l'œuvre de Kore-eda
Monster s'inscrit dans la filmographie de Hirokazu Kore-eda, explorateur des liens familiaux et des marginaux depuis Maboroshi (1995). Contrairement à ses chroniques réalistes comme Personne ne le sait (2004) ou Shoplifters, il introduit un thriller psychologique avec twists narratifs. Cette évolution, amorcée par The Truth (2019), marque un retour au Japon après Broker (2022). (Source : Wikipedia, 2023)
Thèmes récurrents – enfance esseulée, pression sociale, ambiguïté morale – se cristallisent ici via la focalisation multiple. Kore-eda, lauréat de la Palme d'or, consolide sa réputation avec 25 longs-métrages. Le film dialogue avec le contexte japonais des années 2020, entre ruralité et normes éducatives rigides. (Source : Le Monde, 2023)
Quelques années plus tard, en 2026, Monster reste une référence dans les rétrospectives, illustrant la maturité stylistique du cinéaste. Son impact culturel persiste dans les débats sur l'empathie et la perception. (Source : Nippon.com, 2023)
Critique sur Monster
Où regarder en streaming Monster
Monster est disponible en streaming par abonnement sur Netflix. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Monster figurent Murni, interprété par Marsha Timothy, Jack, interprété par Alex Abbad et Alana, interprété par Anantya Rezky Kirana. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.








