Jiří Menzel: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Jiří Menzel en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
103
œuvres recensées
103 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1960
- Dernière année recensée
- 2020
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1966, Trains étroitement surveillés place Jiří Menzel au centre d’un cinéma tchécoslovaque qui circule bien au-delà de Prague. Le film reçoit l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1968, alors que son auteur a déjà installé sa méthode: s’appuyer sur des textes de Bohumil Hrabal et faire tenir la comédie dans des cadres ordinaires.
Prague, l’Académie du film et les années 1960
Jiří Menzel naît à Prague le 23 février 1938. Il étudie le cinéma à l’Académie du film de Prague avec Otakar Vávra et en sort diplômé en 1962. Cette formation le place d’emblée dans le sillage d’une génération qui travaille les formes du récit avec une liberté neuve, au moment où la Nouvelle Vague tchécoslovaque prend corps.
Les premières années de la décennie l’exposent dans des formats courts. En 1965, il signe un segment des « Les Petites Perles au fond de l’eau », puis l’année suivante il apparaît dans « Trains étroitement surveillés » dans le rôle du docteur Brabec. Le même film le met aussi à la réalisation et au scénario, avec un matériau de Bohumil Hrabal qui deviendra l’un de ses compagnonnages majeurs.
En 1968, « Un été capricieux » prolonge cette relation au texte d’origine littéraire. Le film obtient le Globe de cristal du meilleur film au Festival de Karlovy Vary la même année. Menzel travaille alors une écriture resserrée, où les gestes, les silences et les situations de province comptent davantage que les effets d’annonce.
Hrabal, Vančura et les adaptations
L’adaptation revient souvent dans son travail. Après « Trains étroitement surveillés » et « Un été capricieux », il retrouve Bohumil Hrabal avec « Alouettes, le fil à la patte », tourné en 1969. Le film reste interdit durant des années et ne sort qu’en 1990, où il entre en sélection officielle à la Berlinale et reçoit l’Ours d’or. Cette circulation tardive donne une mesure nette des obstacles rencontrés par son cinéma.
Il adapte aussi Vladislav Vančura avec « La Fin du bon vieux temps », puis revient à Hrabal avec « Une blonde émoustillante », « Les Festivités du Perce-neige » et « Moi qui ai servi le roi d’Angleterre ». À cela s’ajoutent « L’Opéra du gueux » de Václav Havel et « Les Aventures d’Ivan Tchonkine » de Vladimir Voïnovitch. Le choix de ces auteurs dessine une fidélité au texte, sans enfermer ses films dans une même recette.
Cette relation aux écrivains nourrit aussi ses récompenses. « Mon cher petit village » reçoit le Prix du jury œcuménique du Festival de Montréal en 1986 et figure parmi les films nommés aux Oscars cette année-là. Plus tard, « Moi qui ai servi le roi d’Angleterre » obtient le Prix FIPRESCI de la Berlinale en 2007. Menzel y travaille un humour plus sec, sans quitter les terrains du quotidien et des arrangements sociaux.
L’acteur dans ses propres films et chez d’autres
Jiří Menzel apparaît aussi à l’écran dans plusieurs de ses réalisations. Il est Jan dans « Les Petites Marguerites », Dr Brabec dans « Trains étroitement surveillés », Arnostek dans « Un été capricieux » et Kolenatý dans « Ces merveilleux hommes à la manivelle ». Ces présences ne viennent pas comme des apartés décoratifs; elles s’inscrivent dans un cinéma où la circulation entre les fonctions reste fréquente.
Il tient aussi des rôles chez d’autres cinéastes. Dans « L’Incinérateur de cadavres » de Juraj Herz, il joue Dvořák en 1969. Il retrouve Herz dans « Le Vampire de Ferat » en 1982, sous le nom du docteur Marek. La même logique se poursuit dans « La Petite Apocalypse » de Costa-Gavras en 1993, où il interprète Stan, puis dans « Une trop bruyante solitude » de Véra Caïs en 1996, où il joue le professeur.
En 2000, il apparaît dans « Krásný ztráty » et « Příběhy slavných ». Deux ans plus tard, il signe le scénario de « Ten Minutes Older: The Cello » et y réalise aussi un segment. Cette présence devant et derrière le texte ne relève pas d’un simple cumul; elle accompagne une pratique où l’écriture reste liée à la mise en scène.
Théâtre, écriture et derniers repères
La mise en scène de théâtre intervient pendant les années de blocage imposées après « Alouettes, le fil à la patte ». Le détour n’a rien d’un simple remplacement: il accompagne une période où il ne peut pas tourner de nouveau film avant 1974. Plus tard, il met en scène « Le Prix Martin » d’Eugène Labiche à la Comédie-Française en 1993.
Son activité d’écrivain demeure liée au reste de son travail, sans prendre le dessus sur lui. La mention de son nom dans les génériques de « Trains étroitement surveillés » et de « Ten Minutes Older: The Cello » rappelle que l’écriture de cinéma reste chez lui un espace de passage entre plusieurs fonctions. La cohérence vient moins d’un style affiché que d’un dialogue constant avec les formes qu’il traverse.
Jiří Menzel meurt à Prague le 5 septembre 2020, à l’âge de 82 ans. Son nom reste lié à la Nouvelle Vague tchécoslovaque, mais surtout à une suite de films qui ont trouvé dans Hrabal, Vančura, Havel ou Voïnovitch des partenaires de travail plutôt que des étiquettes. Le dernier repère public de cette histoire tient à une rétrospective annoncée par Malavida à partir du 11 novembre 2020.
Films et séries avec Jiří Menzel
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