Enrico Maria Salerno: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Enrico Maria Salerno en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
113
œuvres recensées
106 films · 7 séries
- Première année recensée
- 1952
- Dernière année recensée
- 1992
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1959, Enrico Maria Salerno tient un rôle de père hiérarque fasciste dans « Été violent » de Valerio Zurlini. L’année suivante, il attire davantage l’attention avec le pharmacien de « La Longue Nuit de 43 », premier film de Florestano Vancini. Né à Milan le 18 septembre 1926 et mort à Rome le 28 février 1994, il mène une vie partagée entre théâtre, cinéma et direction de scène.
Le théâtre, centre de gravité
Très jeune, il se tourne vers la scène et l’opérette. Après-guerre, la famille Rame l’engage pour « Roméo et Juliette », où il joue Roméo face à Franca Rame. En 1949, il rejoint la troupe de Laura Adani et Sergio Tofano, puis Giorgio Strehler le fait entrer dans « La Mort de Danton » en 1950.
Par ailleurs, il travaille au Piccolo Teatro di Milano, puis sous la direction d’Orazio Costa dans plusieurs pièces classiques. La présence de Luigi Cimara et de Memo Benassi dans d’autres compagnies l’inscrit dans un milieu d’acteurs où il prend vite place. En 1953, « Les Frères Karamazov » le porte parmi les noms attendus de la nouvelle génération.
De 1955 à 1958, il devient premier acteur au Teatro Stabile di Genova. Il y met en scène, parfois aussi, Shakespeare, Alfieri, Tchekhov, Plaute, Dostoïevski, Pirandello et Giraudoux. En 1963, Franco Zeffirelli lui confie l’époux malmené de « Qui a peur de Virginia Woolf? », transposition d’Edward Albee.
Des rôles marquants au cinéma italien
Au cinéma, il commence dans des emplois modestes. Valerio Zurlini lui donne ensuite le père de Jean-Louis Trintignant dans « Été violent », puis Vancini le retient dans « La Longue Nuit de 43 » avec un pharmacien miné par la syphilis. Ces deux films le placent dans une zone de tension morale et sociale qui revient souvent dans ses rôles du tournant des années 1960.
Franco Rossi l’utilise dans « L’Odyssée nue » en 1961 puis dans « Smog » l’année suivante. Giancarlo Zagni lui confie « La Beauté d'Hippolyte » en 1962, Duccio Tessari « Le Procès des doges » en 1963, et Dino Risi « Play-Boy Party » en 1965. En 1965, il joue Roberto dans « Je la connaissais bien », puis il apparaît dans « Les Ogresses » en 1966 et « Bandidos » en 1967.
En 1968, il tient Jonathan J. John dans « Candy ». Deux ans plus tard, il devient l’inspecteur Morosini de « L'Oiseau au plumage de cristal ». Il retrouve ensuite des emplois de notables dans « Les grands patrons » en 1973 et « Bestialité » en 1976, où il joue Ugo.
Metteur en scène, voix, passages de plateau
En 1960, il fonde avec Ivo Garrani et Giancarlo Sbragia la Compagnia degli Attori Associati. La troupe défend des pièces engagées comme Sacco e Vanzetti de Mino Roli et Luciano Vincenzoni. En 1966, au Teatro dell'Opera di Roma, il joue dans « Manfred » sous la direction de Claudio Abbado, dans une mise en scène de Mauro Bolognini.
L’année suivante, Garinei et Giovannini lui donnent le rôle principal de la comédie musicale « Viola, violino e viola d'amore », avec les jumelles Kessler. En 1974, il est sur scène avec Paolo Stoppa et Rina Morelli dans Le rose del lago de Franco Brusati. En 1976, il partage Même heure, l'année prochaine avec Giovanna Ralli.
Il prête aussi sa voix à Clint Eastwood dans la version italienne de la trilogie du dollar de Sergio Leone, de 1964 à 1966. En 1964, il est encore la voix du Christ dans « L'Évangile selon saint Matthieu » de Pier Paolo Pasolini. La scène reste pourtant son terrain le plus constant, jusqu’à « Mort d'un commis voyageur », présenté à Jesi en janvier 1993, qu’il met en scène et interprète.
Les dernières années et la direction de scène
Au début des années 1980, il signe et joue Io, l'erede puis Questi fantasmi! d’Eduardo De Filippo pendant les saisons 1980-1981 et 1981-1982. En 1985, Giancarlo Sbragia le dirige dans « Othello ou le Maure de Venise ». En 1988, il apparaît dans « Il volpone » en Ciro Corvino.
En 1991, Franco Zeffirelli le retrouve pour « Six Personnages en quête d'auteur » de Pirandello, où il joue le père. L’année suivante, il passe à la réalisation de « Coup de foudre » en 1992. Le 28 février 1994, sa mort à Rome ferme une présence qui avait traversé la scène italienne pendant plusieurs décennies.
Après sa disparition, un prix de soutien à la dramaturgie contemporaine porte son nom. Ce geste prend appui sur une activité où l’interprétation et la mise en scène avancent de concert, sans rupture apparente entre le théâtre parlé, la comédie musicale et le cinéma.
Films et séries avec Enrico Maria Salerno
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