Présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2026, « Shana » de Lila Pinell est sorti en salles françaises le 17 juin 2026, distribué par Les Films du Losange. Le film, comédie dramatique de une heure vingt produite par Ecce Films et CG Cinéma, s’inscrit dans le sillage d’un cinéma social contemporain nourri d’énergie générationnelle et de motifs mythologiques discrets. (Source : AlloCiné, Cineuropa, 2026)
« Shana » de Lila Pinell : fiche technique, production et distribution
Le long métrage est écrit et réalisé par Lila Pinell, qui signe ici son premier film de fiction en solo après le co-réalisé « Kiss and Cry » en 2017, déjà produit par Ecce Films. La production de « Shana » réunit Emmanuel Chaumet pour Ecce Films et Charles Gillibert pour CG Cinéma, avec une coproduction France 2 Cinéma et des ventes internationales confiées à Les Films du Losange, qui assurent aussi la distribution salle en France. (Source : Cineuropa, AlloCiné, 2025-2026)
Le tournage s’est déroulé principalement en région parisienne entre juin et juillet 2025, dans des décors de banlieue et de petits appartements où la caméra se cale à hauteur d’angoisse, au plus près du corps de son héroïne. Le film est officiellement classé comme comédie dramatique, en français, d’une durée de quatre-vingts minutes, et bénéficie d’un visa CNC référencé 159649. (Source : Cineuropa, AlloCiné, 2025-2026)
La présence à la Quinzaine des Cinéastes inscrit « Shana » dans une ligne éditoriale où se mêlent gestes de mise en scène singuliers et portraits de personnages en lutte avec un environnement social contraignant. Le film ressort de Cannes 2026 avec le Prix SACD décerné dans cette section, ce qui lui offre un label d’auteur immédiatement relayé dans la communication autour de sa sortie. (Source : AlloCiné, 2026)
- Titre : Shana
- Réalisation / Scénario : Lila Pinell
- Production : Ecce Films (Emmanuel Chaumet), CG Cinéma (Charles Gillibert), en coproduction avec France 2 Cinéma
- Distribution France : Les Films du Losange
- Pays : France
- Genre : Comédie dramatique
- Durée : 1 h 20
- Sortie France : 17 juin 2026
- Section Cannes 2026 : Quinzaine des Cinéastes, Prix SACD (nomination et récompense mentionnée)
(Sources : AlloCiné, Cineuropa, 2025-2026)
Casting et distribution de « Shana » : corps, voix et générations
Le film est porté par Eva Huault dans le rôle-titre, jeune actrice que Lila Pinell filme depuis l’enfance et qui trouve ici un premier grand rôle de cinéma, un personnage quasi continu à l’image. Le dispositif repose sur la présence d’une actrice capable de tenir un registre à la fois comique, nerveux, tragique, selon les critiques anglo-saxonnes qui saluent une performance « tenue dans un relâchement permanent, comme si le personnage se fabriquait en temps réel ». (Source : AlloCiné, Journey Into Cinema, 2026)
Face à elle, Noémie Lvovsky incarne Yolande, la mère, figure de la génération précédente, gardienne d’une orthodoxie familiale et religieuse mise à l’épreuve par la conduite de sa fille. Objectivement, la présence de Lvovsky donne au film une colonne vertébrale d’actrice expérimentée, dont la filmographie irrigue ici chaque scène domestique d’un passé de cinéma français contemporain. (Source : AlloCiné, 2026)
La distribution s’appuie par ailleurs sur Inès Gherib, Anaïs Monah, Inès Anane, Sarah Djourou, Maëva Dahan, Lisa Nyarko, Bettina de Van, Geneviève Krief, Sarah Benabdallah, qui composent l’orbite amicale et familiale de Shana. Sékouba Doucouré interprète Moïses, compagnon toxique et dealer, figure masculine spectrale qui irradie le récit à distance par téléphone et par retour de prison. (Source : Cineuropa, AlloCiné, Instagram, 2025-2026)
- Eva Huault : Shana
- Noémie Lvovsky : Yolande, la mère
- Inès Gherib : Inès, amie de Shana
- Anaïs Monah : Kenza
- Geneviève Krief : la grand-mère, dépositaire de la bague protectrice
- Sékouba Doucouré : Moïses, compagnon toxique et trafiquant
- Inès Anane, Sarah Djourou, Maëva Dahan, Lisa Nyarko, Bettina de Van, Sarah Benabdallah : membres de la bande de copines et entourage
(Sources : AlloCiné, Cineuropa, Instagram, 2025-2026)
« Shana » : synopsis, bande-annonce et motifs narratifs
La bande-annonce, mise en ligne début mai 2026, déploie en moins de deux minutes un montage d’éclats de vie, d’engueulades familiales, de nuits parisiennes et de scènes de groupe dont la vitesse de débit verbal impose un rythme quasi musical. Shana traverse ce flux continu de « galères du quotidien » avec une énergie jugée « débordante » dans le synopsis officiel, soutenue par une bande de copines qui fonctionnent comme un chœur populaire et affectif. (Source : AlloCiné, YouTube, 2026)
La mort de la grand-mère déclenche le récit, en léguant à Shana une bague supposée protéger du mauvais œil, motif de superstition que la mise en scène traite comme un accessoire à la frontière du magique et du psychologique. L’objet concentre les peurs d’une jeune femme pour qui chaque désastre possible semble déjà en route, notamment le retour au monde libre d’un compagnon violent et envahissant, sorti de prison et bien décidé à reprendre la main sur son trafic comme sur sa vie. (Source : AlloCiné, critique vidéo Cannes, 2026)
Shana doit composer avec la pression familiale, les injonctions religieuses, les micro-violences administratives et économiques d’un Paris périphérique, tout en gérant un réseau de petits trafics orchestré par téléphone depuis la cellule carcérale de Moïses. Le film articule plusieurs registres : comédie de bande, chronique sociale, récit d’émancipation, avec des incursions vers une fable quasi-mythologique, structurée autour de la bague et de la figure de la grand-mère protectrice. (Source : AlloCiné, critique vidéo Cannes, 2026)
La bande-annonce insiste sur le contraste entre les scènes domestiques, où les disputes familiales se jouent dans un espace exigu, et les scènes de rue, où le corps de Shana se déploie dans la ville, toujours entre deux obligations contradictoires. La caméra s’accroche à son visage, à ses mains, à une parole qui déborde souvent la situation, comme si le film choisissait de filmer moins des « événements » que la façon dont une jeune femme les traverse physiquement, en flux tendu. (Source : AlloCiné, Journey Into Cinema, 2026)
Critique : « Shana », chaos féminin, judaïté et énergie générationnelle
Sur le plan critique, « Shana » arrive auréolé à sa sortie d’un discours de festival flatteur : plusieurs commentateurs anglo-saxons rapprochent le film d’un « Safdie movie » en version européenne, moins hystérique, plus flottante, mais tout autant travaillée par le chaos urbain et les décisions impulsives. La comparaison avec « La Haine » surgit aussi, non pour l’iconographie de banlieue, mais pour cette circulation constante d’un personnage qui paraît toujours à un pas de faire basculer chaque situation dans l’irréparable. (Source : Journey Into Cinema, 2026)
La critique publiée par Journey Into Cinema décrit Shana comme une jeune femme juive, argumentative, survoltée, qui négocie en permanence entre un Paris policé et un versant plus trouble de la ville, entre pratique religieuse et petits arrangements avec la loi. Cette lecture insiste sur la manière dont Pinell filme les rituels familiaux, notamment un seder de Pessah où le vin rouge se confond presque avec du sang, pendant que l’héroïne se lime les ongles, scène qui installe d’emblée un rapport décalé à la tradition. (Source : Journey Into Cinema, 2026)
Le texte souligne un usage assumé d’une esthétique proche de certains objets de série pour jeunes adultes : palette de tons bleus et violets, lumière douce, filtre « Gen Z », contrastant avec la crudité des dialogues et des situations. Loin d’un réalisme brut, le film travaille plutôt une zone intermédiaire, où le quotidien parisien se teinte par instants d’onirisme discret, notamment dans les moments où la croyance en la bague protectrice affleure sans qu’aucun effet surnaturel ne soit appuyé. (Source : Journey Into Cinema, 2026)
La performance d’Eva Huault concentre le consensus critique : plusieurs textes l’érigent en révélation, AlloCiné la qualifiant d’« incontournable du moment » dans un portrait vidéo, tandis que les spectateurs saluent une intensité comique et dramatique capable de tenir le film « comme un tourbillon d’adrénaline ». Le jeu repose sur une nonchalance apparente, un corps souvent avachi, une diction morcelée, mais traversé de brusques emballements qui réorganisent la scène autour d’elle, ce que la critique anglo-saxonne décrit comme la création d’un personnage en temps réel, geste après geste. (Source : AlloCiné, Journey Into Cinema, 2026)
Du côté de la presse française, les premiers articles recensés par AlloCiné indiquent une réception globalement positive, plusieurs titres parlant d’« un des films les plus libres, drôles et politiques de l’année » dans le flot des sorties du 17 juin. Les notes presse, ramenées au barème de cinq étoiles par le site, se répartissent majoritairement dans le haut de l’échelle, même si certains critiques pointent un scénario parfois flottant, plus attentif aux humeurs et aux ruptures de ton qu’à une progression dramatique classique. (Source : AlloCiné, 2026)
Côté spectateurs, la moyenne s’établit aux alentours de trois virgule cinq à quatre étoiles sur cinq au moment du week-end de sortie, sur une vingtaine de critiques publiées. Les commentaires mettent en avant le réalisme des dialogues, la justesse des dynamiques de groupe, la place centrale accordée aux liens toxiques, aux dépendances affectives et au poids des héritages religieux ou familiaux, avec parfois des réserves sur une conclusion jugée peu résolutive. (Source : AlloCiné, 2026)
Entre film de bande et drame social : ce que construit « Shana »
Sur cette période de sortie, « Shana » se distingue dans l’offre française en assumant un point de vue frontal sur une héroïne féminine chaotique, ni victime exemplaire ni symbole édifiant, mais sujet en perpétuel dérapage maîtrisé. Le film travaille un territoire très concret : petits appartements encombrés, cage d’escaliers, parkings, salons familiaux, espaces semi-publics où la parole explose, tout un maillage de micro-lieux que la mise en scène relie par la trajectoire erratique de Shana. (Sources : AlloCiné, Journey Into Cinema, critique vidéo Cannes, 2026)
Les thématiques repérées par la critique française se regroupent autour d’un faisceau : émancipation féminine, toxicité des relations amoureuses, dépendance sentimentale, séquelles d’une enfance cabossée, poids de la religion et des assignations communautaires. Plusieurs textes soulignent la manière dont le film refuse la grille classique du « film à sujet », préférant un geste de mise en scène qui laisse le chaos affleurer, sans toujours boucler ses arcs dramatiques, ce que certains spectateurs lisent comme une limite et d’autres comme une honnêteté formelle. (Source : AlloCiné, 2026)
La structure, proche du roman picaresque selon une partie de la critique internationale, multiplie les épisodes : rendez-vous familiaux, embrouilles commerciales, cérémonies religieuses, descentes de police, scénettes de rue, autant de séquences qui dessinent le portrait d’une génération soumise à une instabilité permanente. L’écriture assume de suivre l’énergie du personnage plutôt qu’un schéma d’évolution limpide, ce qui provoque un sentiment de circulation plus que de progression, au risque d’un essoufflement pour une partie du public. (Sources : Journey Into Cinema, AlloCiné, 2026)
Dans ce contexte, le Prix SACD à Cannes 2026 apparaît comme un signe de reconnaissance pour la manière dont Lila Pinell parvient à articuler un matériau social avec une liberté de ton, un humour parfois cruel, une attention aux détails de langage et à la musicalité des corps. La présence répétée d’Eva Huault chez la réalisatrice, depuis un documentaire tourné en colonie de vacances jusqu’à ce premier long métrage, signe un compagnonnage artistique rare dans le paysage français récent, qui donne à « Shana » une épaisseur biographique implicite sans jamais basculer dans l’auto-fiction affichée. (Source : AlloCiné, 2026)
Pour un lecteur d’une rédaction culturelle, la curiosité critique se situera sans doute dans ce point d’équilibre : comment le film tient-il la tension entre naturalisme social, comédie de bande, conte symbolique autour d’une bague protectrice, et drame intime lié à un passé familial fragmenté ? La réponse se trouve moins dans une scène-manifeste que dans l’accumulation de micro-décisions de mise en scène, dans la façon dont chaque plan laisse affleurer l’instabilité d’une héroïne qui tente d’inventer ses propres règles dans un monde saturé de normes contradictoires. (Source : AlloCiné, Journey Into Cinema, 2026)
Critique sur Shana
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Shana figurent Shana, interprété par Eva Huault, Yolande, interprété par Noémie Lvovsky et Inès, interprété par Inès Gherib. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.















