Utvandrarna s’inscrit dans une tradition d’adaptations de l’œuvre de Vilhelm Moberg, dont la série de romans consacrés aux émigrants suédois a été publiée à partir de 1949 et a acquis un statut central dans le patrimoine littéraire du pays (Source : IMDb, 2021 ; Cineuropa, 2022). Ces textes avaient déjà été portés à l’écran au début des années 1970 par le cinéaste Jan Troell, qui en a tiré deux films devenus des références, avec notamment Max von Sydow et Liv Ullmann dans les rôles principaux (Source : Cineuropa, 2022). La version réalisée par Erik Poppe se présente comme une nouvelle lecture de ce matériau, conçue pour un public contemporain, et met l’accent sur la perspective féminine en choisissant de centrer le récit sur le personnage de Kristina (Source : Cineuropa, 2021 ; Cineuropa, 2022). Le projet est une coproduction impliquant plusieurs pays nordiques, avec une origine principale suédoise, et associe notamment Film i Västerbotten, Nordsvensk Filmunderhållning et Tre Vänner Produktion, ce qui s’inscrit dans un modèle de financement régional et transnational caractéristique du cinéma scandinave récent (Source : IMDb, 2021 ; Cineuropa, 2021). Par ailleurs, la durée de 2 h 28 et l’orientation vers le drame historique suggèrent une volonté de conserver l’ampleur du matériau romanesque, tout en opérant une synthèse narrative compatible avec un format de long métrage unique (Source : IMDb, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2022).
Intrigue et thématiques
L’action de Utvandrarna se déroule principalement dans les années 1840-1850, période marquée en Suède par une grande pauvreté rurale, des échecs de récoltes et une forte émigration vers l’Amérique du Nord, ce que le film traduit à travers la situation de la famille de Kristina et Karl Oskar (Source : IMDb, 2021; Palace Films, 2022). Dès les premières séquences, le récit met en évidence la difficulté à faire vivre une petite exploitation agricole, la vulnérabilité face au climat et la rigidité des normes religieuses, éléments qui contribuent à la décision d’abandonner le pays natal (Source : Palace Films, 2022; Cineuropa, 2021). Le film suit ensuite l’organisation du départ, la traversée de l’Atlantique dans des conditions éprouvantes et l’arrivée au Minnesota, territoire présenté comme porteur d’espoir mais aussi comme un espace inconnu, à conquérir matériellement et symboliquement (Source : Palace Films, 2022; Reinvent, 2021). En parallèle, le scénario insiste sur la dimension familiale et conjugale de cette migration, en montrant les tensions entre la peur de l’inconnu, l’attachement à la terre d’origine et la volonté d’assurer un avenir aux enfants (Source : Cineuropa, 2021; Letterboxd, 2021). À travers ce cadre, le film aborde des thèmes comme l’exil, la foi, le rapport au corps féminin et à la maternité dans un contexte de dureté sociale, tout en replaçant les trajectoires individuelles dans un mouvement plus large d’émigration européenne du XIXe siècle (Source : Cineuropa, 2022; Reinvent, 2021).
Mise en scène et choix artistiques
La réalisation d’Erik Poppe privilégie une approche de drame historique, avec une attention portée aux décors naturels, aux paysages ruraux suédois et aux environnements maritimes, afin de rendre tangible le passage d’un monde à l’autre (Source : Rotten Tomatoes, 2022; Palace Films, 2022). Le film recourt à une photographie qui valorise les contrastes entre la rudesse des scènes agricoles, marquées par la boue, le froid et la pénurie, et les images plus lumineuses associées à la promesse d’une nouvelle vie, en particulier lors de l’arrivée sur le continent américain (Source : Palace Films, 2022; Cineuropa, 2021). Le choix de centrer la narration sur Kristina se traduit aussi par un travail récurrent sur les gros plans et la présence du corps, notamment à travers la manière dont la caméra accompagne les gestes du personnage dans la sphère domestique et dans l’espace du voyage (Source : Cineuropa, 2021; Cineuropa, 2022). Par ailleurs, la bande sonore articule des éléments de musique d’époque et une composition plus contemporaine, dans le but de souligner les moments de rupture et de transition du récit sans infléchir le film vers le mélodrame explicite (Source : Cineuropa, 2021; Reinvent, 2021). Enfin, la durée étendue du film permet le déploiement de scènes collectives – réunions villageoises, rassemblements de migrants, moments de prière – qui situent la trajectoire de la famille dans un ensemble plus vaste de départs et de circulations transatlantiques (Source : IMDb, 2021; Cineuropa, 2021).
Distribution et interprétations
Le rôle de Kristina est interprété par l’actrice Lisa Carlehed, dont la performance constitue un point d’ancrage majeur du film, plusieurs critiques soulignant l’importance de son jeu pour la cohérence émotionnelle du récit (Source : IMDb, 2021; Cineuropa, 2022). À ses côtés, Gustaf Skarsgård incarne Karl Oskar, le mari paysan déterminé à quitter la Suède pour offrir de meilleures perspectives à sa famille, prolongeant un parcours d’acteur déjà associé à des figures historiques ou de fiction marquées par la mobilité et l’aventure, comme dans la série Vikings (Source : IMDb, 2021; Reinvent, 2021). Le film réunit également Sofia Helin et la chanteuse et autrice-compositrice Tove Lo, qui participe ici à une production de fiction historique, confirmant la dimension hybride de la distribution entre interprètes issus du cinéma, de la télévision et de la musique (Source : Cineuropa, 2021; IMDb, 2021). Cette combinaison d’acteurs suédois et scandinaves expérimentés et de figures plus identifiées par le public pour leurs activités dans d’autres domaines contribue à donner au projet une visibilité accrue sur les marchés nordiques et internationaux (Source : Reinvent, 2021; Rotten Tomatoes, 2022). Par ailleurs, la présence de dialogues en suédois, mais aussi en anglais et en norvégien, reflète la dimension multilingue du récit et de la production, tout en s’inscrivant dans une circulation plus large des talents au sein de l’espace audiovisuel nordique (Source : IMDb, 2021; Cineuropa, 2021).
Réception critique, diffusion et distinctions
À sa sortie, Utvandrarna a suscité un accueil critique globalement mesuré, avec une note d’environ 6,6/10 sur IMDb et des évaluations proches de 3,3 sur la plateforme Letterboxd, ce qui témoigne d’une réception partagée mais attentive au travail d’adaptation (Source : IMDb, 2021; Letterboxd, 2021). En Suède, plusieurs articles ont mis en regard le film d’Erik Poppe et les adaptations de Jan Troell, la nouvelle version étant fréquemment lue à travers le prisme de la comparaison avec un classique très installé dans la mémoire cinéphile nationale (Source : Cineuropa, 2022). Sur le plan international, le long métrage a circulé dans différents festivals et a remporté l’Andreas Award au Haugesund Film Festival en 2022, distinction décernée dans le cadre de ce rendez-vous norvégien consacré au cinéma nordique et européen (Source : Reinvent, 2021). La durée du film, son ancrage dans un drame historique ample et sa provenance d’un corpus littéraire reconnu ont favorisé sa diffusion dans des circuits d’art et essai, notamment via des distributeurs spécialisés comme Palace Films sur certains territoires anglophones (Source : Palace Films, 2022; Rotten Tomatoes, 2022). Enfin, la sortie a également alimenté des discussions sur la manière dont le cinéma contemporain revisite les récits de migration du XIXe siècle à la lumière des débats actuels sur les mobilités, les frontières et les identités, même si le film maintient ses enjeux dans le cadre historique précis qui constitue sa trame narrative (Source : Cineuropa, 2022; Reinvent, 2021).
Fiche technique et informations complémentaires
Utvandrarna est crédité à Erik Poppe à la réalisation, tandis que le scénario est signé par Anna Bache-Wiig et Siv Rajendram Eliassen, d’après l’œuvre de Vilhelm Moberg, ce qui inscrit le film dans une collaboration déjà éprouvée entre ces scénaristes et le cinéaste norvégien (Source : IMDb, 2021; Cineuropa, 2021). La durée du long métrage est de 2 h 28, pour un genre classé comme drame et histoire, avec une production principalement suédoise complétée par des apports de la Nouvelle-Zélande, du Danemark et de la Norvège (Source : IMDb, 2021; Rotten Tomatoes, 2022). Le tournage a notamment eu lieu à Buftea, en Roumanie, ce qui correspond à un usage courant de décors d’Europe de l’Est pour des reconstitutions de paysages ruraux historiques européens, en raison de la disponibilité d’infrastructures et de coûts adaptés (Source : IMDb, 2021). La production rassemble plusieurs sociétés dont Film i Västerbotten, Nordsvensk Filmunderhållning et Tre Vänner Produktion, avec SF Studios impliqué dans la production ou la distribution selon les territoires, confirmant le rôle des structures régionales dans le financement du cinéma nordique (Source : IMDb, 2021; Rotten Tomatoes, 2022). Le film est exploité en plusieurs langues – principalement en suédois, mais aussi en anglais et en norvégien – et circule à l’international sous le titre anglais The Emigrants, ce qui facilite son insertion dans les catalogues de festivals et de distributeurs étrangers (Source : IMDb, 2021; Cineuropa, 2021).
Critique sur Utvandrarna
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Utvandrarna figurent Kristina, interprété par Lisa Carlehed, Karl-Oskar, interprété par Gustaf Skarsgård et Ulrika, interprété par Tove Lo. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.


















