Danièle Huillet: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Danièle Huillet en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
48
œuvres recensées
48 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1963
- Dernière année recensée
- 2006
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1972, Leçons d'histoire fixe l’une des signatures de Danièle Huillet au cinéma, avec un film qu’elle réalise, produit, écrit et monte aux côtés de Jean-Marie Straub. Née à Paris le 1er mai 1936, morte à Cholet le 9 octobre 2006, elle a construit avec lui une œuvre faite d’adaptations littéraires, de textes politiques et de musique filmée.
Paris, l’IHEC et la rencontre avec Straub
Danièle Huillet naît à Paris en 1936. Elle passe par le lycée Voltaire, dans la classe préparatoire à l’Institut des hautes études cinématographiques, où elle rencontre Jean-Marie Straub. Tous deux quittent ce cadre avant son terme, chacun à sa manière, lui après un renvoi rapide, elle en refusant d’aller au bout du concours d’entrée.
En 1954, le couple propose le scénario de Chronique d'Anna Magdalena Bach à Robert Bresson. La réponse du cinéaste les accompagne longtemps: il leur dit que le sujet est le leur et qu’il leur appartient d’en faire le film. Cette année-là, Straub retrouve aussi à Paris plusieurs futurs auteurs de la Nouvelle Vague, parmi lesquels Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, François Truffaut et Claude Chabrol.
La guerre d’Algérie change le cadre de leur vie commune. En 1958, Straub déserte et quitte la France; Huillet le rejoint bientôt en Allemagne de l’Ouest pour préparer Chronique d'Anna Magdalena Bach. La fabrication du film prend du temps, et l’attente passe par deux autres œuvres, Machorka-Muff en 1962 et Non réconciliés en 1965, toutes deux d’après Heinrich Böll.
L’Allemagne, Corneille et les premiers heurts critiques
Chronique d'Anna Magdalena Bach paraît en 1967. Le film installe un travail au long cours sur la musique, les textes et la durée. L’année suivante, Le Fiancé, la Comédienne et le Maquereau sert de film d’adieux à l’Allemagne, avant l’installation définitive en Italie.
À Rome, Huillet et Straub tournent Othon en 1969, d’après Corneille, sous le titre complet Les yeux ne veulent pas en tout temps se fermer ou Peut-être qu'un jour Rome se permettra de choisir à son tour. Le film provoque une réaction vive d’une partie de la critique française, déroutée par les anachronismes visuels et la variété des accents. L’œuvre affirme pourtant une méthode que Huillet gardera: tourner les textes dans leur résistance même, sans les lisser.
En 1972, Leçons d'histoire pousse cette ligne plus loin. Huillet y tient plusieurs fonctions, du scénario au montage, et le film s’appuie sur Les Affaires de Monsieur Jules César de Bertolt Brecht. La même année, Introduction à la «Musique d'accompagnement pour une scène de film» d'Arnold Schoenberg prolonge cette attention à la relation entre parole, musique et mise en place du temps.
Brecht, Schoenberg, Pavese
Au milieu des années 1970, Moïse et Aaron paraît en 1974 à partir de l’opéra d’Arnold Schönberg. Huillet y poursuit un travail où la partition, le chant et le cadre comptent autant que le texte lui-même. Deux ans plus tard, Fortini/Cani s’appuie sur Franco Fortini, puis Toute révolution est un coup de dés en 1977 tire son titre et sa forme de Mallarmé.
En 1979, De la nuée à la résistance revient vers Cesare Pavese, avant Trop tôt, trop tard en 1980-1981. Ce dernier film mêle une lettre de Friedrich Engels à Karl Kautsky et La Lutte de classes en Egypte de 1945 à 1968 de Mahmoud Hussein. Huillet y travaille avec plusieurs versions linguistiques, un choix qui prolonge son intérêt pour la circulation des mots d’un pays à l’autre.
La période s’ouvre aussi à des formats plus courts. En rachâchant en 1982 adapte Ah! Ernesto de Marguerite Duras, puis Amerika-Rapports de classe en 1984 revient à Kafka. Ces films déplacent sans l’abandonner la même rigueur de construction, avec des durées brèves ou plus étendues selon les matériaux choisis.
Une œuvre tenue avec Jean-Marie Straub
Les années suivantes gardent cette fidélité aux textes, aux lieux et aux voix. Huillet et Straub travaillent en Italie, en Allemagne, en France et jusqu’en Égypte, avec des collaborateurs réguliers comme Louis Hochet au son, Renato Berta et William Lubtchansky à l’image. Leurs films passent d’un format à l’autre, du noir et blanc à la couleur, du long métrage au ciné-tract.
En 1978, Cinématon la filme dans son numéro 343. En 2002, Dolando lui attribue les fonctions de réalisatrice, scénariste et monteuse. En 2006, Ces rencontres avec eux apparaît à Venise, où le jury de la 63e Mostra leur remet un prix spécial pour l’ensemble de leur œuvre et salue l’innovation de leur langage cinématographique.
Danièle Huillet meurt le 9 octobre 2006 à 70 ans. Jean-Marie Straub poursuit ensuite son travail, mais la place de Huillet reste liée à cette manière de faire du cinéma sans décoratif ni concession, avec des films qui tiennent au plus près des textes, des corps et des durées.
Films et séries réalisés par Danièle Huillet
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Danièle Huillet
5 photos affichées.
Filmographie détaillée
Ouvrez une catégorie pour consulter les films, séries, rôles et épisodes crédités. Les listes longues se chargent progressivement.
Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.


















































