Alexandre Promio: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Alexandre Promio en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
347
œuvres recensées
347 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1896
- Dernière année recensée
- 1903
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1896, Louis Lumière confie à Alexandre Promio des vues à tourner hors de France. À 28 ans, le Lyonnais, né le 9 juillet 1868 et mort le 24 décembre 1926, passe de la prise de vues à la direction de petites formes que le catalogue Lumière diffuse en Europe et au-delà.
Des études lyonnaises aux premiers appareils
Jean Alexandre Louis Promio suit des études à l’école de La Martinière de Lyon. Avant la photographie, il occupe plusieurs emplois, parmi lesquels ceux d’employé des postes et télégraphes et de représentant de champagnes Mercier. Il se fait aussi connaître à Lyon comme baryton, aux côtés de son épouse Juliette Promio-Évrard.
Son passage vers le Cinématographe se joue au congrès des photographes de Lyon, en juin 1895. Il y découvre l’appareil des frères Lumière et entre en contact avec Louis Lumière au début de 1896. Celui-ci lui confie vite une place décisive dans le dispositif des vues photographiques animées et le nomme responsable du service cinématographique Lumière en mars 1896.
Dès cette période, Promio forme les premiers opérateurs, dont Félix Mesguich. Le travail se structure autour d’une circulation rapide entre prise de vues, envoi à Lyon et projection, avec une exigence de cadence qui l’installe au cœur du système Lumière.
L’Europe, puis l’Amérique, comme terrain d’essai
À Barcelone puis à Madrid, il tourne les premières vues filmées en Espagne. Parmi elles figurent « Place du port à Barcelone », « Puerta del Sol » et « Lanciers de la reine, charge ». La reine régente Marie-Christine d’Autriche lui autorise des vues militaires, et une séance spéciale est organisée à Madrid pour la famille royale le 12 juin 1896.
En Angleterre, il filme « Cortège au mariage de la princesse Maud » le 22 juillet 1896, puis des animaux du jardin zoologique de Regent’s Park et des danseurs javanais au Crystal Palace. Aux États-Unis, il arrive en septembre 1896 et travaille de New York à Chicago en passant par Boston et les chutes du Niagara. Il y tourne une vingtaine de films, dont « Descente des voyageurs du pont de Brooklyn », « Défilé de policemen » et « Market Street ».
En Italie, en novembre 1896, il réalise « Panorama du Grand Canal pris d’un bateau » et « Panorama de la place Saint-Marc pris d’un bateau ». Ce geste de caméra mobile devient pour lui un laboratoire, qu’il développe ensuite comme principe de vue et comme méthode de circulation dans l’espace.
Le voyage méditerranéen et la mise au point du panorama
Promio parcourt ensuite la Méditerranée pour alimenter le catalogue Lumière. Il filme Alger en décembre 1896 avec « Prière du muezzin » et « Ânes », puis le Moyen-Orient en mars 1897 avec « La Voie douloureuse », « Entrée du Saint-Sépulcre » et « Départ de Jérusalem en chemin de fer ». L’Égypte fournit à son tour « Bourricots sous les palmiers », « Les Pyramides (vue générale) » et la série « Panorama des rives du Nil ».
Il tourne aussi en Turquie et évoque la difficulté d’y faire entrer son appareil de prise de vues. Constantinople, Smyrne, Jaffa et Jérusalem complètent ce circuit, qui fait de lui un opérateur de terrain plus qu’un simple exécutant. Peu après, en mars-avril 1897, il livre « Rue Sidi-Bou-Medine », « Caravane de chameaux », « Porte de Jaffa: côté est » et « Panorama de la Corne d’or ».
C’est à Venise qu’il formule l’idée de vues panoramiques à partir du mouvement du bateau. Il décrit un procédé où le cinéma mobile reproduit des objets immobiles, ce qui donne au travelling son premier cadre de pensée. Dans ces films, l’appareil ne se contente plus d’enregistrer un lieu: il le traverse et en organise la perception.
Du reportage aux tableaux composés
De mai à juin 1897, Promio change d’échelle. Il couvre l’Exposition des Arts et de l’Industrie à Stockholm, le Jubilé de la reine Victoria, le voyage du président Félix Faure en Russie et plusieurs vues industrielles d’Irlande et d’Angleterre. La logique du reportage s’installe, avec des événements diplomatiques et des manifestations publiques que Lumière veut intégrer au catalogue.
Installé à Paris, il se tourne vers les « bandes composées ». Avec le décorateur Marcel Jambon et Georges Hatot, il pousse la production Lumière vers des tableaux animés. En septembre 1897, il tourne « L’Assassinat du duc de Guise », « Les Dernières Cartouches », « Néron essayant des poisons sur des esclaves » et « La Mort de Marat ». Ces films s’inspirent souvent de la peinture académique du XIXe siècle et de la peinture de salon.
La série la plus commentée reste « La Vie et la Passion de Jésus-Christ », tournée en septembre-octobre 1898. La firme Gaumont présente elle aussi des sujets bibliques, avec Alice Guy, tandis que Promio travaille dans un contexte où la reconstitution historique prend une place croissante. Il signe aussi « VII. L’arrestation de Jésus-Christ » et « Mort de Robespierre », titres qui prolongent cette orientation vers les scènes rejouées.
Les dernières activités et le photorama
Après cette période d’activité intense, Promio adopte un rythme plus régulier. Il rédige un traité photographique publié à Lyon dans Le Progrès illustré, sans y apporter de nouveauté décisive selon le texte source. Il reçoit aussi les Palmes académiques en 1898, alors qu’il reste représentant du champagne Mercier.
Ses activités filmiques se recentrent ensuite sur l’Europe. En février 1901, il tourne les « Funérailles de la reine Victoria » à l’aide de deux appareils placés côte à côte, l’un chargé pendant que l’autre tourne. La même année, il signe « Royal regiment d’artillerie », tandis que sa production connue mentionne aussi « Revue du Bardo: cavalerie » en 1903.
Grâce au périphote, appareil permettant de prendre des vues à 360°, les photographies sont projetées dans le photorama installé rue de Clichy à partir de 1902. Promio crée la Société du Périphote et du Photorama pour exploiter ce dispositif, mais l’entreprise ne trouve pas son public et la salle ferme après deux années d’exploitation. Alexandre Promio meurt à Asnières-sur-Seine le 24 décembre 1926, à 58 ans.
Films et séries réalisés par Alexandre Promio
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Alexandre Promio
1 photo affichée.
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