Marcel Aymé: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Marcel Aymé en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
41
œuvres recensées
39 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1934
- Dernière année recensée
- 1967
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
Marcel Aymé demeure une figure singulière et incontournable de la littérature française du vingtième siècle, écrivain prolifique dont l'œuvre traverse les genres avec une aisance remarquable. Né en 1902 à Joigny dans l'Yonne où son père, maréchal-ferrant, se trouvait en garnison, il connaît une enfance marquée par le deuil maternel précoce et grandit dans la campagne franc-comtoise qui nourrira plus tard son imaginaire littéraire. Ce terreau rural, avec ses paysages jurassiens et ses mœurs paysannes, irrigue profondément son œuvre et constitue un contrepoint constant à ses descriptions de la capitale française. Élève médiocre mais doué pour l'observation des caractères humains, il s'installe à Paris au début des années 1920 pour entreprendre des études de médecine qu'il ne terminera jamais, exerçant divers métiers dont journaliste, employé de banque ou chef de rayon pour subvenir à ses besoins. Une maladie grave le contraint à se retirer à Dole dans le Jura en 1925, et c'est durant cette convalescence forcée que sa sœur Camille l'encourage à écrire, donnant naissance à son premier roman Brûlebois publié en 1926. Cette entrée en littérature attire rapidement l'attention et ouvre la voie à une carrière littéraire d'une densité exceptionnelle qui s'étendra sur plus de quatre décennies.
La production romanesque de Marcel Aymé se caractérise par sa diversité thématique et géographique, alternant les romans parisiens et les récits champêtres avec une égale maîtrise. Après Brûlebois, il enchaîne avec Aller-retour en 1927, puis La Table-aux-crevés qui lui vaut le prix Renaudot en 1929, consécration précoce pour un écrivain qui n'a pas encore trente ans. Ce roman marque le début d'une reconnaissance critique qui ne se démentira pas malgré les controverses futures. La Rue sans nom paraît en 1930, inaugurant sa peinture des classes populaires parisiennes qu'il développera dans ses œuvres ultérieures. La période précédant la Seconde Guerre mondiale se révèle particulièrement féconde avec la publication de Maison basse en 1935, Le Moulin de la Sourdine en 1936, Gustalin en 1937 et Le Bœuf clandestin en 1939. Mais c'est La Jument verte, publiée en 1933, qui provoque un véritable séisme dans le paysage littéraire français, assurant à son auteur une notoriété immédiate doublée d'un scandale retentissant. Ce roman aux accents rabelaisiens, qui marie une intrigue champêtre inspirée de Roméo et Juliette à des gauloiseries audacieuses et des éléments fantastiques incluant une jument de couleur verte, déclenche l'ire des ligues de vertu. Un certain monsieur Coquemard, directeur du journal La Femme et l'enfant et membre du Conseil supérieur de la natalité, saisit le procureur de la République de la Seine, dénonçant un ouvrage susceptible de corrompre la jeunesse. Malgré ces attaques virulentes, le succès commercial est foudroyant avec 76 000 exemplaires vendus en deux ans, conférant à Marcel Aymé une réputation sulfureuse de pornographe qu'il assume mal, se sentant peu à l'aise dans ce rôle qu'on lui impose.
L'œuvre de Marcel Aymé transcende les frontières du réalisme pour explorer un fantastique très personnel, à la fois ludique et profond, qui ne cherche ni l'angoisse ni l'hésitation todorovienne entre rationnel et surnaturel. Ses recueils de nouvelles constituent des sommets de la littérature française du vingtième siècle, à commencer par Le Nain publié en 1934 qui contient treize nouvelles explorant les travers humains avec une acuité mordante. Derrière chez Martin, paru en 1938, propose neuf nouvelles dont Le Romancier Martin, récit métafictionnel où un personnage échappe à son créateur et où s'opère un fascinant échange entre le déterminisme du réel et l'omnipotence de l'écrivain. Le Passe-muraille, recueil achevé d'imprimer en avril 1943, devient rapidement son œuvre la plus célèbre avec dix nouvelles dont celle qui donne son titre au volume, histoire d'un modeste employé de bureau qui découvre sa capacité à traverser les murs, récit emblématique du fantastique ayméen où le surnaturel s'inscrit dans le quotidien le plus banal sans provoquer d'effroi particulier. Le Vin de Paris paraît en 1947 avec huit nouvelles parmi lesquelles La Traversée de Paris, qui connaîtra une adaptation cinématographique mémorable. En arrière suit en 1950 avec dix nouvelles supplémentaires confirmant la maîtrise absolue de Marcel Aymé dans l'art du récit bref et incisif. Dans ces textes, l'auteur excelle à peindre une galerie de portraits urbains et ruraux d'une justesse saisissante, mêlant argot parisien, patois franc-comtois et registre soutenu dans un langage composite qui reflète la diversité sociale de ses personnages.
Parallèlement à ses nouvelles destinées aux adultes, Marcel Aymé crée une œuvre pour la jeunesse qui traverse les générations avec Les Contes du chat perché, publiés entre 1934 et 1946. Ces récits qu'il destine aux enfants âgés de quatre à soixante-quinze ans mettent en scène deux fillettes, Delphine et Marinette, vivant dans une ferme avec leurs parents et communiquant avec les animaux comme avec des personnes. Contrairement aux adultes qui considèrent les bêtes d'un point de vue purement utilitaire, les enfants entretiennent avec elles des relations d'égal à égal, dialoguant avec le chat Alphonse qui peut provoquer la pluie en passant sa patte derrière son oreille, ou accueillant le loup que leurs parents chassent par peur et préjugé. Ces contes apparemment simples portent une charge morale sans jamais verser dans la moralisation pesante, prenant systématiquement le parti des animaux et des enfants contre la bêtise et la dureté du monde adulte. Le merveilleux naît des situations les plus quotidiennes dans ces histoires sans amour et sans argent, comme les qualifie leur auteur, où les cygnes dirigent un rendez-vous d'enfants perdus ou où un petit chien orphelin cherche une nouvelle famille.
Durant la période de l'Occupation et de l'après-guerre, Marcel Aymé poursuit son exploration de la société française avec une trilogie romanesque d'une grande acuité sociologique. La Belle Image, achevée d'imprimer en janvier 1941, inaugure une étude de mœurs comique mettant en scène des personnages pittoresques comme Milou, jeune boxeur poids mouche. Travelingue paraît en novembre 1941, poursuivant cette fresque où défilent intellectuels et snobs parisiens. La Vouivre, achevée d'imprimer en novembre 1943, plonge dans le folklore jurassien en exploitant une vieille légende, celle d'un animal mythique inspirant terreur et fascination, une créature féminine éternellement jeune, désirable et stérile qui se baigne dans les étangs en laissant ses bijoux sur la rive. Le personnage d'Arsène Muselier qui découvre la Vouivre lors d'une fauchaison traverse une aventure aussi réelle que fantastique, évoluant parmi une galerie de portraits ruraux savoureux incluant le curé sceptique, Voiturier le maire radical croyant, le fossoyeur Requiem ivrogne invétéré amoureux d'une pocharde, ou la Dévorante Mindeur, mangeuse d'hommes jamais repue. Le Chemin des écoliers, achevé d'imprimer en mai 1946, propose un tableau humoristique de la France sous l'Occupation dépourvu de tout manichéisme, où les comportements humains se révèlent dans toute leur complexité morale. Uranus, achevé d'imprimer en mai 1948, clôt cette trilogie avec une action se situant dans les mois suivant la Libération, période troublée que Marcel Aymé dépeint sans complaisance, scrutant les règlements de comptes et les lâchetés de l'épuration avec un regard désabusé sur la nature humaine.
Le style de Marcel Aymé se distingue par son analyse incisive des travers de l'homme et de la société, sans jamais sombrer dans la facilité du jugement unilatéral. Sa vision peut être noire, exposant crûment l'hypocrisie, l'avidité, la violence, l'injustice et le mépris qui gangrènent les relations humaines, mais elle fait également place à la camaraderie, l'amitié, la bonté, l'indulgence et le dévouement. Cette ambivalence reflète une philosophie littéraire refusant le simplisme moral pour embrasser la complexité du réel. Son fantastique ne cherche jamais à effrayer selon le schéma traditionnel du genre, évitant l'atmosphère angoissante et le cauchemar pour privilégier le jeu avec les mots et les situations au service du divertissement intellectuel. Dans Le Cocu nombreux, extrait du recueil Derrière chez Martin, un vagabond découvre un village entier peuplé d'êtres humains dotés de deux corps, sauf les fous, et apprend l'existence d'autres villages où une même personne habite quatre, dix, vingt corps ou davantage. Cette fantaisie métaphysique caractérise l'univers ayméen où le surnaturel ne provoque aucune hésitation entre interprétations rationnelle et irrationnelle, mais s'impose comme une donnée immédiate que les personnages acceptent avec pragmatisme.
Le théâtre occupe également une place significative dans la création de Marcel Aymé qui signe une dizaine de pièces explorant des registres variés. Lucienne et le boucher, Clérambard, La Tête des autres créée en 1952 et qui connaît un succès durable, Les Maxibules, Le Placard, Le Minotaure ou La Convention Belzébir témoignent de sa capacité à transposer sur scène son observation aiguë de la société et son humour grinçant. Il se lance également dans l'adaptation théâtrale avec Les Sorcières de Salem d'Arthur Miller qu'il transpose pour une mise en scène de Raymond Rouleau avec Yves Montand et Simone Signoret en tête d'affiche, réussite totale qui ne l'empêche pas de jurer dans la revue Arts qu'il veut être pendu comme une simple sorcière s'il lui arrive jamais de refaire une adaptation. Promesse non tenue puisqu'il récidive en 1958 avec Vu du Pont du même Arthur Miller dans une mise en scène de Peter Brook, prouvant que le démon de l'adaptation le tenaille malgré ses réticences affichées.
Le cinéma n'oublie pas Marcel Aymé dont les romans et nouvelles font l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques. La Jument verte, La Belle Image, Le Passe-muraille, La Table-aux-crevés, Le Chemin des écoliers et surtout La Traversée de Paris portée à l'écran par Claude Autant-Lara en 1956 avec Jean Gabin et Bourvil témoignent de la puissance visuelle et narrative de son œuvre. Cette dernière adaptation donne lieu à une opposition farouche de l'écrivain qui estime que Gabin, trop âgé selon lui, et Bourvil qu'il juge inapte à ce contre-emploi, ne sont pas à la hauteur de son œuvre, évoquant dans son courrier une farce. Il avait déjà subi le choix de Bourvil contre son gré dans l'adaptation du Passe-muraille et se montre inflexible, allant jusqu'à tout faire pour inverser les personnages et remplacer Bourvil par Bernard Blier. Malgré ces réserves d'auteur, le film devient un classique du cinéma français, preuve que l'œuvre écrite possède une force qui transcende les intentions initiales de son créateur. Uranus sera adapté au cinéma par Claude Berri en 1991, prolongeant la présence de Marcel Aymé sur les écrans plusieurs décennies après sa disparition en 1967.
Écrivain prolifique ayant produit dix-sept romans, plusieurs dizaines de nouvelles, une dizaine de pièces de théâtre, deux essais dont Le Confort intellectuel publié en 1949, plus de cent soixante articles et des contes, Marcel Aymé fournit une véritable étude sociale de la France du vingtième siècle. Il met en scène aussi bien les classes populaires que la petite bourgeoisie, les intellectuels et les snobs, utilisant un vocabulaire précis pour chaque type humain et mêlant les registres langagiers avec une virtuosité qui reflète la diversité sociale de ses personnages. Authentique parigot bien qu'originaire de province, il conquiert Paris dont il devient l'un des chroniqueurs les plus perspicaces, fixant son domicile rue Norvins dans le dix-huitième arrondissement où il meurt en 1967. Sa carrière littéraire aura traversé les périodes les plus tourmentées du siècle, de l'entre-deux-guerres à l'Occupation en passant par la Libération et ses règlements de comptes, offrant un témoignage littéraire d'une rare lucidité sur les comportements humains en temps de crise comme en temps ordinaire. Son œuvre continue de séduire les lecteurs par sa fraîcheur, son humour noir, son ironie mordante et sa capacité à faire cohabiter le quotidien le plus prosaïque avec le merveilleux le plus débridé, créant un univers littéraire immédiatement reconnaissable où la fantaisie n'exclut jamais la profondeur de l'analyse sociale et psychologique.
Films et séries écrits par Marcel Aymé
Découvrez les scénarios et œuvres auxquels cette personnalité a contribué.
Galerie photos de Marcel Aymé
1 photo affichée.
Filmographie détaillée
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Inconnu
1994
Inconnu
1990
novel
1989
writer
1977
writer
1974
author
1974
writer
1973
author
1969
theatre play
1969
writer
1967
dialogue
1966
author
1963
author
1960
writer
1959
writer
1959
1959
1956
1955
1954
novel
1951
writer
1943
screenplay
1943
writer
1941
writer
1941
dialogue
1936
dialogue
1935
dialogue
1935
writer
1934



















