Sara Montpetit: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Sara Montpetit en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
16
œuvres recensées
16 films · 0 séries
- Première année recensée
- 2019
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 2021, après une année d’auditions et cinq essais, Sara Montpetit obtient le rôle de Maria Chapdelaine dans l’adaptation de Sébastien Pilote. Le casting avait réuni environ mille deux cents candidates pour ce personnage issu du roman de Louis Hémon, monument scolaire et imaginaire rural du Québec. À dix huit ans, la jeune Montréalaise se retrouve au centre d’un film d’époque tourné dans les paysages du Saguenay–Lac Saint Jean, avec une langue, des gestes et des silences qui réclament une précision rare pour une première apparition au cinéma. Le prix Iris 2022 de la Révélation de l’année vient sanctionner cette entrée publique. (Source : Agence RBL, 2026)
Sara Montpetit, de « Maria Chapdelaine » au cinéma québécois
Le choix de Sébastien Pilote plaçait Sara Montpetit face à un personnage déjà chargé de mémoire collective. « Maria Chapdelaine », publié en 1913, appartient à ces récits dont chaque adaptation réactive une image du Québec : le froid, la terre, la religion, l’attente amoureuse, les liens familiaux. Le film de 2021 refuse pourtant la carte postale. Pilote y travaille l’espace comme une matière hostile, les corps comme des présences soumises aux saisons, et la jeune interprète doit installer Maria sans rechercher les effets psychologiques attendus. (Source : Vogue France, 2024)
Cette Maria ne cherche pas à moderniser le personnage par des signes visibles. Elle tient sa place dans un monde qui décide pour elle, mais laisse apparaître une résistance dans la façon de regarder, de se taire ou de différer une réponse. Sara Montpetit évite le maniérisme historique. Sa diction garde une légère aspérité, utile à un film où le français québécois porte le poids du milieu social et des croyances. Le visage ne devient jamais un panneau explicatif. Il reste traversé par la fatigue, le désir d’ailleurs et la difficulté de nommer ce qui manque. (Source : IMDb, 2024)
Le prix Iris reçu au vingt quatrième gala Québec Cinéma, en 2022, ne constitue pas seulement une distinction de débutante. Il désigne la manière dont une nouvelle génération d’interprètes peut reprendre des figures patrimoniales sans les réduire à des emblèmes. Dans « Maria Chapdelaine », Sara Montpetit ne force ni le tragique ni l’héroïsme. Elle laisse le film construire sa pression autour d’elle. Cette méthode aura une conséquence décisive : les cinéastes qui la dirigent ensuite s’intéresseront moins à une image publique qu’à sa capacité à maintenir une zone de retrait au cœur d’une scène. (Source : Agence RBL, 2026)
Sara Montpetit et Sébastien Pilote : le poids d’un rôle fondateur
« Maria Chapdelaine » avait exigé un vaste processus de sélection. Sara Montpetit a raconté que l’audition s’était étendue sur une année, passant d’un appel très large à trois finalistes. Cette durée compte dans l’empreinte laissée par le film. Elle explique peut être la concentration sans ostentation de son travail : le personnage ne paraît jamais plaqué sur le décor, comme s’il avait été gagné par étapes, au contact du texte puis des lieux. (Source : Vogue France, 2024)
Sébastien Pilote filme un territoire marqué par la rudesse matérielle. Les plans installent les distances, les maisons isolées, la neige, les routes et les travaux agricoles. Sara Montpetit doit y produire une présence qui ne soit ni décorative ni contemporaine au mauvais sens du terme. Ses déplacements ont quelque chose de retenu, sans ralentissement calculé. Sa Maria reste jeune, et cette jeunesse empêche le film de céder à l’illustration académique. Elle fait affleurer l’inconfort d’une femme sommée d’accepter un avenir déjà écrit.
La réception québécoise a associé très vite le film au nom de son interprète. Cette situation pourrait enfermer une actrice dans le registre du drame patrimonial. Sara Montpetit emprunte aussitôt une autre direction. Charlotte Le Bon lui offre Chloé dans « Falcon Lake », film d’été, de désir adolescent et de fantômes. Le passage d’un hiver rural mythifié à la moiteur des Laurentides manifeste un goût pour les univers où la réalité se fissure. (Source : Festival CINEMANIA, 2026)
Sara Montpetit dans « Falcon Lake », l’été sous menace
En 2022, « Falcon Lake » de Charlotte Le Bon est montré à la Quinzaine des cinéastes de Cannes. Sara Montpetit y joue Chloé, adolescente plus âgée que Bastien, garçon de treize ans venu passer les vacances au bord d’un lac avec sa famille. Le film procède par glissements. Les jeux d’enfants deviennent troubles, les corps changent de statut, une histoire de noyade installe une inquiétude persistante. Chloé n’est ni la simple initiatrice du héros ni une présence fantomatique décorative. (Source : Festival de Cannes, 2026)
Charlotte Le Bon organise son premier long métrage autour de l’incertitude. Les souvenirs de vacances s’y mélangent à une pulsation fantastique, sans que le film impose une lecture unique. Sara Montpetit accompagne ce dispositif par une économie de jeu précise. Une phrase lancée avec désinvolture peut devenir une provocation. Un sourire peut renvoyer Bastien à son âge, puis ouvrir une complicité fragile. La comédienne évite le schéma convenu de l’adolescente inaccessible ; Chloé garde sa part d’ennui, de cruauté et de curiosité.
Le tournage a eu lieu dans les Laurentides durant l’été 2021. Charlotte Le Bon et Sara Montpetit se connaissaient avant le plateau par les réseaux sociaux, puis ont échangé films et références. La réalisatrice lui avait conseillé « A Girl Walks Home Alone at Night » d’Ana Lily Amirpour, récit de vampire féminin qui annonce curieusement le film suivant de l’actrice. Cette circulation entre les œuvres éclaire une pratique : Sara Montpetit ne semble pas choisir les projets pour leur seul format, mais pour les marges qu’ils ouvrent dans les genres. (Source : Vogue France, 2024)
Sara Montpetit, Charlotte Le Bon et la matière adolescente
La relation entre Chloé et Bastien se construit dans des espaces sans adultes immédiats : chambres, chemins, pontons, bords de lac. « Falcon Lake » regarde l’adolescence sans l’exalter. La période y apparaît instable, exposée au jugement des autres et aux métamorphoses du corps. Sara Montpetit installe son personnage dans cette instabilité. Chloé sait davantage que Bastien, mais n’en tire pas une position de maîtrise totale. Ses gestes restent parfois brusques, ses intentions volontairement indéchiffrables.
Le film a obtenu le prix Louis Delluc du premier film en 2022. Cette reconnaissance a confirmé Charlotte Le Bon comme réalisatrice après « Judith Hotel », son court métrage présenté à Cannes en 2018. Pour Sara Montpetit, la sélection cannoise a déplacé l’échelle de visibilité du travail effectué au Québec. Elle n’a pas modifié la nature du personnage : Chloé demeure une fille de vacances, liée à un lieu et à un groupe. La circulation internationale du film tient justement à cette attention concrète aux âges et aux territoires. (Source : Festival de Cannes, 2026)
La nomination de Sara Montpetit aux Prix Écrans canadiens dans la catégorie meilleur rôle de soutien féminin, puis au gala Québec Cinéma pour l’interprétation féminine en premier rôle, atteste la réception critique de « Falcon Lake ». Ces nominations disent surtout que son travail résiste aux frontières habituelles du premier plan et de l’arrière plan. Chloé commande beaucoup de scènes, mais le film conserve le point de vue de Bastien. Il fallait donc jouer la présence sans capturer tout le cadre. (Source : Agence RBL, 2026)
Sara Montpetit face au vampirisme de « Vampire humaniste »
En 2023, Ariane Louis Seize confie à Sara Montpetit le rôle de Sasha dans « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant ». Le titre annonce une comédie macabre ; le film choisit plutôt la douceur, l’embarras et la lenteur. Sasha a soixante huit ans, mais l’apparence d’une adolescente. Elle appartient à une famille de vampires et se trouve incapable de tuer pour se nourrir. Son refus ne relève pas d’un trait d’esprit : il organise son rapport au monde et la place en conflit avec les usages de sa propre famille. (Source : Vogue France, 2024)
Le scénario d’Ariane Louis Seize et Christine Doyon fait alors se rencontrer Sasha et Paul, adolescent suicidaire interprété par Félix Antoine Bénard. Le film aborde la mort sans chercher le pathos. La situation extrême se transforme en pacte étrange, où chacun croit pouvoir rendre service à l’autre. Sara Montpetit tient cette ligne fragile par une parole basse, un regard frontal et une temporalité légèrement décalée. Sasha ne joue jamais la monstruosité. Elle semble surtout embarrassée par son besoin de survivre.
La composition repose sur un paradoxe visuel. Le maquillage, les vêtements sombres et l’imaginaire gothique renvoient à une tradition codifiée. Le jeu déplace ces signes vers une adolescente qui cherche un mode d’emploi moral pour vivre. Cette orientation protège « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant » du clin d’œil permanent. Sara Montpetit fait exister l’humour par des décalages de rythme, sans souligner les répliques. Elle accepte la naïveté de Sasha, sans la transformer en objet de moquerie.
Sara Montpetit et Ariane Louis Seize : une comédie noire québécoise
La présentation de « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant » à la Mostra de Venise en 2023 a placé le film dans une circulation plus large du cinéma de genre québécois. Aux Giornate degli Autori, Ariane Louis Seize a reçu le GdA Director’s Award. La Biennale a aussi relevé une mention spéciale attribuée à la réalisatrice et à Christine Doyon dans le cadre du prix consacré aux auteurs de moins de quarante ans. Ces distinctions concernent le film, mais elles élargissent l’espace où le visage de Sara Montpetit est désormais identifié. (Source : La Biennale di Venezia, 2023)
Le long métrage s’inscrit dans une tradition locale qui aime faire cohabiter le fantastique, la comédie et le malaise social. Les vampires y vivent dans des pavillons ordinaires, regardent la télévision et subissent des règles familiales. Le surnaturel ne sert pas à fuir le réel. Il donne une forme déplacée aux difficultés de l’adolescence : se nourrir, se séparer des parents, éprouver le désir, découvrir la tristesse des autres. Sara Montpetit ne cherche pas à rendre Sasha plus adulte qu’elle ne l’est.
En 2024, le Vancouver Film Critics Circle lui a attribué le prix de la meilleure actrice dans un film canadien pour « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant ». La même année, elle a été nommée au gala Québec Cinéma pour la meilleure interprétation féminine dans un premier rôle et aux Prix Écrans canadiens dans la catégorie premier rôle comique. Ces reconnaissances viennent d’institutions différentes, mais convergent sur une évidence : le film n’existe pas sans la précision tranquille de Sasha. (Source : Agence RBL, 2026)
Sara Montpetit, une présence politique hors écran
Entre 2018 et 2019, Sara Montpetit a compté parmi les jeunes visages des mobilisations pour le climat à Montréal. Au lycée, elle a participé au collectif Pour le futur Montréal et pris la parole lors de rassemblements. Cette activité publique précède sa reconnaissance au cinéma. Elle ne saurait être réduite à une stratégie d’image rétrospective : les photographies de l’époque la montrent au milieu des cortèges, mégaphone à la main, dans une ville où la jeunesse faisait de l’urgence climatique une affaire collective. (Source : L’Humanité, 2024)
Cette expérience éclaire sans épuiser les personnages qu’elle choisit. Maria subit une organisation sociale qui la dépasse. Chloé trouble les règles d’un groupe d’adolescents. Sasha refuse de considérer la mort d’autrui comme une simple ressource. Aucun de ces rôles ne livre un discours militant. Leur voisinage dessine pourtant une attention constante aux rapports de domination, aux places assignées et aux gestes de refus. La politique se tient moins dans la déclaration que dans la nature des récits retenus.
Dans un entretien, Sara Montpetit a évoqué l’épuisement provoqué par la forte exposition liée au militantisme et son souhait de préserver des choix de travail cohérents avec ses convictions. Cette parole évite la légende de la militante parfaite. Elle rappelle que les engagements adolescents se déploient souvent sous le regard d’adultes, de médias et d’institutions qui demandent des porte paroles. Le cinéma lui offre un autre espace de parole, moins frontal, fondé sur la fiction et la durée d’un personnage. (Source : Vogue France, 2024)
Sara Montpetit dans « Cérébrum » et les nouveaux formats
En 2024, Sara Montpetit rejoint la série « Cérébrum » diffusée par Radio Canada, où elle interprète Marion. Cette apparition à la télévision élargit sa pratique sans rompre avec les thèmes déjà présents dans ses films : la jeunesse, les failles psychiques, la difficulté d’établir une relation stable avec les autres. Le rythme sériel impose une autre méthode. L’actrice doit faire exister une continuité sur plusieurs épisodes, dans une écriture qui distribue les informations et les conflits sur une durée plus longue. (Source : Agence RBL, 2026)
Une nomination aux prix Gémeaux 2025, dans la catégorie meilleur rôle de soutien féminin pour une série dramatique, a accompagné ce travail. La reconnaissance institutionnelle reste secondaire au regard de ce qu’autorise « Cérébrum » : elle montre Sara Montpetit dans un cadre moins dépendant d’un récit d’initiation ou d’un dispositif fantastique. Le petit écran ne devient pas un simple passage obligé. Il fournit un terrain où la présence doit tenir malgré la fragmentation des scènes et la multiplicité des personnages. (Source : Agence RBL, 2026)
Les courts métrages tournés sur cette période témoignent d’une attention semblable à la variété des échelles de production. « À la fontaine », réalisé par Philippe Berthelet, « Ma poule » de Caroline Ophélie, « Nos cabanes » de Clément Devilliers et Armand Foëx, puis « 2024, une année quelconque » de Virgile Texier, dessinent une filmographie qui ne se limite pas aux longs métrages les plus visibles. Ces formats permettent souvent aux interprètes de rencontrer des écritures plus risquées ou encore en formation. (Source : Agence RBL, 2026)
Sara Montpetit dans « Où vont les âmes ? », après le fantastique
En 2025, Sara Montpetit apparaît dans « Où vont les âmes ? », premier long métrage de Brigitte Poupart. Elle y joue Anna aux côtés de Monia Chokri, Sylvie Testud et Julianne Côté. Le film marque une nouvelle rencontre avec une cinéaste québécoise, après Charlotte Le Bon et Ariane Louis Seize. Cette continuité ne relève pas d’une étiquette générationnelle commode. Elle indique la place prise par des réalisatrices dont les films accordent une attention directe aux corps féminins, à leurs contradictions et à leur capacité d’action. (Source : Agence RBL, 2026)
Le titre de Brigitte Poupart annonce une méditation sur l’absence et les survivances. Après la fresque rurale de Pilote, le trouble estival de Le Bon et la fable vampirique de Louis Seize, Sara Montpetit poursuit sa fréquentation d’œuvres qui refusent les catégories trop étanches. Elle passe d’un monde à l’autre sans transformer ses rôles précédents en cartes de visite. L’actrice conserve un rapport concret aux situations : une écoute, une pause, une manière de ne pas refermer trop vite le sens d’une scène.
La filmographie reste brève, ce qui rend les rapprochements hâtifs inutiles. Trois longs métrages ont suffi pour que son nom devienne associé à une part vive du cinéma québécois récent, attentive aux récits de jeunesse et aux formes de genre. « Maria Chapdelaine », « Falcon Lake » et « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant » composent moins une montée en grade qu’un ensemble de déplacements. Chaque film déplace le regard porté sur elle, sans dissoudre ce qui fait la continuité de son travail : une présence qui laisse au spectateur une part active. (Source : IMDb, 2024)
Sara Montpetit : filmographie et palmarès
Les titres déjà réalisés permettent de suivre les choix de Sara Montpetit sans les réduire à une chronologie automatique. Les longs métrages forment le noyau le plus commenté de son travail, tandis que les courts et la télévision renseignent une disponibilité pour plusieurs régimes de narration. (Source : Agence RBL, 2026)
- 2021 : « Maria Chapdelaine », de Sébastien Pilote, rôle de Maria Chapdelaine
- 2022 : « Falcon Lake », de Charlotte Le Bon, rôle de Chloé
- 2022 : « À la fontaine », court métrage de Philippe Berthelet, rôle d’Alice
- 2023 : « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant », d’Ariane Louis Seize, rôle de Sasha
- 2023 : « Ma poule », court métrage de Caroline Ophélie
- 2023 : « Nos cabanes », court métrage de Clément Devilliers et Armand Foëx, rôle de Chiara
- 2023 : « 2024, une année quelconque », court métrage de Virgile Texier, rôle de Lomane
- 2024 : « Cérébrum », série télévisée, rôle de Marion
- 2025 : « Où vont les âmes ? », de Brigitte Poupart, rôle d’Anna
Le palmarès met en évidence l’accueil reçu par ses premiers rôles de cinéma. Les prix et nominations ne remplacent pas les films, mais ils situent la vitesse à laquelle cette jeune actrice a été repérée par les organisations québécoises et canadiennes. (Source : Agence RBL, 2026)
- 2022 : prix Iris, Révélation de l’année, pour « Maria Chapdelaine »
- 2023 : nomination aux Prix Écrans canadiens, meilleur rôle de soutien, pour « Falcon Lake »
- 2023 : nomination au gala Québec Cinéma, meilleure interprétation féminine, premier rôle, pour « Falcon Lake »
- 2024 : prix de la meilleure actrice dans un film canadien du Vancouver Film Critics Circle, pour « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant »
- 2024 : nomination au gala Québec Cinéma, meilleure interprétation féminine, premier rôle, pour « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant »
- 2024 : nomination aux Prix Écrans canadiens, meilleure interprétation dans un premier rôle comique, pour « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant »
- 2025 : nomination aux prix Gémeaux, meilleur rôle de soutien féminin dans une série dramatique, pour « Cérébrum »
Films et séries avec Sara Montpetit
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