Ichirō Saitō: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Ichirō Saitō en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
277
œuvres recensées
275 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1939
- Dernière année recensée
- 1972
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1939, Ichirō Saitō signe la musique de Ie naki musume, réalisé par Seiichi Ina. Né à Chiba le 23 août 1909, formé à l’université de musique de Kunitachi, il s’impose comme compositeur de cinéma japonais et travaille pendant plus de 30 ans pour l’écran. Mort le 16 novembre 1979, il laisse plus de 330 musiques de film entre 1938 et 1970.
Les années Kunitachi et l’entrée au cinéma
L’université de musique de Kunitachi fournit à Ichirō Saitō un socle technique solide. Son nom apparaît d’abord dans des partitions de cinéma, avec un travail attesté dès la fin des années 1930.
En 1939, Ie naki musume lance une série d’interventions qui traversent les décennies suivantes. La même année, le compositeur intervient dans un cinéma japonais en pleine modernisation, où la musique accompagne des récits familiaux et sociaux sans se contenter d’un simple décor sonore.
Son activité s’organise alors autour de réalisateurs réguliers, sans exclusive formelle. Le travail avec Seiichi Ina ouvre une période où la partition devient un élément de narration à part entière, dans une industrie qui accorde au compositeur une place décisive.
Ozu, Mizoguchi, Naruse: la grande période des années 1940 et 1950
En 1947, Récit d'un propriétaire de Yasujirō Ozu inscrit Saitō dans le cinéma d’un des grands noms du Japon d’après-guerre. La musique y accompagne un portrait de quotidien et de tension familiale, dans un dispositif où chaque motif compte.
Kenji Mizoguchi lui confie ensuite La Vie d'O'Haru femme galante en 1952, puis Les Contes de la lune vague après la pluie et Les Musiciens de Gion en 1953. Ces collaborations placent Saitō au cœur de films qui demandent une écriture précise, capable d’accompagner les ruptures de ton et les mouvements de récit.
L’année 1952 le voit aussi au générique du Goût du riz au thé vert, toujours comme original music composer. Mikio Naruse devient l’autre nom récurrent de cette période, avec Derniers chrysanthèmes en 1954 puis Au gré du courant en 1956, deux titres qui prolongent une collaboration suivie avec le cinéaste.
Par ailleurs, Une femme indomptable en 1957 et La Mère, Nuages épars, La Danseuse ou Le Héron blanc montrent la fréquence de ses engagements dans des productions de la décennie. Saitō circule entre plusieurs studios, tout en revenant vers les mêmes cinéastes, ce qui dessine une confiance durable autour de son écriture.
Les années 1960, des drames familiaux aux séries de Zatoïchi
En 1960, Filles, épouses et une mère et Courant du soir l’associent encore à Mikio Naruse, tandis que Le Bandit aveugle porte sa signature la même année. La décennie suivante le retrouve sur Comme épouse et comme femme en 1961, puis sur La Place de la femme et Tuer! en 1962.
Cette même année, La Légende de Zatoïchi: Le Secret le place dans une série appelée à durer, avec La Légende de Zatoïchi: Mort ou vif en 1964, Le Pèlerinage en 1966 et La Canne-épée en 1967. La partition s’adapte alors à des récits de sabre, à un rythme plus direct, sans rompre avec son sens de l’accompagnement dramatique.
En parallèle, La Famille matrilinéaire et L'Histoire de la femme en 1963 prolongent sa présence auprès de Mikio Naruse, pendant que Le Combat de Kyōshirō Nemuri en 1964 et Kyōshirō Nemuri: Le Sabreur et les Pirates en 1965 confirment son travail sur le film de genre japonais. Le Banquet, en 1967, ferme cette séquence avec Heinosuke Gosho.
Une écriture musicale au service du cinéma japonais
Les films associés à Ichirō Saitō montrent une priorité nette donnée à la narration. Ses partitions accompagnent des drames domestiques, des mélodrames, des récits historiques et des films de sabre, sans qu’un unique registre ne résume son travail.
Avec Ozu, Naruse et Mizoguchi, il travaille sur des formes où la musique intervient avec retenue et précision. Avec Kenji Misumi ou Kazuo Mori, il aborde des œuvres plus directement liées au spectacle, où l’énergie dramatique demande une autre respiration sonore.
La présence de plus de 330 musiques de film entre 1938 et 1970 indique une activité soutenue, étendue sur plusieurs générations de cinéastes. Le nom de Saitō revient dans des films de Seiji Hisamatsu, Kinuyo Tanaka, Kazuo Ikehiro ou Kimiyoshi Yasuda, preuve d’une circulation constante dans le cinéma japonais de l’après-guerre et des années 1960.
Filmographie sélective
- 1939: Ie naki musume de Seiichi Ina
- 1947: Récit d'un propriétaire de Yasujirō Ozu
- 1952: Le Goût du riz au thé vert de Yasujirō Ozu
- 1952: La Vie d'O'Haru femme galante de Kenji Mizoguchi
- 1953: Les Contes de la lune vague après la pluie de Kenji Mizoguchi
- 1953: Les Musiciens de Gion de Kenji Mizoguchi
- 1954: Derniers chrysanthèmes de Mikio Naruse
- 1956: Au gré du courant de Mikio Naruse et Yūzō Kawashima
- 1957: Une femme indomptable de Mikio Naruse
- 1961: 娘と私
- 1963: あかつき
Ichirō Saitō meurt le 16 novembre 1979 à l’âge de 70 ans. Son nom demeure attaché à une longue continuité de partitions pour le cinéma japonais, des drames d’Ozu et Naruse aux films de Mizoguchi et aux séries de sabre des années 1960.
Filmographie de Ichirō Saitō
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