Sion Sono: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Sion Sono en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
91
œuvres recensées
85 films · 6 séries
- Première année recensée
- 1984
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
Le 18 décembre 1961, à Toyokawa, dans la préfecture d’Aichi, naît Sion Sono. Son nom circule d’abord dans la poésie et l’écriture, avant de gagner le cinéma par des courts-métrages tournés à Tokyo, où il étudie à l’université Hōsei.
Poésie, Tokyo et premiers films
À 17 ans, il publie ses premiers poèmes. Puis il rejoint l’université Hōsei, à Tokyo, et commence à y réaliser des films courts. En 1987, Otoko no Hanamichi, qu’il coécrit, réalise et interprète, obtient le 4 e grand prix du festival du film Pia. Cette récompense, assortie d’une bourse, lui permet de tourner son premier long-métrage, Bicycle Sighs, sorti en 1990.
Le geste inaugural ne relève pas d’un simple passage au cinéma. Il met déjà en place une pratique où l’écriture, la mise en scène et la présence à l’image se répondent dans un même mouvement. En 1985, I Am Sion Sono!! le montre déjà en train de déclamer des poèmes de sa composition, signe que le cinéma sert d’abord de caisse de résonance à une parole littéraire.
Tokyo GAGAGA et les années de frottement
Dans les années 1990, Sion Sono prend la tête du mouvement Tokyo GAGAGA, qui organise des happenings dans les rues de Tokyo. Des membres du groupe y défilent en hurlant de la poésie pour dire le malaise de la ville. À la même époque, il tourne Bad Film en 1995 avec cette bande de jeunes, avant que le montage ne soit achevé en 2013, après un abandon lié à des raisons financières.
Cette période installe une méthode faite de projets lancés, interrompus, repris plus tard. Kaze en 1998, Seigi no tatsujin nyotai tsubo saguri en 2000, puis Utsushimi la même année, prolongent un travail qui refuse la ligne droite. Le cinéaste ne sépare pas l’expérimentation formelle d’une manière de regarder la société tokyoïte, les corps, l’errance, la parole.
« Suicide Club », puis la bascule de 2008
En 2001, Suicide Club attire l’attention avec sa scène d’ouverture, où une cinquantaine de lycéennes se suicident dans une gare. Le film fait entrer de plein fouet des motifs qui reviendront chez lui: la famille, la religion, le fanatisme, l’échec du bonheur domestique, la place assignée aux femmes dans la société japonaise. Sion Sono inscrit ces thèmes dans des formes qui vont du gore à la poésie, sans les séparer.
Puis vient Love Exposure en 2008, film de 4 heures qu’il écrit et réalise. Le titre concentre ce qui travaille son cinéma depuis le début: la religion, la sexualité, la folie, les désirs contrariés et les systèmes de domination. Cold Fish, en 2011, prolonge la charge contre la société capitaliste japonaise, tandis que Guilty of Romance et Tag mettent au premier plan la condition des femmes au Japon.
Écrire, tourner, produire
En 2013, il crée Minna! Esper Dayo!, qu’il signe comme creator. Deux ans plus tard, The Virgin Psychics lui revient en director et screenplay, puis RE:BORN en 2016 porte sa signature au scénario. En 2017, il réalise et produit Antiporno. Le même geste d’écriture accompagne souvent la mise en scène, sans qu’il soit nécessaire de les séparer dans son travail.
Par ailleurs, il réalise des mini-séries comme Tokyo Vampire Hotel en 2017 et The Forest of Love en 2019, commandées respectivement par Amazon Prime et Netflix. Ces formats prolongent son attention aux récits sombres, aux corps soumis à des forces extérieures et aux systèmes de croyance qui débordent la vie ordinaire. Ses films et ses séries conservent ce goût des élans poétiques, des ruptures de ton et des formes qui vont contre l’attente.
Poète, romancier, metteur en scène
Avant d’être identifié au cinéma, Sion Sono s’imagine surtout romancier et poète. Il dit avoir été porté par la poésie et les sentiments qu’elle lui donne quand il écrit ses textes. Cette origine reste lisible dans ses films, où les poèmes surgissent comme un matériau à part entière et où la parole garde une place active.
Son premier court-métrage, I Am Sion Sono!!, affiche déjà cette tension entre autoportrait et performance. L’auteur préféré qu’il revendique est Edogawa Ranpo, associé à l’ero guro nansensu, mouvement qui mêle érotisme, macabre et grotesque. Ses œuvres s’inscrivent dans cette lignée, par le goût des matières excessives, des images crues et des personnages pris dans des systèmes de contrainte.
Le nom de Sion Sono reste attaché à un cinéma qui croise l’écriture, la scène et l’image, avec une attention constante aux dérèglements du monde social japonais. Sa pratique a souvent consisté à mener plusieurs projets de front, comme en 2015 où il livre six films, dont Tag, Hiso hiso boshi et Shinjuku Swan. Cette cadence éclatée correspond à une œuvre qui avance par collisions, retours et reprises, plutôt que par simple accumulation de titres.
Films et séries réalisés par Sion Sono
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Sion Sono
6 photos affichées sur 7 disponibles. Ouvrez une photo pour parcourir toute la galerie.
Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.
































































