Rosa von Praunheim: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Rosa von Praunheim en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
120
œuvres recensées
119 films · 1 série
- Première année recensée
- 1968
- Dernière année recensée
- 2025
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1971, « Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers mais la société dans laquelle il vit » fait de Rosa von Praunheim un nom qui circule bien au-delà des cercles militants. Le film, donné ici sous son titre français, s'accompagne d'un effet immédiat sur des initiatives homosexuelles à Berlin-Ouest et Berlin-Est. Né à Riga le 25 novembre 1942 et mort à Berlin le 17 décembre 2025, le cinéaste allemand a signé une œuvre liée aux combats LGBT et à la culture underground.
Riga, Berlin, les écoles d’art
Le nom de naissance est Holger Bernhard Bruno Mischwitzky. La naissance a lieu à Riga en 1942, dans une Lettonie occupée, avant un ancrage allemand qui finit par s’imposer dans l’ensemble de ses activités. Son passage par la Wöhlerschule, la Hochschule für Gestaltung Offenbach puis l’Université des arts de Berlin dessine un cadre de formation précis, sans détour superflu.
Rosa von Praunheim choisit ensuite un pseudonyme qui renvoie au triangle rose attribué aux homosexuels par les nazis. Le geste compte autant que le nom lui-même. Il inscrit d’emblée son travail dans une mémoire politique, à distance des identités artistiques lissées, et relie ses films à une histoire collective qui traverse l’après-guerre allemand.
Son activité ne se limite pas au cinéma. Les catégories retenues le disent écrivain, monteur, scénariste, producteur, directeur de la photographie et réalisateur. Cette diversité de fonctions accompagne une pratique où l’écriture, l’assemblage des images et l’intervention publique restent étroitement liés.
Le choc de 1971
Le film de 1971, « Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers mais la société dans laquelle il vit », occupe une place charnière dans son œuvre. Le texte fourni le présente comme l’étincelle initiale du mouvement gay et lesbien moderne en Allemagne, ainsi qu’en Suisse. Il entraîne la création de l’Homosexuelle Aktion Westberlin et de l’Homosexuelle Interessengemeinschaft Berlin.
Le retentissement dépasse le seul champ cinématographique. Rosa von Praunheim devient une figure de proue médiatique, puis participe lui-même à la création de groupes et d’institutions pour homosexuels. Il met aussi à disposition les premiers locaux du SchwuZ, premier club gay de Berlin-Ouest, geste concret qui prolonge le film dans l’espace urbain.
En 1973, « Je später der Abend » s’inscrit dans cette période d’activité dense, tout comme « 3 nach 9 » en 1974. Ces titres rappellent une présence régulière à la télévision et dans des formats d’échange public, sans dissocier le travail de mise en scène de l’intervention dans le débat social.
Les films des années 1970 et 1980
À partir de 1979, « Tally Brown, New York » et « Armee der Liebenden oder Revolte der Perversen » montrent un intérêt constant pour des personnalités et des communautés situées hors du centre. Le premier s’attache à une figure new-yorkaise, le second propose une réflexion dont le titre seul dit déjà l’axe critique. Les deux films s’inscrivent dans une année où l’activité du réalisateur se déploie sur plusieurs fronts.
En 1986, « Ein Virus kennt keine Moral » prolonge ce mouvement vers la question du VIH. Le film arrive après l’organisation, en 1985, du premier grand gala de charité contre le SIDA en Allemagne, au Tempodrom de Berlin. Rosa von Praunheim se situe alors au croisement du cinéma et de l’action publique, sans séparation nette entre les deux.
La même dynamique se poursuit avec « Die Aids Trilogie: Positiv – Die Antwort schwuler Männer in New York auf AIDS » en 1990, la trilogie sur le SIDA citée pour sa réception médiatique. Le prix du jury au Teddy Award est attribué pour « Die Aids Trilogie » en 1990, ce qui marque une reconnaissance institutionnelle de cet ensemble. Dans la foulée, « Silence = Death » apparaît à la fois comme film, montage et écriture en 1990, selon les rôles listés.
Documentaires, portraits, références queer
En 1992, « Je suis ma propre femme » prend pour sujet Charlotte von Mahlsdorf. Le film s’inscrit dans un ensemble où Rosa von Praunheim met en avant des personnalités queer germanophones. Le texte fourni cite aussi « Tunten lügen nicht » autour d’Ovo Maltine et « L'Einstein du sexe » autour de Magnus Hirschfeld, sans que ces titres ne soient dissociés de cette attention aux figures historiques ou contemporaines.
En 1995, « Neurosia - 50 Jahre pervers » et « Vor Transsexuellen wird gewarnt » complètent cette période. Deux ans plus tard, « Gay et pas froid aux yeux » est réalisé pour Arte. En 1998, « Schwuler Mut - 100 Jahre Schwulenbewegung » revient sur 100 ans de mouvement homosexuel, tandis que « Can I Be Your Bratwurst, Please? » et « L'Einstein du sexe » paraissent en 1999.
La décennie suivante garde cette même ligne de travail avec « Fassbinder et les femmes » en 2000, « Au cœur de la nuit » en 2002, « Nachtstudio » en 1997 et « ANNE WILL » en 2007. En 2008, « Paris-Berlin, le débat » figure parmi les titres retenus, puis « Wie ich lernte, die Zahlen zu lieben » en 2014 montre une activité encore présente à un âge avancé.
Engagements, distinctions, présence publique
Rosa von Praunheim est membre de l’Académie des arts de Berlin, de la Deutsche Filmakademie et du LSVD⁺ – Fédération Diversité Queer. Ces appartenances prolongent un travail déjà engagé dans les années 1970 et 1980. Le réalisateur a aussi été distingué par le Rosa-Courage-Preis en 2008 et fait partie des récipiendaires du Chevalier de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne.
Le texte fourni le présente comme un précurseur des mouvements gays et lesbiens modernes en Allemagne et comme l’un des cinéastes et activistes LGBTQ les plus importants au monde. Cette formule décrit moins une posture qu’une circulation constante entre films, écrits et prises de position. Les livres listés, de Männer, Rauschgift und der Tod à 50 Jahre pervers. Die sentimentalen Memoiren des Rosa von Praunheim, ajoutent une dimension d’auteur à un ensemble déjà marqué par la mise en scène et la parole publique.
La sépulture se trouve à l’Ancien cimetière Saint-Matthieu. La date de mort, 17 décembre 2025, clôt une présence qui aura traversé plusieurs décennies de cinéma, de télévision et d’écriture, sans abandonner les sujets qui avaient donné à son œuvre sa matière première.
Films et séries réalisés par Rosa von Praunheim
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.




























































