Présenté en compétition officielle au soixante-dix-neuvième Festival de Cannes en mai 2026, « L’Inconnue » est sorti dans les salles françaises le 26 août, distribué par Pathé Films. Arthur Harari y adapte librement « Le Cas David Zimmerman », bande dessinée publiée en 2024 et cosignée avec son frère Lucas Harari ; le film, coproduit entre la France et l’Italie, dure 139 minutes. (Source : Festival de Cannes, 2026 ; AlloCiné, 2026)
« L’Inconnue » d’Arthur Harari, l’histoire d’un corps perdu
David Zimmerman approche de la quarantaine et exerce la photographie dans l’ombre, sans montrer son travail à personne. Des amis le tirent de son isolement pour une fête où il remarque Eva, une femme blonde dont le visage semble déjà appartenir à sa mémoire. Après une nuit passée avec elle, David ouvre les yeux dans le corps d’Eva, tandis que son propre corps a disparu. (Source : Festival de Cannes, 2026 ; AlloCiné, 2026)
Le changement physique ne relève pas ici d’un ressort comique. David doit apprendre à habiter une identité féminine qui n’est pas la sienne, retrouver les traces d’Eva Helsinger et comprendre ce qui s’est produit pendant la nuit. Son enquête se complique lorsque son corps réapparaît, occupé par une autre conscience, celle de Malia. (Source : Le Monde, 2026)
Paris et sa périphérie dessinent le terrain de cette recherche. Arthur Harari compose une succession d’appartements, de couloirs, de zones pavillonnaires et de lieux de fête où chaque porte ouvre sur une information incertaine. Le déplacement de David transforme le motif fantastique en parcours urbain, avec les proches d’Eva, sa famille et les disparitions qui entourent son existence. (Source : Le Monde, 2026)
La bande dessinée « Le Cas David Zimmerman » fournissait déjà le nom du personnage et le principe de l’échange de corps. Le film s’en éloigne par son ampleur, par son travail sur les visages et par une construction qui fait de la recherche de l’autre une recherche de soi. Arthur Harari et Lucas Harari avaient conçu l’ouvrage comme un territoire de fiction partagé avant son passage au cinéma. (Source : Festival de Cannes, 2026 ; Le Monde, 2026)
Léa Seydoux et Niels Schneider, deux présences dans « L’Inconnue »
Léa Seydoux interprète Eva Helsinger, mais doit aussi porter la conscience de David Zimmerman après l’échange. Niels Schneider joue David avant la métamorphose, puis Malia lorsque le corps masculin revient dans l’intrigue. Ce jeu de correspondances place les acteurs face à une difficulté précise : faire circuler les gestes, les silences et l’identité d’un personnage d’une enveloppe physique à l’autre. (Source : AlloCiné, 2026 ; France Inter, 2026)
- Léa Seydoux : Eva Helsinger / David Zimmerman.
- Niels Schneider : David Zimmerman / Malia.
- Valérie Dréville : Gabi Zimmerman.
- Victoire Du Bois : rôle secondaire au sein de l’entourage de David.
- Lilith Grasmug : rôle secondaire.
- Radu Jude : rôle secondaire.
Valérie Dréville tient le rôle de Gabi Zimmerman, mère de David et figure confrontée à l’irréductible étrangeté de son fils. Sa présence déplace l’intrigue hors du seul couple formé par David et Eva : la cellule familiale devient un lieu où l’identité ne peut plus être reconnue selon les signes habituels. Le film tire de cette situation des scènes de suspicion, de deuil anticipé et de reconnaissance contrariée. (Source : France Inter, 2026 ; Le Monde, 2026)
Léa Seydoux et Niels Schneider ne jouent donc pas un simple duo romantique. Leurs personnages échangent une présence, un rapport à la ville et une mémoire qui ne coïncident jamais complètement. Télérama relève chez les deux interprètes une attention portée à la manière dont un regard, une démarche ou une posture peuvent faire apparaître David dans le corps d’Eva, puis Malia dans celui de David. (Source : Télérama, 2026)
Arthur Harari adapte « Le Cas David Zimmerman »
Arthur Harari réalise son troisième long métrage après « Diamant noir » et « Onoda, 10 000 nuits dans la jungle ». Il écrit « L’Inconnue » avec Vincent Poymiro et Lucas Harari, auquel revient le dessin de la bande dessinée source. Cette écriture à trois reprend l’ossature du livre tout en déployant les pistes policières, les épisodes familiaux et les changements de point de vue propres au format de deux heures dix-neuf. (Source : La Libre, 2026 ; Festival de Cannes, 2026)
- Réalisation : Arthur Harari.
- Scénario : Arthur Harari, Lucas Harari et Vincent Poymiro.
- Adaptation : « Le Cas David Zimmerman », d’Arthur Harari et Lucas Harari.
- Photographie : Tom Harari.
- Montage : Laurent Sénéchal.
- Musique : Andrea Poggio, Enrico Gabrielli et Tommaso Colliva.
- Pays de production : France et Italie.
- Distribution française : Pathé Films.
Tom Harari signe une photographie qui accompagne les variations de lumière entre la fête initiale, les appartements et les paysages de périphérie. Laurent Sénéchal construit un montage fondé sur les décalages temporels, les retours sur certaines scènes et les fragments d’enquête. La musique d’Andrea Poggio, Enrico Gabrielli et Tommaso Colliva prolonge la dimension instable d’un univers où aucun personnage n’est assuré d’habiter son propre corps. (Source : La Libre, 2026)
Le film reprend le principe du body swap, tradition populaire où deux personnages échangent leur corps, pour l’éloigner de la comédie. La transformation de David devient une expérience de dépossession et de clandestinité, dans laquelle l’apparence sociale ne correspond plus à la conscience qui l’anime. Le dispositif touche aux rapports de genre sans proposer une leçon extérieure à la trajectoire du personnage. (Source : Festival de Cannes, 2026 ; Arte, 2026)
« L’Inconnue » à Cannes, puis au Prix Jean Vigo
Le Festival de Cannes a retenu « L’Inconnue » dans la compétition officielle de son édition 2026. Le film y figurait parmi les longs métrages en lice pour la Palme d’or, devant un public qui découvrait pour la première fois le projet d’Arthur Harari. Cette sélection donne au film une place nette dans la circulation internationale du cinéma d’auteur français avant sa sortie nationale d’août. (Source : Festival de Cannes, 2026 ; AlloCiné, 2026)
Le 6 juillet 2026, la Cinémathèque de Paris a attribué le Prix Jean Vigo du long métrage à « L’Inconnue » et à « Voilà, c’est fini » de Gustave Kervern, ex æquo. Le jury de professionnels a donc distingué deux films dans la même catégorie. Le Prix Jean Vigo, remis avant l’exploitation française de « L’Inconnue », accompagne traditionnellement des œuvres dont la liberté de forme marque une étape pour leurs auteurs. (Source : CNC, 2026)
La sélection cannoise et le Prix Jean Vigo ne valent pas palmarès du Festival de Cannes : « L’Inconnue » était en compétition, sans figurer parmi les films récompensés lors de la cérémonie cannoise. Cette précision évite d’assimiler la sélection officielle à un prix. Le long métrage dispose en revanche d’une nomination enregistrée dans la rubrique Cannes 2026 sur AlloCiné. (Source : AlloCiné, 2026)
La sortie du 26 août intervient trois mois après cette première cannoise et près de deux mois après l’annonce du Prix Jean Vigo. Pathé Films propose alors « L’Inconnue » dans les salles françaises avec une durée affichée de deux heures vingt sur certaines plateformes, contre 139 minutes sur la fiche du Festival de Cannes. La différence correspond à un écart d’arrondi d’une minute, non à deux versions distinctes identifiées. (Source : Festival de Cannes, 2026 ; AlloCiné, 2026)
Critique de « L’Inconnue » : enquête, fantaisie et identité
Le Monde décrit « L’Inconnue » comme un thriller construit entre Paris et sa périphérie, traversé par les portes qui s’ouvrent, les appartements visités et les identités incertaines. Le quotidien rapproche la matière du film de traditions littéraires allant de Gogol à Maupassant, tout en soulignant la place contemporaine du body swap issu des mangas et du cinéma populaire. (Source : Le Monde, 2026)
Télérama insiste sur le caractère kafkaïen de l’expérience vécue par David Zimmerman. Le journal repère moins un film à mécanisme qu’une enquête sur l’effacement progressif des repères intimes : le visage, le corps, la famille et le désir cessent de confirmer une identité stable. L’angoisse naît de cette situation concrète, où l’homme métamorphosé ne peut plus prouver qui il est. (Source : Télérama, 2026)
Franceinfo situe l’œuvre entre drame et thriller, avec une composante fantastique assumée. La publication relève le caractère onirique de la mise en scène et la place du roman graphique dans l’élaboration de l’univers. La fiction conserve pourtant un cadre quotidien, fait d’immeubles, de familles et de trajets dans la banlieue parisienne, qui maintient l’étrange au contact du réel. (Source : Franceinfo, 2026)
La note de 6,8 sur 10 mentionnée sur NR Magazine ne correspond pas à une évaluation de presse recoupée par les bases éditoriales consultées. La réception documentée s’appuie surtout sur les textes publiés à Cannes, puis au moment de la sortie française, et sur la distinction du Prix Jean Vigo. « L’Inconnue » se découvre donc comme un film de mystère à l’ampleur volontairement déroutante, plus attentif aux fractures de l’identité qu’aux certitudes d’un thriller traditionnel. (Source : CNC, 2026 ; Le Monde, 2026)
Critique sur L’inconnue
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de L’inconnue figurent Eva Helsinger / David Zimmerman, interprété par Léa Seydoux, David Zimmerman / Malia, interprété par Niels Schneider et Gabi Zimmerman, interprété par Valérie Dréville. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.






















