Nanni Moretti: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Nanni Moretti en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
67
œuvres recensées
66 films · 1 série
- Première année recensée
- 1973
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1973, Nanni Moretti tourne deux courts métrages en Super 8, « Pâté de bourgeois » et « La Défaite », qu’il réalise, interprète, monte et développe lui-même. Le geste fixe déjà une méthode de travail où la fabrication du film reste sous son contrôle, jusqu’aux étapes techniques les plus discrètes.
Les premiers films de Nanni Moretti
Né le 19 août 1953 à Brunico, en Italie, Giovanni Moretti grandit dans une famille d’enseignants. À l’adolescence, il se tourne vers le cinéma et le water-polo, puis choisit de devenir réalisateur une fois ses études terminées. Ses premiers films gardent un lien direct avec lui-même: il y joue, y écrit, y monte des alter ego exubérants, et y laisse apparaître des fragments autobiographiques mêlés à des questions politiques et intimes.
« Je suis un autarcique », sorti en 1976, constitue son premier long métrage. Tourné en Super 8 puis gonflé en 16 mm, le film met en scène une troupe de théâtre avant-gardiste et vise le gauchisme avec un humour caustique. Deux ans plus tard, « Ecce bombo » est présenté en sélection officielle au festival de Cannes. Le film suit les rapports d’un étudiant avec son entourage et installe un regard qui observe les gestes du quotidien, les mots qui dérapent et les tensions de groupe.
De Cannes à la Mostra
En 1981, « Sogni d'oro » obtient le Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise. Moretti y poursuit une veine où le cinéma réfléchit sa propre fabrication, tout en gardant la comédie comme point d’appui. « Bianca », en 1983, le montre sous les traits d’un professeur amoureux de Laura Morante, l’une de ses actrices fétiches. Le film confirme son goût pour les personnages isolés au sein d’un environnement social qui les contraint.
En 1986, « La messe est finie » lui vaut l’Ours d’argent du Grand prix du jury à Berlin. Il y interprète un curé, dans une comédie où la religion côtoie l’embarras politique et l’incertitude morale. La même année, il fonde Sacher Film avec Angelo Barbagallo. La société produit des films de cinéastes débutants, dont « La Seconde fois » de Mimmo Calopresti et « Le Porteur de serviette » de Daniele Luchetti, dans lesquels Moretti tient le premier rôle.
En 1989, « Palombella rossa » le met dans la peau de Michele Apicella, militant communiste devenu amnésique. Le film, souvent cité parmi ses titres majeurs, prolonge son attention à la langue politique, aux routines du débat public et à la crise des repères collectifs. Moretti y reste acteur de ses propres films, sans se tenir à distance des obsessions qu’il met en scène.
Le Nuovo Sacher et la décennie 1990
À la fin de l’année 1990, il commence à tourner dans « La Double Vie de Véronique » de Krzysztof Kieślowski, avant d’abandonner le rôle pour raisons de santé. L’épisode reste bref, mais il rappelle la place de Moretti dans le cinéma européen de cette période, où les échanges entre auteurs circulent d’un pays à l’autre. En 1991, il reprend une salle à Rome, qu’il renomme Cinema Nuovo Sacher pour des raisons administratives.
La salle ouvre en novembre 1991 avec « Riff-Raff » de Ken Loach à l’affiche. Moretti en fait une base de diffusion pour ses films et pour ses productions, tout en y programmant des œuvres d’auteurs connus ou débutants. En 1993, « Journal intime » lui apporte le Prix de la mise en scène au festival de Cannes l’année suivante. Le film expose une part plus directement autobiographique de son travail, sans quitter le terrain de l’observation sociale.
En 1997, il siège au jury du festival de Cannes et soutient Abbas Kiarostami pour la Palme d’or avec « Le Goût de la cerise », finalement partagé avec « L’Anguille » de Shōhei Imamura. L’épisode dit assez l’intérêt de Moretti pour le cinéma iranien et pour des formes qui déplacent l’attention vers les silences, les situations et les choix moraux. En 1998, « Aprile » est présenté à Cannes; il y mêle la joie d’être père, le constat d’une victoire de la gauche aux élections et des doutes sur l’avenir.
La Palme d’or et les films des années 2000
En 1998, il fonde Sacher Distribuzione, spécialisée dans la distribution de films d’auteur. La société accompagne en Italie des œuvres d’Asghar Farhadi, Valérie Donzelli, Alix Delaporte et des frères Taviani. Moretti crée aussi le Prix Sacher et le Sacher Festival, consacré aux courts métrages. Cette activité de producteur et de distributeur prolonge son attention aux films qui trouvent difficilement leur place dans les circuits les plus visibles.
En 2001, « La Chambre du fils » lui vaut la Palme d’or à Cannes. Le film suit une famille d’Ancône après la mort de son fils adolescent. La même année, Moretti préside le jury de la 58e Mostra de Venise, qui attribue le Lion d’or à « Le Mariage des moussons » de Mira Nair. En 2007 et 2008, il assure la présidence du festival du film de Turin.
« Le Caïman », sorti en 2006, accompagne les campagnes législatives italiennes. Le film vise Silvio Berlusconi et la gouvernance de cette période, tout en dessinant un portrait éclaté de l’Italie des années 2000. L’année suivante, il participe au film collectif « Chacun son cinéma » avec le segment « Diario di uno spettatore », et tient aussi les fonctions de réalisateur et de scénariste sur le projet. En 2008, Antonello Grimaldi le dirige dans « Caos calmo ».
« Habemus papam » et les films récents
En 2011, « Habemus papam » est présenté en compétition au festival de Cannes. Michel Piccoli y interprète un pape français dépressif, autour duquel Moretti organise une comédie du malaise institutionnel. Le film s’inscrit dans une série où la parole, l’autorité et le retrait occupent une place centrale, sans quitter la dimension concrète des situations.
En 2015, « Mia madre » le retrouve dans le rôle de Giovanni. Plus tard viennent « Tre piani » en 2021, où il joue Vittorio, puis « Le Colibri » en 2022, dans le rôle de Daniele Carradori. En 2021, « Noi siamo cinema » utilise aussi des images d’archive où il apparaît lui-même. « Vers un avenir radieux », sorti en 2023, le montre encore dans le rôle de Giovanni.
Moretti a reçu une trentaine d’autres prix internationaux. Son travail relie l’écriture, la mise en scène, le jeu et la production, avec une fidélité constante à des formes qui regardent l’Italie politique et les gestes du quotidien. Son nom reste attaché à des films qui traversent plusieurs décennies sans quitter cette ligne de force.
Films et séries réalisés par Nanni Moretti
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Galerie photos de Nanni Moretti
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Personnalités en relation
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