Bernadette Lafont: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Bernadette Lafont en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
171
œuvres recensées
169 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1957
- Dernière année recensée
- 2013
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1957, François Truffaut tourne « Les Mistons » à Nîmes et donne à Bernadette Lafont son premier rôle. Le film la place d’emblée dans l’orbite de la Nouvelle Vague, après des études secondaires au lycée de jeunes filles de Nîmes et des cours de danse suivis à l’opéra-théâtre de la ville.
Des années nîmoises à Paris
Bernadette Paule Anne Lafont naît le 28 octobre 1938 à Nîmes, dans le Gard. Elle grandit dans une famille protestante des Cévennes et fréquente le lycée de jeunes filles de la ville, aujourd’hui collège Feuchères. Très tôt, elle se destine à la danse et passe aussi par les cours de l’opéra-théâtre de Nîmes.
En 1955, alors qu’elle est en vacances, elle rencontre Gérard Blain pendant les répétitions de « Jules César » aux arènes de Nîmes. Elle l’épouse à 18 ans et le suit à Paris. Ce déplacement ouvre une vie professionnelle qui se noue vite autour des cinéastes de la Nouvelle Vague, sans la faire quitter le lien avec sa ville natale.
Le temps de la Nouvelle Vague
Après « Les Mistons », Claude Chabrol lui confie un rôle dans « Le Beau Serge » en 1957, puis dans « Les Bonnes Femmes » en 1960. Elle travaille aussi avec Jacques Doniol-Valcroze, Édouard Molinaro, Costa-Gavras, Georges Lautner, Louis Malle, Philippe Garrel, Michel Drach, Moshé Mizrahi, Jean-Daniel Pollet et Marc’O.
Cette période installe son nom dans un cinéma qui se construit hors des habitudes des studios. Elle avance avec des réalisateurs très différents, mais revient souvent vers des auteurs dont les films exigent une présence nerveuse, directe, sans ornements.
En 1969, Nelly Kaplan la retrouve dans « La Fiancée du pirate ». La même année, elle joue dans « Paul », unique long métrage de Diourka Medveczky. Ces deux titres marquent une étape visible de sa filmographie, l’un par sa circulation, l’autre par son inscription dans un cercle plus intime de collaborateurs.
Les années 1970 et le déplacement vers d’autres formes
Le 5 avril 1971, son nom figure parmi les 343 femmes signataires du manifeste publié par Le Nouvel Observateur en faveur du droit à l’avortement. La même saison, elle apparaît dans « Samedi soir » en 1971, puis dans « Midi trente » en 1972 et « Une belle fille comme moi » en 1972, de François Truffaut.
Jean Eustache lui confie ensuite le rôle de Marie dans « La Maman et la Putain » en 1973. Le film occupe une place nette dans sa filmographie, avant qu’elle ne se glisse vers des œuvres de registres plus variés, comme « Sex-Power » en 1970 ou « Système 2 » en 1975.
Sur cette période, elle travaille avec László Szabó pour « Zig-Zig », avec Jacques Rivette pour « Noroît », avec Pasquale Festa Campanile pour « Le Larron », puis avec Jacques Davila et Juliet Berto. Elle apparaît aussi dans des comédies signées Gérard Pirès, Jean-Marie Poiré ou Max Pécas, où sa voix gouailleuse et son ton décalé lui valent une place très identifiable.
Le retour des années 1980
Dans les années 1980, Jean-Pierre Mocky la dirige dans plusieurs films, dont « Le Pactole », avec Pauline Lafont. Claude Chabrol la reprend dans « Inspecteur Lavardin » et « Masques ». En 1985, Claude Miller lui offre « L'Effrontée », qui lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle.
Sa présence s’étend alors au petit écran, qu’elle avait déjà abordé en 1961. Elle y intervient dans Merci Bernard de Jean-Michel Ribes, Maigret face à Bruno Cremer, Pepe Carvalho, Les Enquêtes d’Éloïse Rome et La Minute vieille, jusqu’à Scènes de ménages en 2013. Elle tourne aussi pour Liliane de Kermadec, Paul Vecchiali, Élisabeth Rappeneau, Bruno Garcia et retrouve Nelly Kaplan pour un téléfilm en 1985.
En 1988, la mort accidentelle de Pauline Lafont ne l’éloigne pas de l’écran. Elle continue à travailler au cinéma et au théâtre, et rencontre alors Marion Vernoux, Pierre-Henri Salfati, Raoul Ruiz, Pascal Bonitzer, Claude Zidi, Julie Delpy et Zoe Cassavetes. Elle partage l’affiche avec Eddie Constantine, Laurent Terzieff, Ugo Tognazzi, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Léaud, Jean-Pierre Kalfon, Jean-Louis Trintignant, Daniel Duval, Michel Bouquet, Alain Cuny, Michel Duchaussoy, André Dussollier, Michel Galabru, Francis Blanche, Peter Ustinov, Michel Serrault, Miles Davis, Richard Bohringer, Victor Lanoux, Jean Lefebvre, Bernard Ménez, Anna Karina, Bulle Ogier, Micheline Presle, Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg.
Des rôles tardifs à Paulette
En 2006, elle joue Geneviève Costa dans « Prête-moi ta main ». Le film la retrouve dans une comédie très fréquentée, après des années de passages entre cinéma, télévision et théâtre. Cette même année, elle figure aussi dans « Un jour dans la vie du cinéma français » en 2002, qui la replace dans un rapport direct à l’histoire du cinéma.
En 2012, elle tient le rôle de Paulette dans « Paulette ». L’année suivante, elle apparaît encore dans Scènes de ménages. Bernadette Lafont meurt le 25 juillet 2013 à Nîmes, à 74 ans, dans la ville où elle était née. Sa présence dans les films de Truffaut, Chabrol, Kaplan, Eustache ou Miller dessine une suite de collaborations qui ont traversé plusieurs décennies du cinéma français.
Films et séries avec Bernadette Lafont
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