Conrad Veidt: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Conrad Veidt en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
115
œuvres recensées
115 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1917
- Dernière année recensée
- 1943
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1920, Conrad Veidt interprète Cesare dans « Le Cabinet du docteur Caligari », de Robert Wiene. Né le 22 janvier 1893 à Berlin et mort le 3 avril 1943 à Hollywood, il porte alors au premier plan un visage que le cinéma expressionniste retient aussitôt. Sous son nom de naissance, Hans Walter Conrad Weidt, il traverse ensuite les cinématographies allemande, britannique, française et américaine, avec des rôles qui le ramènent sans cesse aux zones d’ombre de ses personnages.
Berlin, Reinhardt et les premières années
Il quitte le lycée sans le bac. Le théâtre l’accapare déjà, puis l’école de Max Reinhardt lui donne un cadre de travail. 1916 marque son entrée au cinéma avec « Der Weg des Todes », de Robert Reinert.
Les années qui suivent le placent dans un rythme soutenu. Entre 1916 et 1924, il tourne dans une soixantaine de films, sous la direction de Richard Oswald, Robert Wiene, Ewald André Dupont, Paul Leni, Reinhold Schünzel et Friedrich Wilhelm Murnau. Dans « Anders als die Andern » en 1919, il joue Paul Körner; la même année, « Die Reise um die Erde in 80 Tagen » le montre en Phileas Fogg.
Veidt passe aussi derrière la réalisation avec « Wahnsinn » et « Die Nacht auf Goldenhall », toutes deux datées de 1919 et 1920. Ces titres ne dessinent pas seulement une présence d’interprète, ils signalent une curiosité pour la fabrication du film elle-même. À cette époque, il travaille au cœur du cinéma allemand de Weimar, dans des productions qui le confrontent à des figures de médecin, de clown, de prêtre, de diable ou de banquier.
Le visage de l’expressionnisme
« Le Cabinet du docteur Caligari » reste le rôle qui fixe son image. Cesare, somnambule du film de Robert Wiene, concentre ce que le cinéma expressionniste cherche dans le jeu d’acteur: gestes retenus, corps contraint, regard qui coupe l’espace. La composition de Veidt frappe par des mouvements lents et une précision du visage qui rendent le personnage immédiatement lisible.
En 1928, « L’Homme qui rit » lui offre Gwynplaine / Lord Clancharlie sous la direction de Paul Leni. Le film prolonge son affinité avec les figures marquées par le masque, la difformité et le trouble social. Quelques années plus tôt, « Nachtgestalten » le voit sous le nom de le clown, et « Le Crime du docteur Warren » le fait passer par les deux faces de Dr Warren / Mr. O'Connor. Chez lui, la composition ne repose jamais sur la neutralité.
La même veine apparaît dans « Raspoutine » en 1930, où il joue le titre du film, puis dans « Le Congrès s'amuse » en 1931, où il incarne Metternich pour Erik Charell. « Napoléon » de 1927 lui confie aussi Donatien Alphonse François, Marquis de Sade. Veidt aborde ces rôles comme des blocs de comportement, sans chercher à les lisser. Le cinéma muet lui offre là ses silhouettes les plus nettes, et le parlant ne change pas ce goût des figures fermées sur elles-mêmes.
L’exil, puis les studios britanniques et américains
Après l’arrivée de Hitler au pouvoir, il quitte l’Allemagne en 1933. Son mariage avec une actrice juive l’y oblige, et l’Angleterre devient son nouveau point d’ancrage. Il prend la nationalité britannique en 1939.
Au Royaume-Uni, il tourne sous la direction de Maurice Elvey, Victor Saville et Michael Powell. En 1938, « Le Joueur d’échecs » de Jean Dréville le réunit avec Françoise Rosay. Cette période le voit circuler entre plusieurs langues et plusieurs industries, sans rupture nette dans son type de jeu. Il reste associé à des personnages fermés, menaçants ou ambigus.
En 1940, il revient aux États-Unis pour achever les prises de vue du « Voleur de Bagdad » et y joue Jaffar. Il s’installe alors en Californie. « Il était une fois », tourné en 1941 avec George Cukor, lui donne Torsten Barring. Le même mouvement le conduit vers « Échec à la Gestapo » de Vincent Sherman, puis vers « Nazi Agent » et « Casablanca ». Dans ces films de guerre, il se retrouve souvent du côté des officiers ou des agents allemands.
Les dernières années à Hollywood
Les années 1942 et 1943 condensent son travail américain. Dans « Nazi Agent », il joue Otto Becker / Baron Hugo von Detner; dans « Above Suspicion », Hassert Seidel; dans « Échec à la Gestapo », Franz Ebbing. « Casablanca », sorti en 1943, le fait apparaître en Major Heinrich Strasser. Le film l’inscrit dans une économie de présence brève, mais immédiatement reconnaissable.
Il meurt le 3 avril 1943 à Hollywood, à 50 ans, peu après le tournage de « Above Suspicion ». Son activité s’achève sur plus de 100 films, tournés de 1916 à 1943. Cette masse n’a rien d’une simple accumulation: elle dessine une continuité de rôles où le masque, la menace et le contrôle des gestes restent au centre.
Le cinéma retient de lui une manière de travailler le visage et le corps avec une économie de moyens qui supporte les mutations du muet au parlant. De Berlin à Hollywood, en passant par Londres et Paris, Conrad Veidt demeure lié à des personnages qui avancent masqués, fendus, contrariés, et qui laissent au cadre la charge d’enregistrer cette tension.
Films et séries avec Conrad Veidt
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