Amos Gitai: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Amos Gitai en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
67
œuvres recensées
66 films · 1 série
- Première année recensée
- 1972
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1980, House passe à la télévision israélienne, puis se heurte à la censure. Amos Gitai, né en 1950 à Haïfa, y signe un documentaire sur la reconstruction d’une maison de Jérusalem-Ouest qui avait appartenu à des Palestiniens avant 1948. Le film installe d’emblée une méthode de travail fondée sur les lieux, les strates de mémoire et les récits qui s’y déposent.
Amos Gitai, de Haïfa à Jérusalem
La naissance à Haïfa, le 11 octobre 1950, inscrit Amos Gitai dans une géographie qui restera décisive. Il commence des études d’architecture au Technion, qu’il interrompt en 1973 pour rejoindre une unité d’évacuation sanitaire par hélicoptère pendant la guerre du Kippour. Blessé lors d’une mission, il filme déjà avec une caméra Super 8. Ce geste précoce ne relève pas du hasard: l’image arrive d’abord dans un contexte de guerre, au plus près des corps, des déplacements, des ruines.
Après l’obtention de son diplôme d’architecte, il soutient un doctorat à Berkeley. Son retour en Israël, en 1980, s’accompagne de House, puis de Journal de campagne, censuré en 1982. L’épisode ouvre une période parisienne qui dure près de dix ans. Il tourne alors ses premiers films de fiction et fixe une manière de travailler où le cinéma se nourrit d’espace, de conflit et de déplacement.
La censure et l’exil français
House ne se contente pas d’être interdit en Israël. Le film dessine un motif qui reviendra souvent chez Amos Gitai: une construction observée comme un organisme traversé par plusieurs mémoires. Serge Daney écrivait dans Libération le 1 mars 1982 que la maison devenait « un personnage de cinéma ». Cette lecture accompagne un geste formel précis, où le lieu devient l’axe du récit plutôt qu’un simple décor.
Journal de campagne provoque une autre rupture, plus durable encore. Réalisé avant et pendant l’invasion du Liban en 1982, le film nourrit une relation conflictuelle avec les autorités israéliennes et conduit à un long séjour en France entre 1983 et 1993. Amos Gitai y poursuit une pratique qui mêle documentaire et fiction, puis revient en Israël après l’élection d’Yitzhak Rabin en 1992. Le retour ne ferme rien; il relance une œuvre construite sur les mêmes tensions, avec d’autres formes, d’autres cadres, d’autres acteurs.
Trilogies, plans séquence et motifs récurrents
Avec House, Amos Gitai inaugure un principe qu’il reprend régulièrement: revenir sur un même lieu, y déplacer le point de vue et y faire résonner plusieurs époques. La trilogie autour de la maison, avec Une maison à Jérusalem en 1998 et News from Home, News from House en 2006, prolonge cette logique. Les trois Wadi suivent un autre fil, tout comme la série consacrée au capitalisme mondial avec Ananas, Bangkok-Bahreïn/Travail à vendre et Orange.
Son travail s’organise aussi en ensembles de fiction. La trilogie de l’exil réunit Esther en 1985, Berlin-Jérusalem en 1989 et Golem, l’esprit de l’exil en 1991. Celle des villes associe Devarim, Yom Yom et Kadosh. Viennent ensuite les films liés à des événements décisifs pour Israël, avec Kippour, Eden et Kedma, puis la trilogie des frontières, qui passe par Terre promise, Free Zone et Désengagement.
Le plan séquence occupe une place particulière dans cet ensemble. Ana Arabia, en 2013, repose sur une prise unique de 81 minutes. La forme n’a rien d’un simple effet: elle impose une continuité qui modifie la perception du spectateur et rend visibles les fractures qu’un montage plus éclaté pourrait amortir. Plus tard, Un tramway à Jérusalem reprend ce goût des structures fermées, avec un film écrit et produit par Amos Gitai, sorti en 2018.
Collaborations, œuvres collectives et retours à la guerre
Amos Gitai travaille avec des interprètes venus de registres très différents. Natalie Portman, Jeanne Moreau, Juliette Binoche, Hanna Schygulla, Mathieu Amalric, Irène Jacob, Léa Seydoux ou Valeria Bruni Tedeschi figurent parmi les noms associés à ses films. La collaboration avec la scénariste Marie-José Sanselme, amorcée en 2000, accompagne cette diversité de formats et de distributions.
Le réalisateur participe aussi à des films collectifs. 11'09''01 - September 11, en 2002, le réunit à un projet commun autour d’une date précise. Chacun son cinéma, en 2007, le place de nouveau dans un ensemble d’œuvres partagées. En 2013, Venezia 70: Future Reloaded prolonge cette présence dans des formes de collaboration qui ne relèvent pas du film isolé mais d’un dialogue avec d’autres cinéastes.
Dans Terre promise, sorti en 2004, puis dans Désengagement en 2007, il revient à des situations où les frontières, les déplacements et les assignations collectives prennent le dessus sur l’intrigue. Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin fait partie des titres retenus par sa filmographie, tandis que Words with Gods, en 2014, prolonge sa participation à des œuvres conçues sur le mode de l’ensemble.
Récompenses, institutions et retour des années 2010
Plusieurs distinctions jalonnent la reconnaissance de son travail. Amos Gitai reçoit le prix Roberto Rossellini en 2005, le Léopard d’honneur au Festival international du film de Locarno en 2008, le prix Robert Bresson en 2013, le prix Paradjanov en 2014 et le prix Lucchino Visconti en 2021. Il est commandeur des Arts et des Lettres et chevalier de la Légion d’honneur en 2017.
En 2018, il est élu professeur à la chaire de création artistique du Collège de France. La même année, Un tramway à Jérusalem le retrouve aussi comme producteur et scénariste. Le film s’inscrit dans une période où Laila in Haifa et Shikun prolongent des préoccupations déjà anciennes: coexistence de langues, vie en espace clos, tensions politiques, circulation des récits. Shikun, présenté à la Berlinale 2024, reprend encore ce matériau.
Ses œuvres ont fait l’objet de rétrospectives au Centre Pompidou, au MoMA, au Lincoln Center et au British Film Institute. Cette circulation institutionnelle accompagne une production qui dépasse le seul cinéma, avec des pièces de théâtre, des expositions, des livres d’artiste et des conférences. L’architecture, la guerre, la mémoire et l’exil s’y croisent sans se dissoudre dans un programme abstrait.
Films et séries réalisés par Amos Gitai
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Amos Gitai
1 photo affichée.
Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.







































