“Tuez-la ou elle vous tuera…”
Razorback est réalisé par Russell Mulcahy, cinéaste australien né à Melbourne en 1953, qui s’est d’abord imposé dans les années 1970 et au début des années 1980 comme l’un des réalisateurs de clips musicaux les plus sollicités, notamment pour des artistes comme Duran Duran, Elton John, Rod Stewart, Queen ou AC/DC (Source : KVIFF, 2009 ; ACMI, s.d.). Le film constitue l’un de ses premiers longs métrages de fiction pour le cinéma, après ce parcours dans l’industrie du vidéoclip, et prolonge visiblement son goût pour les compositions visuelles travaillées, les éclairages contrastés et les effets atmosphériques marqués (Source : ACMI, s.d. ; Cinematic Randomness, 2023). Le scénario est écrit par Everett De Roche, scénariste australien associé à plusieurs productions de genre locales, qui adapte ici le roman homonyme de Peter Brennan, publié en 1981, autour d’un sanglier géant meurtrier dans le bush australien (Source : Wikipédia, 2005 ; Wikipedia, 2006). La production est assurée par Hal McElroy, via les sociétés UAA Films, McElroy & McElroy et Western Film Productions, dans un contexte où le cinéma australien cherche à s’imposer à l’international en misant sur des films de genre à forte identité visuelle (Source : Wikipédia, 2005 ; ACMI, s.d.). Le tournage se déroule principalement dans la région de Broken Hill, en Nouvelle-Galles du Sud, un espace déjà familier du cinéma australien de cette période, notamment via Mad Max 2, dont le directeur de la photographie Dean Semler avait signé les images avant d’être engagé sur Razorback (Source : Wikipédia, 2005 ; Australian Cinema, 2007).
Intrigue, personnages et ancrage géographique
Le récit s’ouvre sur l’attaque d’une maison isolée dans le désert australien, au cours de laquelle un vieux chasseur, Jake Cullen, voit son petit-fils emporté par un sanglier gigantesque, événement fondateur qui motive sa quête obstinée de l’animal et sert de point de départ au traumatisme collectif qui plane sur la région (Source : Wikipédia, 2005 ; AlloCiné, 2019). Quelques années plus tard, une journaliste américaine, Beth Winters, se rend sur place pour enquêter sur la maltraitance animale dans un abattoir local, mais disparaît dans des circonstances violentes, ce qui déclenche la venue de son mari, Carl Winters, décidé à comprendre ce qui lui est arrivé (Source : Wikipédia, 2005 ; IMDb, 2023). Sur place, Carl croise différents acteurs de ce microcosme rural, dont les frères Benny et Dicko Baker, associés à des pratiques de chasse et de braconnage agressives, ainsi que Sarah Cameron, chercheuse qui étudie la population porcine et semble être la seule à envisager l’hypothèse d’un animal hors norme (Source : Wikipédia, 2005). L’Outback apparaît comme un espace quasi fermé, structuré par l’abattoir, le bar local et les pistes poussiéreuses, où l’hostilité ne vient pas seulement de la créature mais aussi des habitants, de leurs secrets et de leur rapport aux animaux (Source : AlloCiné, 2019 ; Cinematic Randomness, 2023). La progression narrative suit la lente conversion de Carl, sceptique à son arrivée, en témoin direct de la violence du razorback, dans un environnement où les repères géographiques se brouillent à mesure que le film multiplie visions nocturnes, brouillards et hallucinations liées à la sécheresse (Source : Wikipédia, 2005 ; Wikipedia, 2006).
Esthétique visuelle, mise en scène et effets spéciaux
La mise en scène de Russell Mulcahy s’appuie sur une stylisation marquée de l’espace désertique, avec un recours massif aux contre-jours, aux silhouettes, aux éclairages artificiels colorés et aux cadres géométrisés qui inscrivent Razorback dans une continuité visuelle avec ses travaux de vidéoclips (Source : ACMI, s.d. ; Cinematic Randomness, 2023). Le chef opérateur Dean Semler, déjà remarqué pour son travail sur Mad Max 2, contribue à cette identité plastique en accentuant les contrastes entre les lumières industrielles de l’abattoir, les halos artificiels perçant la nuit et les vastes étendues désertiques balayées par le vent (Source : Wikipédia, 2005 ; Australian Cinema, 2007). Le sanglier géant est matérialisé par une créature mécanique nécessitant la coordination de plusieurs techniciens pour son animation, ce qui s’inscrit dans la tradition des effets pratiques de cette période, souvent comparés aux stratégies adoptées pour le requin de Jaws, dont la créature n’apparaît que par fragments avant le dernier acte (Source : Australian Cinema, 2007 ; MovieFilmReview, 2011). En limitant les apparitions frontales de l’animal, la mise en scène privilégie l’utilisation du hors-champ, des sons et des mouvements de caméra rapides, ce qui renforce la dimension sensorielle des attaques sans les détailler systématiquement (Source : MovieFilmReview, 2011 ; Rotten Tomatoes, s.d.). Par ailleurs, plusieurs analyses critiques et études de la restauration vidéo du film soulignent l’importance de la direction artistique et des décors, notamment la représentation d’installations industrielles délabrées, de l’intérieur de l’abattoir et des maisons isolées, qui participent à une ambiance parfois qualifiée de « psychédélique » ou de cauchemardesque (Source : KVIFF, 2009 ; Cinematic Randomness, 2023).
Distribution, personnages et interprétations
Le rôle de Carl Winters est tenu par l’acteur américain Gregory Harrison, qui incarne un protagoniste extérieur au milieu australien, introduisant un regard d’« étranger » sur les pratiques locales et permettant au film de circuler plus aisément sur les marchés internationaux anglophones (Source : Wikipédia, 2005 ; IMDb, 2023). Arkie Whiteley interprète Sarah Cameron, chercheuse en faune porcine, figure scientifique qui articule l’intrigue vengeresse de Jake Cullen et l’enquête de Carl, en apportant des éléments d’explication sur le comportement agressif des animaux soumis à un stress environnemental et industriel extrême (Source : Wikipédia, 2005). Bill Kerr prête ses traits à Jake Cullen, chasseur marqué par la perte de son petit-fils, dont l’obstination structure la dimension tragique de l’intrigue, tandis que Chris Haywood et David Argue jouent les frères Benny et Dicko Baker, personnages associés à la violence quotidienne de l’Outback et à des activités de chasse plus ou moins légales (Source : Wikipédia, 2005 ; Australian Cinema, 2007). La distribution est complétée par une série de seconds rôles locaux qui participent à la construction d’un univers social restreint : barman, ouvriers de l’abattoir, habitants isolés, tous contribuant à dessiner un paysage humain caractérisé par la rudesse des conditions de vie et par une certaine défiance envers les étrangers (Source : AlloCiné, 2019 ; Cinematic Randomness, 2023). La musique est signée Iva Davies, musicien australien connu notamment comme leader du groupe Icehouse, dont la partition synthétique renforce le caractère atmosphérique de plusieurs séquences nocturnes et accompagne les moments de tension liés à la présence suggérée du sanglier (Source : Wikipédia, 2005 ; ACMI, s.d.).
Sortie, accueil critique et postérité
Razorback sort en salles en Australie en avril 1984, distribué par Greater Union Film Distributors, où il réalise un box-office estimé à environ 801 000 dollars australiens, un résultat jugé modeste au regard des ambitions internationales du projet (Source : Wikipedia, 2006). Le film bénéficie d’une exploitation limitée au Royaume-Uni et aux États-Unis à partir de novembre 1984, via Warner Bros., où ses recettes demeurent restreintes, autour de 150 000 dollars américains sur le territoire nord-américain (Source : Wikipedia, 2006). Malgré cette carrière commerciale discrète, l’œuvre fait l’objet d’une réévaluation progressive, notamment à travers ses sorties vidéo, DVD et Blu-ray, plusieurs critiques soulignant la singularité de sa photographie et son apport à la tradition des films d’attaque animale (Source : MovieFilmReview, 2011 ; Cinematic Randomness, 2023). Sur Rotten Tomatoes, le film affiche un score agrégé de la critique professionnelle situé dans la moyenne, tandis que les analyses contemporaines insistent sur une dimension « culte » liée à son esthétique et à sa place dans le cycle des films d’horreur australiens des années 1980 (Source : Rotten Tomatoes, s.d. ; Australian Cinema, 2007). Dans certains entretiens et articles, il est mentionné que des cinéastes et cinéphiles influents, comme Steven Spielberg ou Quentin Tarantino, ont exprimé leur intérêt pour le film, contribuant à sa visibilité rétrospective dans les circuits de programmation de genre et dans les rétrospectives consacrées au cinéma australien (Source : MovieFilmReview, 2011 ; Australian Cinema, 2007).
Place dans l’« Ozploitation » et contexte culturel
Razorback est fréquemment rattaché au mouvement de l’« Ozploitation », terme qui désigne un ensemble de films australiens de genre, souvent à petit ou moyen budget, produits à partir des années 1970 et 1980, exploitant la spécificité des paysages locaux, les codes de l’horreur, du thriller ou de l’action et des thématiques liées à l’Outback (Source : Wikipédia, 2005 ; Australian Cinema, 2007). Dans ce cadre, le film se distingue par son articulation d’une créature monstrueuse indigène – le sanglier gigantesque – avec des motifs industriels et écologiques, en montrant un territoire rural transformé par l’abattage intensif et par une forme de marginalité sociale (Source : AlloCiné, 2019 ; Cinematic Randomness, 2023). Plusieurs commentateurs ont relevé que le récit pouvait être mis en regard d’affaires médiatisées en Australie, comme l’affaire Azaria Chamberlain au début des années 1980, au cours de laquelle la disparition d’un nourrisson attribuée à un dingo a nourri un débat national sur la responsabilité parentale, la nature sauvage et la justice, même si le film n’en propose pas une adaptation directe (Source : Wikipedia, 2006 ; Australian Cinema, 2007). Par ailleurs, le recours à un protagoniste américain et à une coproduction tournée vers l’exportation illustre la volonté, typique de cette période, de concilier ancrage local et circulation internationale, en s’inscrivant dans un marché global du cinéma de genre dominé par les modèles hollywoodiens (Source : Wikipédia, 2005 ; ACMI, s.d.). Dans les programmations de festivals et de cinémathèques, Razorback apparaît aujourd’hui comme un exemple emblématique d’un cinéma australien qui mobilise des figures du fantastique et de l’horreur pour travailler, de manière indirecte, les représentations de son territoire, de ses marges et de ses mythologies contemporaines (Source : KVIFF, 2009 ; Australian Cinema, 2007).
Critique sur Razorback
Où regarder en streaming Razorback
Razorback est disponible à la location sur Canal VOD et Sooner et à l'achat sur Canal VOD et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Razorback figurent Carl Winters, interprété par Gregory Harrison, Sarah Cameron, interprété par Arkie Whiteley et Jake Cullen, interprété par Bill Kerr. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.















