Luis Bacalov: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Luis Bacalov en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
130
œuvres recensées
123 films · 7 séries
- Première année recensée
- 1954
- Dernière année recensée
- 2014
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1996, Le Facteur place Luis Bacalov à l’Académie des Oscars. La musique du film de Michael Radford lui vaut la statuette de la meilleure musique de film, couronnant un compositeur né en 1933 à San Martín, en Argentine, et mort en 2017 à Rome.
Des débuts italiens aux westerns
Luis Bacalov s’installe en Italie à 26 ans. Il y mène une activité foisonnante autour du cinéma populaire, avec une attention particulière pour le western spaghetti.
Django, de Sergio Corbucci, sorti en 1966, marque un repère durable dans cette période. Bacalov y signe la musique originale et la direction d’orchestre, un double travail qui l’associe à l’un des titres les plus repris de son répertoire. La même année, il compose pour El Chuncho de Damiano Damiani, Une vierge pour le prince de Pasquale Festa Campanile et Sugar Colt de Franco Giraldi.
Par ailleurs, ses musiques accompagnent d’autres films italiens des années 1960 et 1970, de Cent millions ont disparu d’Ettore Scola à Milan calibre 9 de Fernando Di Leo. Cette proximité avec des cinéastes comme Damiano Damiani, Franco Giraldi, Maurizio Lucidi ou Fernando Di Leo donne à son travail une continuité nette dans le cinéma de genre italien.
Le détour par Pasolini et Fellini
En 1964, Pier Paolo Pasolini choisit Bacalov pour L’Évangile selon saint Matthieu. La musique de ce film s’inscrit très tôt dans sa production des années italiennes et l’éloigne du seul cadre des genres populaires.
La Cité des femmes, de Federico Fellini, arrive en 1980. Bacalov y signe la musique originale, dans un film qui prolonge son lien avec un pan plus vaste du cinéma italien d’auteur. Cette présence chez Pasolini puis chez Fellini dessine deux pôles de travail, l’un porté par l’âpreté du regard pasolinien, l’autre par l’imaginaire fellinien.
Sur la même période, il compose pour La Sorcière amoureuse de Damiano Damiani, Question d’honneur de Luigi Zampa et À chacun son dû d’Elio Petri. Le nom de Bacalov revient alors dans des productions très différentes, sans changement de cap spectaculaire, mais avec une présence régulière dans le cinéma italien des décennies 1960 et 1970.
Des partitions pour le cinéma européen
Dans les années 1980, Bacalov écrit pour Coup de foudre de Diane Kurys, sorti en 1983. Cette même année, il compose pour un autre film du titre original Amore, puis, en 1999, pour Les Enfants du siècle.
Amour, piments et bossa nova, sorti en 2000, figure aussi dans cette série de collaborations européennes. Bacalov y est crédité comme compositeur et comme auteur de la musique originale, ce qui inscrit encore son nom dans une pratique précise d’écriture pour l’image plutôt que dans une simple signature de générique.
Quelques mois plus tard, Coup de foudre au Plaza le retrouve à la direction d’orchestre. Le geste compte autant que les titres eux-mêmes: il montre une activité qui ne se limite pas à composer, mais touche aussi à l’interprétation et à la conduite des sessions musicales.
Le retour de Django
En 2012, le thème de Django réapparaît dans Django Unchained de Quentin Tarantino. Bacalov y participe par l’interprétation du thème et par la musique, preuve que cette partition de 1966 garde une circulation propre dans un autre cinéma, plusieurs décennies plus tard.
Ce rappel tardif ne repose pas sur un simple effet d’hommage. Il remet au premier plan une mélodie déjà associée à Sergio Corbucci et à l’univers du western italien, puis reprise dans un film de 2012 sous une forme qui conserve son identité. Bacalov y retrouve une visibilité internationale, cette fois par la réactivation d’un motif ancien plutôt que par une commande nouvelle.
Le même mécanisme apparaît avec d’autres musiques réutilisées au cinéma ou dans le jeu vidéo, comme On m'appelle King et Le Grand Duel, ce dernier repris dans Kill Bill de Quentin Tarantino. Dans ces passages d’une œuvre à l’autre, le compositeur reste lié à des morceaux identifiables, passés d’un film à l’autre sans perdre leur présence propre.
Un nom de l’orchestre au cinéma
Bacalov est aussi crédité comme chef d’orchestre sur Django en 1966 et Coup de foudre au Plaza en 2000. Cette double fonction, composition et direction, donne une idée claire de son rapport concret au travail musical pour l’écran.
Son nom traverse plusieurs décennies de cinéma italien, français et international, depuis les westerns de Sergio Corbucci jusqu’à Le Facteur. Entre ces repères, il signe aussi la musique de Vacanze per un massacro en 1980, de Le Facteur en 1994, puis de Amour, piments et bossa nova et Les Enfants du siècle.
La continuité de ces crédits tient moins à une progression démonstrative qu’à une présence durable dans les circuits de production européens. Bacalov meurt le 15 novembre 2017 à Rome, à 84 ans, après avoir laissé des musiques qui circulent encore d’un film à l’autre.
Filmographie de Luis Bacalov
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