Karl Freund: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Karl Freund en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
137
œuvres recensées
137 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1912
- Dernière année recensée
- 1965
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1924, Le Dernier des hommes de Friedrich Wilhelm Murnau donne à Karl Freund un terrain d’expérimentation décisif. Le chef opérateur met au point une caméra légère embarquée, la « caméra déchaînée », qui autorise des mouvements inédits et fait de l’image un moteur du récit.
De Königinhof à Berlin
Karl Freund naît le 16 janvier 1890 à Königinhof, en Bohême. En 1901, il s’installe à Berlin avec ses parents, Julius Freund et Marie née Hermann. Après son certificat d’études, il entre en apprentissage dans une usine de tampons.
En 1906, il devient projectionniste pour Alfred Duskes Kinematographen, principal fabricant allemand de matériel pour le cinématographe. Il travaille alors à ses premiers courts métrages, aujourd’hui perdus. Quatre ans plus tard, il rejoint l’équipe de cadreurs d’actualités des frères Pathé et sert aussi comme assistant technique pour Oskar Messter.
Jusqu’en 1915, il circule entre plusieurs studios indépendants en Allemagne, en Yougoslavie et en Autriche. Cette mobilité forge une pratique très concrète du plateau, nourrie par les contraintes du tournage et par les outils eux-mêmes, bien avant que son nom n’apparaisse au générique des grands titres du cinéma muet allemand.
L’atelier du muet allemand
En 1916, Freund travaille sur plusieurs films de Robert Wiene, dont Frau Eva, Das wandernde Licht et Der Liebesbrief der Königin. L’année suivante, il participe à Le Mariage de Louise Rohrbach et à L’Âme emprisonnée de Rudolf Biebrach. Ces collaborations posent une base solide dans l’industrie allemande de l’époque.
En 1919, il fonde sa propre société, la Karl-Freund-Film GmbH, puis réalise en 1921 Der Tote Gast. Sa place se précise ensuite chez Decla-Bioscop, Gloria et Oswald-Film. Il travaille étroitement avec Ernst Lubitsch, Fritz Lang, Ludwig Berger, Paul Wegener et Carl Theodor Dreyer à l’UFA.
Freund signe en 1920 la photographie de Le Golem de Paul Wegener. En 1924, sa Entfesselte Kamera inaugure une autre manière de filmer Le Dernier des hommes. Murnau, Walter Röhrig et Carl Mayer forment alors, avec lui, une équipe artistique d’un niveau d’invention et de liberté technique que l’on rapproche souvent du Napoléon d’Abel Gance.
« Metropolis » et le départ vers Hollywood
Après Metropolis en 1927, Freund se tourne vers d’autres recherches techniques. Il expérimente l’enregistrement sonore sur support magnétique, le son optique et les effets spéciaux avec miniatures. Les essais en couleurs qu’il mène après le tournage attirent l’attention de la Technicolor Corporation aux États-Unis.
En 1928, il participe à la création du Volksverband für Filmkunst avec Heinrich Mann, Georg Wilhelm Pabst et Erwin Piscator. L’année suivante, il part pour Hollywood, après un passage par New York. Carl Laemmle l’attend chez Universal.
À partir de là, Freund travaille sur À l’Ouest, rien de nouveau de 1930, où il dirige la scène finale. Il retrouve ensuite la photographie sur Dracula de 1931. Le film de Todd Browning lui offre une place au sein d’une production appelée à compter parmi les grands titres de l’horreur américaine, sans rompre avec les clairs-obscurs venus de l’expressionnisme allemand.
Le fantastique comme laboratoire
En 1932, Freund réalise La Momie avec Boris Karloff. Il revient aussi à la photographie sur Les Mains d’Orlac en 1935, pour la MGM, avec Peter Lorre. Dans ces films, le fantastique lui permet de travailler le contraste et les clairs-obscurs hérités du cinéma expressionniste allemand.
La même période le voit photographier Le Roman de Marguerite Gautier en 1936 et Le Grand Ziegfeld la même année. En 1940, il signe encore l’image d’Orgueil et préjugés de Robert Z. Leonard. Ces titres déplacent son travail vers d’autres cadres narratifs sans l’éloigner de ses préoccupations techniques.
Freund obtient l’Oscar de la meilleure photographie en 1937 pour Visages d’Orient. En 1941, il reçoit une nouvelle nomination pour The Chocolate Soldier et Les Oubliés. Il travaille ensuite pour Warner Bros. à partir de 1947 et participe à Key Largo de John Huston en 1948.
Télévision, procédés et récompense allemande
Après la Seconde Guerre mondiale, Freund met au point de nouveaux appareils pour mesurer la densité des couleurs, ainsi que des caméras de télévision plus performantes. En 1944, il crée la Photo Research Corporation, entreprise de fabrication de caméras qui reste en activité.
La télévision devient son dernier champ d’expérimentation. D’abord avec Our Miss Brooks, puis en 1950 avec I Love Lucy, qu’il supervise pour Lucille Ball. Il y invente le système à trois caméras tournant simultanément, destiné à capter le programme sous plusieurs angles au même moment.
En 1951, il reçoit le Deutscher Filmpreis. En 1959, il se retire dans sa ferme de la vallée de San Fernando tout en poursuivant ses recherches et en participant à des conférences internationales et à des séminaires hollywoodiens. Il meurt à Santa Monica le 3 mai 1969.
- Le Dernier des hommes (1924) de Friedrich Wilhelm Murnau — directeur de la photographie
- Metropolis (1927) — directeur de la photographie, caméra opérateur
- À l’Ouest, rien de nouveau (1930) — directeur de la photographie
- Dracula (1931) — directeur de la photographie, co-réalisateur
- La Momie (1932) — réalisateur
- Les Mains d’Orlac (1935) — réalisateur de la photographie
- Le Roman de Marguerite Gautier (1936) — directeur de la photographie
- Le Grand Ziegfeld (1936) — directeur de la photographie
- Visages d’Orient (1937) — Oscar de la meilleure photographie
- Orgueil et préjugés (1940) — directeur de la photographie
- The Chocolate Soldier (1941) — nomination à l’Oscar de la meilleure photographie
- Les Oubliés (1941) — nomination à l’Oscar de la meilleure photographie
- Key Largo (1948) — directeur de la photographie
- I Love Lucy (1950) — supervision de la photographie
- Deutscher Filmpreis (1951)
Filmographie de Karl Freund
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