Chris Marker: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Chris Marker en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
113
œuvres recensées
111 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1947
- Dernière année recensée
- 2012
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1952, Olympia 52 inscrit Chris Marker dans le cinéma documentaire, au moment où il parcourt le monde pour l’UNESCO. Le film, coréalisé avec Joffre Dumazedier et Benigno Cacérès, accompagne un projet d’éducation populaire et fixe un axe qui ne le quittera plus: regarder l’histoire à partir de ses traces, de ses voix et de ses images.
Chris Marker avant le cinéma
Le 29 juillet 1921, Christian Bouche-Villeneuve naît à Neuilly-sur-Seine. L’enfance et l’adolescence se déroulent près du lycée Pasteur, où il étudie dans les années 1930. En 1938, alors qu’il est encore élève de terminale, il crée avec Serge Dumartin et Bernard Pingaud le journal du lycée, Le Trait d’union, sous le pseudonyme de Marc Dornier.
La guerre interrompt ses études de philosophie. Il rejoint son père à Vichy, puis publie à l’été 1941 La Revue française: Cahiers de la Table ronde, revue littéraire destinée aux jeunes Français, toujours sous le même nom. Après sa rupture avec Vichy, il passe en Suisse, rejoint la Résistance et se retrouve à la Libération dans l’armée américaine.
Après 1945, il écrit pour Esprit, revue refondée par Emmanuel Mounier. Il y publie des articles politiques, des poèmes, des recensions littéraires et des critiques de films entre 1946 et 1955. Il travaille aussi pour Peuple et culture et Travail et Culture, deux organisations nées au lendemain de la Libération. Dans leurs bureaux de la rue des Beaux-Arts, à Paris, il rencontre Alain Resnais à la fin des années 1940.
Durant cette période, il publie le roman Le Cœur net en 1949, l’essai Giraudoux par lui-même en 1952, des poèmes et plusieurs textes de traduction. Il adopte le pseudonyme de Chris Marker, formé à partir de son prénom et d’une marque de stylos courante. Le choix tient aussi à un détail très concret: ce nom se prononce aisément dans plusieurs langues.
Les années Resnais
En 1952, Marker réalise Olympia 52 avec Joffre Dumazedier et Benigno Cacérès, puis travaille avec Alain Resnais sur Les Statues meurent aussi, court métrage documentaire qui s’appuie sur le thème du « musée imaginaire » formulé par André Malraux. Cette collaboration installe un mode de travail où l’écriture, le montage d’images et l’analyse politique avancent de concert.
Quelques années plus tard, le tandem signe Nuit et Brouillard en 1956. Marker y intervient comme assistant réalisateur et script editor. Le film, construit autour des camps nazis et des images d’archives, compte parmi les œuvres les plus commentées de cette période. En 1958, il reçoit le Prix Louis-Delluc pour Moi, un Noir.
En 1962, il réalise La Jetée, tout en assurant la direction de la photographie. Le film condense ses obsessions de mémoire, de temps et de récit par images fixes. L’année suivante, il signe Le Joli Mai, où sa voix intervient comme interviewer. Le film prend Paris pour terrain d’observation, au plus près des conversations et des gestes du quotidien.
La même décennie, il devient aussi une présence derrière certaines œuvres qu’il ne signe pas seul. Il travaille comme still photographer sur L’Aveu en 1970. Dans ces années, son activité ne se laisse pas enfermer dans une seule fonction: écriture, commentaire, photographie, montage et réalisation se répondent d’un projet à l’autre.
« Sans soleil » et la forme-essai
En 1983, Sans soleil marque un tournant par sa construction épistolaire et son travail de montage entre images filmées, archives et commentaire. Marker y tient aussi une présence en voix non créditée, tandis qu’il assure la direction de la photographie. La même année, il obtient le César du meilleur court-métrage documentaire et le Sutherland Trophy pour le film.
Dans la foulée, A. K. et Tokyo-Ga, tous deux datés de 1985, prolongent ce goût pour l’enquête par fragments. Le premier le fait apparaître comme narrateur, le second le crédite à nouveau de manière discrète. Ces films déplacent le regard vers les cinémas d’Akira Kurosawa et de Tokyo, sans rompre avec sa manière de mêler observation et réflexion.
En 1989, L’Héritage de la chouette le retrouve comme créateur. Le projet prend la forme d’une série et prolonge son intérêt pour les circulations de savoir, les images héritées et les récits qui les accompagnent. Les années 1990 le voient encore signer le scénario original de Doce monos en 1995.
Le rapport aux images du passé demeure net dans Les Plages d’Agnès en 2008, où il apparaît en images d’archives. Sa présence est tardive, mais elle s’inscrit dans cette fidélité aux formes de mémoire visuelle qui traverse toute son œuvre. La date du 29 juillet 2012 ferme la boucle d’une vie commencée le même jour de l’année 1921.
Voix, pseudonymes et mémoire des images
Chris Marker a multiplié les signatures, parmi lesquelles Christian Bouche-Villeneuve, Christian François Bouche-Villeneuve, Jacopo Berenzini, Michel Krasna, Sandor Krasna, ainsi que des formes en alphabet cyrillique, japonais et coréen. Ces noms ne servent pas seulement à brouiller les pistes; ils accompagnent une pratique de l’adresse, du masque et du déplacement qui irrigue ses livres comme ses films.
Sa présence en voix revient dans Le Joli Mai et A. K., tandis que Sans soleil le montre à travers une apparition non créditée. L’usage de l’archive, de la photographie fixe et du commentaire oral compose une méthode précise. Marker travaille l’écart entre ce qui est vu et ce qui est raconté, sans réduire le cinéma à l’enregistrement du réel.
L’influence de T. S. Eliot figure parmi les repères associés à son nom. Elle rejoint une pratique de la citation déjà affichée dans ses textes d’après-guerre, où il revendique la liberté de reprendre les mots des autres. Son travail pour les revues, les organisations culturelles, les films d’essai et les essais vidéo dessine une œuvre qui reste attachée à la circulation des formes.
Il meurt le 29 juillet 2012 à Paris, à 91 ans. Les œuvres retenues ici suffisent à faire apparaître une constante: chez Marker, le cinéma ne se contente pas de montrer, il archive, relit et découpe le temps.
Films et séries réalisés par Chris Marker
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Galerie photos de Chris Marker
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Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.










































































