Frank Tashlin: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Frank Tashlin en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
108
œuvres recensées
106 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1929
- Dernière année recensée
- 1972
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1956, « La Blonde et moi » place Frank Tashlin au centre d’une comédie qui mêle rock naissant, satire et mécanique de cartoon. Le nom du cinéaste était alors passé par l’animation, l’écriture et le gag, avant de prendre la réalisation de longs métrages où l’image restait traversée par ce bagage de dessinateur. Né le 19 février 1913 à Weehawken, dans le New Jersey, il meurt le 5 mai 1972. Son vrai nom est Francis Fredrick von Taschlein.
Des studios d’animation à la Warner
À partir de 1930, Frank Tashlin travaille pour Paul Terry comme dessinateur sur Aesop's Film Fables. Il passe ensuite brièvement chez Amadee J. Van Beuren, avant de rejoindre les studios de Leon Schlesinger à la Warner Bros. En 1934, il crée le comic strip Van Boring, inspiré du patron de son ancien employeur Van Beuren, puis Tish Tash.
Il rejoint ensuite les studios d’Ub Iwerks, puis passe chez Hal Roach en 1935 comme scénariste. La Warner le rappelle en 1936 comme réalisateur de films d’animation. En 1938, il travaille pour Walt Disney au département scénarios. À partir de 1941, il devient responsable de production chez Screen Gems, la branche animation de Columbia Pictures.
Tashlin rejoint en 1943 le département animation de la Warner. Il y reste pendant la Seconde Guerre mondiale et travaille sur plusieurs court métrages, dont ceux du soldat Snafu. Cette période fixe un style d’écriture très visuel, nourri de rythme et d’excès graphique, que ses films de prise de vues réelles garderont ensuite sans le dissoudre.
Le passage au scénario
Frank Tashlin quitte l’animation en 1944. Il devient gagman pour les Marx Brothers et Lucille Ball, tout en écrivant des scénarios. Il signe alors des films pour Bob Hope et Red Skelton. Son écriture reste marquée par le langage du dessin animé, avec des effets de vitesse, des ruptures de ton et des gestes poussés jusqu’à l’absurde.
Parmi les titres liés à cette phase, « Coquin de Printemps » figure en 1947 à son crédit d’auteur, tandis que « Visage pâle » apparaît en 1948 parmi les films associés à son nom. Il participe encore à « Le Môme boule-de-gomme » en 1951, titre partagé avec Sidney Lanfield, avant d’entrer dans la réalisation de manière plus nette. La bascule ne rompt pas avec ses années d’animation; elle prolonge leur logique dans un autre cadre industriel.
En 1953, il réalise « General Electric Theater » pour la télévision, deux épisodes étant mentionnés dans sa filmographie. Le support change, pas la méthode. Tashlin y garde un goût pour le tempo rapide et le comique de situation, déjà sensible dans les œuvres qu’il a écrites pour d’autres réalisateurs. « Suzanne découche » paraît en 1954, ouvrant une suite de mises en scène qui s’installe vite dans le paysage hollywoodien des années 1950.
Les comédies des années 1950
En 1956, « La Blonde et moi » reste l’un des titres les plus cités de sa période hollywoodienne. La même année, il réalise « Un vrai cinglé de cinéma », où apparaît le duo Jerry Lewis et Dean Martin. Ces films installent Tashlin dans une veine de comédie qui traite l’image comme un moteur de surcharge, avec des personnages pris dans des mécanismes de désir, de consommation ou de spectacle.
« La blonde explosive » suit en 1957, puis « Trois bébés sur les bras » en 1958. Cette séquence se prolonge avec « Le Kid en kimono » la même année. Le travail avec Jerry Lewis se poursuit encore dans « Cendrillon aux grands pieds » en 1960 et « It's Only Money » est aussi lié à cette série de collaborations. Tashlin revient alors régulièrement à un comique qui fait de la vitesse, de la couleur et du décalage de ton un système de mise en scène.
Les années 1960 prolongent cette ligne avec « Appartement pour homme seul » en 1962, « Un chef de rayon explosif » en 1963, puis « Jerry chez les cinoques » en 1964. Il réalise aussi « La blonde défie le FBI » en 1966 et « La Marine en folie » en 1968. Ce dernier long métrage est présenté comme son ultime film. Bob Hope y tient l’affiche avec Phyllis Diller.
Jerry Lewis, les couleurs, la satire
Les films réunis autour de Jerry Lewis forment un noyau important de sa filmographie de réalisateur. « Trois bébés sur les bras », « Le Kid en kimono », « Cendrillon aux grands pieds » et « It's Only Money » dessinent une relation durable avec un acteur dont Tashlin exploite le tempo physique et le goût du glissement comique. Le cinéaste ne cherche pas le réalisme; il travaille la caricature, le heurt des situations et l’irruption du dessin dans le cadre.
Son traitement de la couleur retient aussi l’attention des Cahiers du cinéma, où Jean-Luc Godard n’est pas indifférent à cet usage. Les films de Tashlin circulent alors dans une critique française attentive à la forme et à l’invention visuelle. « La Blonde explosive » devient un point de repère, tout comme « La Blonde et moi », qui associe comédie, musique et publicité dans un même mouvement de saturation.
Dans sa manière de filmer, l’héritage du cartoon reste lisible sans qu’il soit besoin de le souligner. Les corps y sont soumis à des chocs, les décors deviennent des machines à accélérer le gag, et les dialogues trouvent leur place dans un ballet d’objets et de couleurs. Tashlin garde de ses années d’animation une manière de penser chaque scène comme un dessin en mouvement, même quand le récit tient entièrement à des acteurs de chair et de voix.
Les dernières années
En 1961, « Blanche-Neige et les trois Stooges » figure à son crédit avec Walter Lang, puis viennent « Les Pieds dans le plat » en 1963 et « Opération Caprice » en 1967. Tashlin revient aussi à l’animation en 1967 en produisant The Bear That Wasn't pour Chuck Jones à la MGM. Ce retour bref confirme le maintien d’un lien solide avec le dessin animé, même au moment où sa mise en scène de fiction occupe le devant.
Il meurt le 5 mai 1972. Son travail laisse un ensemble qui va du cartoon au long métrage comique, avec une place particulière accordée à l’écriture de gags et à la circulation entre animation et cinéma. « La Blonde et moi », « La Blonde explosive » et « Un vrai cinglé de cinéma » restent parmi les titres les plus souvent retenus, mais l’ensemble de son œuvre dessine surtout une continuité entre le trait du dessinateur et la mise en scène du cinéaste.
Frank Tashlin aura aussi signé des albums jeunesse, L'opossum qui avait l'air triste et Mais, je suis un ours!, parus en France à L'École des loisirs. Ces ouvrages prolongent par le livre un goût du visuel et du burlesque qui traverse toute sa production. Le nom de Francis Fredrick von Taschlein reste ainsi attaché à un cinéma où le gag vient du dessin, et où la mise en scène se construit sur la vitesse, la couleur et la rupture.
Films et séries réalisés par Frank Tashlin
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Frank Tashlin
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Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.





































