Jiří Šust: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Jiří Šust en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
142
œuvres recensées
142 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1942
- Dernière année recensée
- 1995
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1936, Jiří Šust entame des études de piano au Conservatoire d'État de Moscou, puis de composition avec Grigori Ginzbourg et Sergueï Nikiforovitch Vasilenko. Né à Prague le 28 août 1919, mort dans la même ville le 30 avril 1995, il appartient à cette génération de musiciens tchèques dont la formation passe par plusieurs institutions et plusieurs langages, avant de se fixer dans le cinéma.
Des études à Moscou puis Prague
De 1936 à 1939, Jiří Šust travaille le piano à Moscou, puis rejoint le Conservatoire de Prague pour y poursuivre sa formation auprès de Jaroslav Řídký et Alois Hába. Diplômé en 1942, il se tourne vers les studios de Zlín et compose pour des courts métrages. Cette entrée dans le monde du film ne relève pas d’un détour ponctuel, mais d’un domaine où il va aussi écrire pour la scène, pour la radio visuelle naissante et pour des productions de commande.
Il occupe ensuite des fonctions de dramaturge musical et d’officier musical dans la région de Bohême centrale. Le compositeur ne se limite pas à l’écriture de partitions liées à un tournage. Il signe aussi des œuvres de concert, parmi lesquelles Sinfonia en 1941, Cesta domů en 1946, Suita antiqua en 1948 et Symfonie života a práce en 1949, cette dernière distinguée par le Prix du ministère de l'Information et de l'Éducation.
Le cinéma tchèque des années 1950
Únos, en 1952, s’inscrit parmi ses premiers longs métrages repérables, avant Olověný chléb en 1953. Dans la même décennie, il écrit pour Tanková brigáda en 1955, Synové hor et Zlatý pavouk en 1956, puis Kasaři, Morálka paní Dulské et O věcech nadpřirozených en 1958. Ces partitions traversent des formes diverses, du récit dramatique au film de studio, sans que l’écriture musicale perde sa place centrale dans le dispositif.
En parallèle, Jiří Šust compose pour le théâtre. Dès 1942, il signe la musique de Nejvýnosnější prodej et Osvobozené nohy. Suivent Tři knoflíky et Vánoční sen en 1945, Mrtvý mezi živými en 1946, puis Nevíte o bytě?, Týden v tichém domě et Svědomí en 1947 et 1948. Cette activité de scène court jusqu’aux années 1980, avec Don Juan en 1988 en enregistrement théâtral.
La longue alliance avec Jiří Menzel
En 1965, Jiří Šust travaille avec Jiří Menzel sur la nouvelle Smrt pana Baltazara, tirée de Les Petites Perles au fond de l'eau. L’année suivante paraît Trains étroitement surveillés, puis l’association se prolonge jusqu’en 1994 avec Les Aventures d'Ivan Tchonkine. La liste des collaborations avec Menzel compte douze films au total, ce qui dessine une relation de travail suivie, étalée sur près de 30 ans.
Cette relation passe par des films devenus des repères de sa production, au milieu des années 1960 et dans les décennies suivantes. Perličky na dně en 1965, Ostře sledované vlaky et Sedmikrásky en 1966, Rozmarné léto en 1967, puis Skřivánci na niti en 1969 s’inscrivent dans une série de commandes où sa musique accompagne des cinémas très différents. Jiří Šust n’écrit pas seulement pour les longs métrages de fiction. Il travaille aussi pour des téléfilms comme Amatér en 1967, Bohouš en 1968 et Obavy komisaře Maigreta en 1970.
La même période voit paraître Don Juan 68, Rána pod pás, Houslista, Ve vlaku et Zabitá neděle en 1968 et 1969. Il compose aussi pour la série Záhada hlavolamu en 1969 et pour le documentaire Město pod Hněvínem la même année. Son travail pour Menzel reste le fil le plus visible, mais il s’étend sans rupture à d’autres cinéastes et à d’autres formats.
Téléfilms, séries et documentaires
À partir des années 1970, Jiří Šust alimente régulièrement le petit écran et les formats hybrides. Il signe les musiques de Almara en 1971, de la série Byli jednou dva písaři en 1972, puis de plusieurs téléfilms comme Medvěd pro hosta, Věra - nevěra et Vražda před večeří la même année. En 1973, il compose pour Maturita za školou et Výstřely v Mariánských Lázních, avant Zbraně pro Prahu en 1974.
Les années suivantes le voient revenir à des titres tels que Mys Dobré naděje, Boty plné vody, Na samotě u lesa et Panelstory aneb Jak se rodí sídliště. Il écrit aussi pour des téléfilms comme Namátková kontrola, Recepty doktora Kudrny, Rodič, Vánoce u Matěnů et Silvestr svobodného pána. Dans ce vaste ensemble, le documentaire conserve une place régulière, avec Město pod Hněvínem déjà cité et plusieurs autres travaux, au total une soixantaine de films documentaires dont 6 réalisés par lui.
Cette activité documentaire ne l’éloigne pas des fictions de cinéma. Postřižiny en 1980, Slavnosti sněženek en 1983, Vesničko má středisková et Zelená léta en 1985, puis Konec starých časů en 1989 et Krvavý román en 1993 montrent une continuité de travail jusque dans les dernières années. Il signe encore Hrad z písku en 1994 et Divoké pivo en 1995.
Une écriture musicale prolifique
Jiří Šust compose aussi des œuvres symphoniques, de chambre et vocales. Parmi elles figurent Romantická fantasie pour piano et orchestre en 1950, Za mír en 1951, Tanec vysokých bot en 1952, Smuteční hudba en 1953, Život vítězí nad smrtí en 1960 et Píseň o svobodě lidstva en 1962. Il écrit aussi O slunci a dešti et Holubička en 1962.
Sa musique de film puise dans une grande variété de styles, qu’il adapte selon les projets. Le texte documentaire évoque sa capacité à imiter Beethoven, Smetana, Khatchatourian, Bach ou Vivaldi sur demande, aptitude mise à profit pour Zbraně pro Prahu en 1974, où il devait écrire dans le style de la musique nazie. Cette facette s’ajoute à un travail déjà vaste pour les chansons de court métrage, les productions télévisées et les ensembles de pionniers et de jeunes.
Un film documentaire, Hudba Jiří Šust, lui est consacré en 1994. L’année précédente, Život a neobyčejná dobrodružství vojáka Ivana Čonkina marque la reprise de sa collaboration avec Jiří Menzel au début des années 1990. Šust meurt à Prague le 30 avril 1995, après une activité qui a laissé des partitions dans le cinéma tchèque, le théâtre et la musique de concert.
Filmographie de Jiří Šust
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