Pedro Almodóvar: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Pedro Almodóvar en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
88
œuvres recensées
83 films · 5 séries
- Première année recensée
- 1974
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1980, « Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier » arrive dans les salles espagnoles après un tournage en 16 mm retravaillé en 35 mm. Pedro Almodóvar, né le 25 septembre 1949 à Calzada de Calatrava, y impose une manière de filmer née des marges madrilènes et des scènes de la Movida. Le film reçoit des réactions contrastées, mais il ouvre une suite de titres qui installent rapidement son nom parmi les cinéastes espagnols les plus visibles de l’après-franquisme.
Madrid, les courts-métrages et la Movida
En 1967, à 18 ans, Pedro Almodóvar quitte Calzada de Calatrava pour Madrid, contre l’avis de ses parents. Il ne passe pas par l’école de cinéma, fermée par Francisco Franco, et apprend en accumulant les petits emplois, dont vendeur de rue au Rastro et assistant administratif chez Telefónica. Cette vie de jour laisse place à des nuits de cinéma, de théâtre et de musique, où se croisent le format super 8, les bars et les salles indépendantes.
Au début des années 1970, il travaille avec la compagnie théâtrale Los Goliardos, rencontre Félix Rotaeta et Carmen Maura, puis forme un groupe glam rock avec Fabio McNamara. Il écrit pour El País, Diario 16 et La Luna, publie des nouvelles et réalise des courts-métrages sans son diffusés dans les soirées madrilènes et barcelonaises. En 1978, « Folle... folle... fólleme Tim! » devient son premier long métrage amateur en super 8.
Cette période fixe plusieurs obsessions qui reviendront plus tard dans ses films: le mélange des genres, la parole libre, la musique populaire, les corps exposés. Le passage au long métrage distribué, en 1980, prolonge cet élan sans le lisser. Il garde la vitesse des débuts, et la comédie y garde la rugosité des nuits madrilènes.
Les années 1980, du scandale à la reconnaissance
« Le Labyrinthe des passions », distribué en 1982, marque la rencontre avec Antonio Banderas. « Dans les ténèbres », en 1983, réunit Julieta Serrano, Marisa Paredes et Chus Lampreave. L’année suivante, « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça? » cite le néoréalisme italien et Jean-Luc Godard tout en gardant une veine de comédie acide qui regarde les familles, les appartements étroits et les désordres ordinaires.
En 1986, « Matador » élargit son territoire vers un registre plus sombre, avec Andrés Vicente Gómez à la production et Jesús Ferrero au scénario. Le film suscite des réserves liées à son sujet et à la violence utilisée. L’année suivante, « La Loi du désir » inaugure la société El Deseo, fondée avec Agustín Almodóvar, et remporte le premier Teddy Award à la Berlinale 1987. Rossy de Palma y rejoint l’univers du cinéaste.
« Femmes au bord de la crise de nerfs », présenté à la Mostra de Venise 1988, change d’échelle. Le film obtient le prix du meilleur scénario à Venise, plusieurs prix Goya, un prix du cinéma européen pour Carmen Maura et des nominations aux BAFTA, aux Golden Globes et aux Oscars. Le succès américain dépasse 7 millions de dollars de recettes, et la mise en scène d’Almodóvar gagne une audience plus large sans perdre le désordre qui la porte.
Les années 1990, l’écriture des liens
« Attache-moi! », en 1990, marque la fin de la collaboration principale avec Carmen Maura et le début de celle avec Victoria Abril. Le film passe par la classification X avant d’être reclassé NC-17, et cette friction de réception accompagne un cinéma qui refuse les cadres sages. « Talons aiguilles », distribué en 1991, reçoit le César du meilleur film étranger et une nomination au Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.
« Kika », en 1993, s’attaque au sensationnalisme des médias de masse. « La Fleur de mon secret », en 1995, ouvre une collaboration avec le compositeur Alberto Iglesias et le directeur de la photographie Affonso Beato. Le film recueille 7 nominations aux Goya de 1996. Deux ans plus tard, « En chair et en os » fait entrer Penélope Cruz dans sa filmographie et vaut au réalisateur une nouvelle nomination au BAFTA du meilleur film en langue étrangère.
« Tout sur ma mère », en 1999, reprend les motifs de la sororité et de la famille. À Cannes, le film concourt pour la Palme d’or, obtient le Prix de la mise en scène et le Prix du jury œcuménique, puis décroche l’Oscar du meilleur film international. Le film devient aussi celui qui recueille le plus de distinctions pour le cinéaste, sans renoncer à l’émotion frontale qui structure sa mise en scène.
Les années 2000, les récompenses internationales
Après une pause consacrée à sa compagnie de production, Pedro Almodóvar revient avec « Parle avec elle » en 2002. Présenté à Telluride, le film reçoit un accueil critique très fort. Il obtient l’Oscar du meilleur scénario original, une nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur, le César du meilleur film de l’Union européenne, le BAFTA et le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. Les recettes internationales dépassent 51 millions de dollars.
« La Mauvaise Éducation », en 2004, s’appuie sur le film noir pour traiter l’abus sexuel sur mineur et l’identité de genre. Le film ouvre le Festival de Cannes 2004, première œuvre espagnole à inaugurer la manifestation, et dépasse 40 millions de dollars de recettes à l’international malgré son classement NC-17 aux États-Unis. Il reçoit une nomination au BAFTA du meilleur film en langue étrangère, 7 nominations au Prix du cinéma européen et 4 nominations aux Goya.
« Volver », distribué en 2006, puise dans l’enfance du cinéaste et remporte le Prix du scénario à Cannes, avec un prix d’interprétation féminine pour l’ensemble des actrices. Penélope Cruz y obtient une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice, première pour une actrice espagnole dans cette catégorie. « Étreintes brisées », présenté en 2009, est comparé à Hitchcock et s’accompagne d’un court métrage, La Conseillère anthropophage, construit comme une scène d’un faux film inséré dans le long métrage.
Horreur psychologique, comédie et retour aux femmes
« La piel que habito », en 2011, constitue son entrée dans l’horreur psychologique. Libre adaptation de Mygale de Thierry Jonquet, le film convoque Georges Franju, Alfred Hitchcock, David Cronenberg, Dario Argento, Mario Bava, Umberto Lenzi, Lucio Fulci, Fritz Lang et F. W. Murnau. Après Cannes, il dépasse 30 millions de dollars de recettes dans le monde et remporte le BAFTA du meilleur film en langue étrangère.
En 2013, « Les Amants passagers » revient à la comédie et se déroule entièrement dans un avion. Malgré des critiques partagées, le film réalise un bon résultat international. Trois ans plus tard, « Julieta », d’abord intitulé Silencio, est présenté à Cannes 2016 et devient le cinquième film du cinéaste en compétition pour la Palme d’or. Le projet relance un cinéma centré sur les femmes, sans abandonner les liens familiaux et la mémoire des corps.
En 2024, « La Chambre d’à côté » arrive avec un crédit de réalisation et un crédit de scénario. En 2025, « Sirāt » le mentionne comme producteur, tandis que « Autofiction » et « La bola negra » portent encore son nom pour 2026, le second comme associate producer. La liste ne dit pas une fin, elle montre plutôt un travail qui passe aussi par l’écriture et la production, dans une continuité de fonctions que le cinéma d’Almodóvar a toujours mêlées.
Films et séries réalisés par Pedro Almodóvar
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Pedro Almodóvar
6 photos affichées.
Filmographie détaillée
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Récompenses et Nominations
Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.

































































