Erich von Stroheim: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Erich von Stroheim en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
84
œuvres recensées
84 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1915
- Dernière année recensée
- 1957
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1914, Erich von Stroheim arrive à Hollywood après plusieurs métiers exercés aux États-Unis. Il a quitté Vienne, où il est né le 22 septembre 1885, et entre vite dans l’orbite de D. W. Griffith sur le tournage d’« Intolérance ». Le cinéma muet va retenir son nom, d’abord dans les rôles d’officiers prussiens, puis dans la mise en scène, où il impose des films dont les producteurs amputent souvent les versions initiales.
Erich von Stroheim, de Vienne à Hollywood
Avant de s’installer aux États-Unis, Erich Oswald Stroheim se construit une identité flottante. Le nom complet qu’il adopte, ses récits de naissance et sa prétention aristocratique forment déjà un personnage public, distinct de l’homme né à Vienne dans l’Autriche-Hongrie. L’émigration de 1909 le mène vers une autre géographie, où il travaille d’abord sans cap fixe, puis rejoint le cinéma en 1914.
Sur le tournage d’« Intolérance », il occupe une place d’assistant-réalisateur auprès de D. W. Griffith. La Première Guerre mondiale modifie ensuite sa présence à l’écran. Il reçoit alors une série de rôles d’officiers allemands, au point d’être associé à la formule « l’homme que vous aimerez haïr ». Cette image s’impose dans les années de conflit, avant que la fin de la guerre ne le pousse vers la réalisation.
Sa présence à Hollywood se construit sur cette double compétence, devant et derrière l’objectif. Il signe aussi des scénarios, écrit un roman publié sous le titre « Paprika » en 1935, et obtient la nationalité américaine à partir de 1926. L’ensemble dessine une figure qui circule entre plusieurs métiers du cinéma sans se laisser réduire à un seul statut.
Les années de mise en scène muette
En 1919, « La Loi des montagnes » ouvre sa période de réalisateur. Le film fait apparaître des motifs qui reviennent ensuite: l’argent, le sexe, l’infirmité. Avec « Folies de femmes » en 1922, il présente un portrait au vitriol d’une société corrompue par l’argent. L’année suivante, il accentue encore cette logique de mise en scène minutieuse, au point de faire garnir des armoires et des commodes qui ne seront jamais ouvertes.
L’étape décisive vient avec « Les Rapaces » en 1924. Le film est mentionné parmi ses œuvres principales, et il y occupe plusieurs fonctions: réalisateur, scénariste, directeur artistique, responsable du design de production. Cette accumulation dit la mainmise qu’il veut exercer sur chaque élément du film. Sa réputation de perfectionniste se cristallise dans ces méthodes de travail, où le détail matériel importe autant que la dramaturgie.
En 1925, « La Veuve joyeuse » prolonge ce geste en détournant une opérette vers un monde d’orgies de cour, de corps abîmés et de monarques dégradés. Puis vient « Queen Kelly », tourné en 1928 avec Gloria Swanson. Les désaccords financiers et éditoriaux finissent par l’écarter du projet. Ce conflit marque la fin d’une séquence où ses ambitions de mise en scène se heurtent de plus en plus aux producteurs.
L’acteur que le parlant n’a pas effacé
Le cinéma parlant ne l’enthousiasme guère. Son dernier film parlé, « Hello, Sister! », sort en 1933 après avoir été profondément remonté. Il quitte alors la mise en scène pour se consacrer davantage au jeu. Ce déplacement ne le fait pas disparaître; il déplace seulement la place qu’il occupe dans les studios.
En France, il trouve des rôles qui s’accordent à son allure d’officier austère et de survivant du muet. « La Grande Illusion », réalisé par Jean Renoir en 1937, lui offre le capitaine von Rauffenstein. La même année, Pierre Chenal le réunit avec Louis Jouvet dans « L’Alibi ». En 1938, Christian-Jaque le fait jouer avec Michel Simon dans « Les Disparus de Saint-Agil ». Son nom circule alors entre les deux rives de l’Atlantique, avec des usages très différents selon les cinéastes.
À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, il devait réaliser et jouer dans « La Dame blanche », scénario écrit avec Jean Renoir, Louis Jouvet et Jean-Louis Barrault. La guerre interrompt ce projet. De retour aux États-Unis, il remplace Boris Karloff dans « Arsenic et vieilles dentelles » à Broadway en 1942-1943, puis retrouve les studios avec « Les Cinq Secrets du désert » de Billy Wilder, où il interprète le maréchal Erwin Rommel.
Billy Wilder, Renoir et la reconnaissance tardive
Billy Wilder lui donne un rôle déterminant dans « Boulevard du crépuscule » en 1950. Il y joue Max von Mayerling, majordome et ancien réalisateur des films de Norma Desmond. Gloria Swanson retrouve là une figure de star du muet déjà travaillée par l’histoire du cinéma, tandis que la mise en abyme donne à Erich von Stroheim une place qui prolonge sa propre mémoire de cinéaste. Sa prestation lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle masculin lors de la 23e cérémonie des Oscars.
La dernière étape de sa filmographie connue le conduit vers « Napoléon » en 1955, où il joue Ludwig van Beethoven. La même année marque la fin de sa période d’activité indiquée. Il meurt le 12 mai 1957 à Maurepas, dans les Yvelines, après avoir traversé le muet, le parlant, Hollywood et le cinéma français sans jamais se laisser enfermer dans une seule fonction.
Son nom reste attaché à quelques titres précis, à la fois comme réalisateur et comme acteur: « Folies de femmes », « Les Rapaces », « La Grande Illusion », « Boulevard du crépuscule ». Une distinction lui est attribuée en 1957, le chevalier de la Légion d’honneur. Une étoile figure aussi à son nom sur le Hollywood Walk of Fame.
Films et séries avec Erich von Stroheim
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