« Any Crybabies Around? » est le premier long métrage de fiction pour le cinéma de Takuma Sato, cinéaste auparavant identifié pour ses courts métrages, qui y signe également le scénario (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). Le film est produit au Japon et tourné notamment sur la péninsule d’Oga, dans la préfecture d’Akita, région connue pour le rituel du Namahage, qui constitue l’un des éléments centraux de l’intrigue (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020 ; TekuTeku Japan, 2020). Présenté sous son titre original « Nakuko wa ineega » et sous le titre international « Any Crybabies Around? », le long métrage est intégré à la sélection officielle du 68e Festival international du film de San Sebastian, en 2020, dans la compétition principale (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). Cette même année, il s’inscrit dans un paysage marqué par la forte visibilité internationale du cinéma japonais d’auteur, aux côtés de films de réalisateurs confirmés, ce qui contribue à situer ce premier long métrage dans un contexte de circulation accrue des œuvres asiatiques sur la scène festivalière (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). Par la suite, le film est programmé dans d’autres manifestations spécialisées, comme le festival Nippon Connection, où il est présenté comme un drame contemporain centré sur les effets destructeurs d’un fossé entre paroles et actes au sein de la cellule familiale (Source : PsychoCinematography, 2022).
Intrigue et thématiques
L’intrigue se concentre sur Tasuku, jeune père vivant avec sa femme Kotone et leur bébé dans un village de la péninsule d’Oga, au moment du festival du Namahage, rituel qui voit des hommes costumés parcourir les foyers pour effrayer les enfants et rappeler les règles de conduite (Source : Disney+, 2020 ; TekuTeku Japan, 2020). Lors d’une nuit de fête de fin d’année, Tasuku, fortement alcoolisé malgré les avertissements de Kotone, apparaît nu, seulement masqué, devant la caméra d’une équipe de télévision venue couvrir le festival, transformant ce moment en humiliation publique lorsqu’images et séquences sont diffusées à l’échelle nationale (Source : The Japan Times, 2020 ; Disney+, 2020). Le scandale entraîne son bannissement symbolique : la communauté le considère comme responsable d’avoir déshonoré une tradition, et la pression sociale le pousse à quitter le village pour Tokyo, abandonnant sa famille (Source : The Japan Times, 2020 ; Disney+, 2020). Deux ans plus tard, après une période de précarité et de vie marginale en ville, Tasuku revient dans sa région natale avec la volonté de réparer ce qui peut l’être, mais se heurte à la méfiance persistante des habitants et à la distance émotionnelle de Kotone, désormais engagée dans un projet de remariage (Source : PsychoCinematography, 2022 ; Disney+, 2020). À travers cette trajectoire, le film aborde les thèmes de la honte publique, de la responsabilité parentale, de la transmission et du lien très codifié entre individu et collectivité dans un environnement rural attaché à ses pratiques ancestrales (Source : The Japan Times, 2020 ; PsychoCinematography, 2022).
Personnages et interprétations
Le rôle de Tasuku est interprété par Taiga Nakano, acteur japonais qui incarne un homme en décalage entre son âge adulte et son comportement, présenté comme un « enfant irresponsable » dans l’analyse critique du film (Source : The Japan Times, 2020). Son jeu repose sur une large palette de nuances, entre immaturité initiale, honte durable et tentatives de réhabilitation, ce que plusieurs critiques décrivent comme une performance « brute » et intérieure, centrée sur les regards et les silences (Source : The Japan Times, 2020 ; PsychoCinematography, 2022). Kotone, la femme de Tasuku, est interprétée par Riho Yoshioka, qui compose un personnage marqué par l’épuisement, la colère et la volonté de protection envers sa fille, tout en portant le poids d’un passé conjugal fait de non-dits (Source : Disney+, 2020 ; PsychoCinematography, 2022). Les relations entre Tasuku, Kotone et leur enfant Nagi structurent le cœur émotionnel du récit, la mise en scène insistant sur la difficulté du père à reconnaître sa propre fille lors d’un événement scolaire, conséquence directe de l’éloignement et de la rupture familiale (Source : PsychoCinematography, 2022). Autour d’eux gravitent d’autres figures, notamment des habitants du village et des participants au festival du Namahage, qui incarnent la pression du groupe et l’attachement aux normes communes, matérialisant la dimension collective de la sanction sociale infligée au personnage principal (Source : The Japan Times, 2020 ; San Sebastian International Film Festival, 2020).
Esthétique, mise en scène et ancrage territorial
La photographie du film est signée Yuta Tsukinaga, dont le travail privilégie une lumière naturelle et des compositions sobres, articulant paysages côtiers d’Akita, intérieurs modestes et scènes de fête nocturnes pour restituer l’atmosphère de la péninsule d’Oga (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). La réalisation de Takuma Sato adopte un rythme que plusieurs commentateurs qualifient de « lent » ou de « paisible », alternant plans fixes et mouvements de caméra mesurés, afin d’accompagner au plus près le quotidien du protagoniste et de réduire le recours aux coupes rapides (Source : PsychoCinematography, 2022). La mise en scène du festival du Namahage joue un rôle central dans l’économie visuelle : les silhouettes costumées, les cris traditionnels et les visites de maison en maison servent de cadre dramatique à la scène de bascule, mais reviennent également comme motif symbolique du rapport de Tasuku à la tradition (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020 ; TekuTeku Japan, 2020). La musique de Yuta Orisaka accompagne cette approche en privilégiant des tonalités discrètes, destinées à souligner la dimension introspective du récit plutôt qu’à accentuer les effets dramatiques (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). Par ce dispositif esthétique, le film relie étroitement la trajectoire individuelle de son personnage et l’espace rural dans lequel il évolue, faisant du territoire d’Akita un élément narratif à part entière, au croisement du documentaire et de la fiction (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020 ; The Japan Times, 2020).
Réception critique et circulation internationale
À sa présentation au Festival de San Sebastian, « Any Crybabies Around? » est remarqué pour son approche centrée sur un personnage marginalisé et pour sa manière d’examiner les conséquences d’un geste apparemment anodin devenu scandale national via les médias (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). Dans la presse anglophone, le film est décrit comme un drame qui s’intéresse à la difficulté de « bannir son enfant intérieur », en référence au parcours de Tasuku, adulte en âge mais encore marqué par une forme d’immaturité, et à son apprentissage de la responsabilité (Source : The Japan Times, 2020). Certains articles insistent sur la représentation de la honte publique et de l’ostracisation dans une petite communauté, mettant en avant la performance de Taiga Nakano, jugée particulièrement investie et nuancée (Source : The Japan Times, 2020). Des analyses plus spécialisées, publiées notamment à l’occasion de projections au festival Nippon Connection, soulignent la dimension psychologique du film et sa manière de montrer les effets du décalage entre les paroles de Tasuku et ses actes, ainsi que la densité des non-dits au sein de son couple (Source : PsychoCinematography, 2022). Sa mise à disposition sur certaines plateformes, dont Disney+ dans certains territoires asiatiques, contribue à prolonger sa circulation au-delà du circuit des festivals, offrant à ce premier long métrage une visibilité auprès d’un public plus large de spectateurs intéressés par le cinéma japonais contemporain (Source : Disney+, 2020 ; Rotten Tomatoes, s.d.).
Fiche artistique et technique
« Any Crybabies Around? » est réalisé et écrit par Takuma Sato, qui signe également le montage du film, lui conférant un contrôle accru sur la structure narrative et le rythme général de l’œuvre (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). La direction de la photographie est assurée par Yuta Tsukinaga, tandis que la musique est composée par Yuta Orisaka, contribuant à l’identité sonore et visuelle du film (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020). Le rôle principal de Tasuku est interprété par Taiga Nakano, avec Riho Yoshioka dans le rôle de Kotone, son épouse, leur relation constituant l’axe central du récit (Source : Disney+, 2020). Le long métrage, d’une durée d’environ 1 h 48, est présenté comme un drame initiatique (« coming of age ») qui suit les étapes d’une prise de conscience tardive et les efforts de réparation d’un père en rupture avec sa famille (Source : Disney+, 2020). Diffusé sous le titre original japonais « Nakuko wa ineega » et sous le titre international « Any Crybabies Around? », le film s’inscrit ainsi dans une production contemporaine qui croise observation sociale, ancrage local fort et questionnement sur les formes contemporaines de la honte et de la responsabilité (Source : San Sebastian International Film Festival, 2020 ; The Japan Times, 2020).
Critique sur Any Crybabies Around ?
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Any Crybabies Around ? figurent Tasuku Goto, interprété par Taiga, Kotone Sakuraba, interprété par 吉岡里帆 et Ryosuke Shiba, interprété par Kanichiro Sato. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.













