Contexte historique
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Indes orientales néerlandaises, occupées par le Japon depuis 1942, voient Sukarno et Mohammad Hatta proclamer l'indépendance le 17 août 1945. Les Pays-Bas, via leur gouvernement en exil, prévoient un retour colonial malgré cette déclaration. En Australie, des marins indonésiens, anciens prisonniers politiques de Digoel transférés là-bas pendant la guerre, refusent de servir sur les navires hollandais transportant armes et munitions vers l'Indonésie.
Ce mouvement s'étend aux dockers australiens, indiens et chinois, formant la "Black Armada", une flotte immobilisée dans les ports de Sydney. Par ailleurs, cette solidarité ouvrière internationale intervient alors que les autorités néerlandaises, représentées par Hubertus van Mook et Charles van der Plas, promettent une autonomie limitée sans réelle décolonisation. (Source : Wikipedia, 2024 ; ACMI, 2023)
Quelques années plus tard, ce boycott contribue à la pression diplomatique mondiale sur les Pays-Bas, aboutissant aux accords de Linggadjati en 1947. Le film capture ce moment pivotal de la révolution nationale indonésienne.
Production et tournage
Joris Ivens, documentariste néerlandais connu pour Regen (1929) et La Terre espagnole (1933), arrive en Australie en mars 1945 comme commissaire au cinéma des Indes orientales néerlandaises, nommé le 28 septembre 1944. Chargé de filmer la libération de la colonie japonaise et d'en produire des films éducatifs, il déchante face aux intentions coloniales persistantes. Démissionne le 21 novembre 1945, invoquant la Charte de l'Atlantique pour le droit à l'indépendance indonésienne. (Source : Wikipedia, 2024 ; Senses of Cinema, 2006)
Le tournage commence secrètement le 13 octobre 1945 avec John Heyer à Sydney, une caméra portable Kinamo défectueuse étant empruntée. Manque de pellicule : Eastman Kodak refuse sous pression néerlandaise, forçant l'usage de stocks de guerre et de restes fournis par Harry Watt. Financement par dons de la communauté chinoise de Sydney ; scénario co-écrit avec Catherine Duncan les 24-27 octobre. (Source : Wikipedia, 2024 ; ACMI, 2023)
Image par Marion Michelle, montage par Ivens et Jock Levy. Réalisé clandestinement, le film échappe à la censure initiale du gouvernement australien.
Équipe technique et artistique
Joris Ivens dirige et monte, assisté de figures locales comme Catherine Duncan au scénario, radio ABC de Melbourne aidant à recruter des activistes indonésiens. Peter Finch, acteur montant, prête sa voix off distinctive. Marion Michelle signe l'image, capturant les quais animés de Sydney post-guerre. (Source : ACMI, 2023 ; Wikipedia, 2024)
Production par la Waterside Workers' Federation Film Unit, syndicat des dockers australiens soutenant la cause anticoloniale. Sans crédits publics à la première, pour protéger les impliqués des représailles néerlandaises.
- Réalisateur : Joris Ivens
- Producteur : Waterside Workers' Federation
- Narrateur : Peter Finch
- Image : Marion Michelle
- Scénario : Joris Ivens, Catherine Duncan
- Montage : Joris Ivens, Jock Levy
Première et diffusion
Première le 9 août 1946 au Kings Cross Newsreel Theatre de Sydney, devant un public indonésien conquis, projeté trois fois par jour pendant une semaine. Copie symbolique offerte à Sukarno via un représentant ; deux exemplaires smuggés à Java, doublés en malais pour projections en plein air. Interdiction initiale d'export par l'Australie pour ménager les Pays-Bas, levée après vision du cabinet en novembre 1946. (Source : Wikipedia, 2024)
Présenté au Festival international du film documentaire d'Édimbourg en 1947, acclamé. Sortie US par Brandon Films le même mois. Retiré du Festival de Locarno 1948 sur objection néerlandaise ; en 1962, le ministre Joseph Luns boycotte un festival allemand pour sa programmation. (Source : Wikipedia, 2024 ; YouTube, 2016)
Réception et héritage
Le film attire l'attention grâce à la réputation d'Ivens et au scandale de sa démission, qualifié de "traître" par Alfred Schuurman. En Australie, soutenu par le Premier ministre Ben Chifley et le Parti travailliste, malgré attaques de libéraux et Néerlandais l'accusant de propagande communiste. Symbolise la solidarité ouvrière internationale dans la décolonisation. (Source : Kompasiana, 2022 ; Senses of Cinema, 2006)
Restauré et projeté lors de rétrospectives, comme au Melbourne International Film Festival via Indonesia Calling: Joris Ivens in Australia (2009). En 1985, les Pays-Bas décernent à Ivens un Golden Calf, reconnaissant rétrospectivement son soutien à l'autodétermination indonésienne. Contribue à la mémoire de la révolution indonésienne, occultée sous le Nouvel Ordre de Suharto. (Source : Wikipedia, 2024 ; ACMI, 2023)
Durée de 22 minutes, noir et blanc, il reste un témoignage rare des luttes anticoloniales portuaires de 1945-1946.
Critique sur Indonesia Calling
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Indonesia Calling figurent Self - Narrator (voice), interprété par Peter Finch, Self - Narrator (voice), interprété par Catherine Duncan et Self, interprété par Jim Healey. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.


