Mario Bava: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Mario Bava en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
97
œuvres recensées
94 films · 3 séries
- Première année recensée
- 1939
- Dernière année recensée
- 1980
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1960, « Le Masque du démon » fait entrer Mario Bava dans un espace où l’image prend le dessus sur le récit. Réalisé après des années passées comme chef opérateur et artisan des effets, le film attire l’attention sur un cinéaste né le 31 juillet 1914 à Sanremo, en Ligurie, mort le 27 avril 1980.
De Sanremo aux plateaux italiens
Mario Bava grandit dans un environnement lié au travail de l’image. Son père, sculpteur devenu chef opérateur, l’initie à des procédés concrets, tandis que lui suit des études de peinture aux Beaux-Arts. Cette double formation explique la place accordée plus tard aux éclairages, aux compositions et aux illusions fabriquées à la main.
En 1939, il travaille comme chef opérateur sur « Il socio invisibile », réalisé par Roberto Roberti. La même année, il collabore avec Roberto Rossellini sur deux courts métrages, « Le Dindon insolent » et « La vispa Teresa ». Dès 1941, Francesco De Robertis l’emploie sur plusieurs films, parmi lesquels « Le Navire blanc », « S.O.S. 103 », « Requins d’acier » et « Uomini e cieli ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille pour l’Istituto Luce sur des films de propagande. En 1943, il assure aussi la photographie de « L'avventura di Annabella », mis en scène par Leo Menardi. Dans les années qui suivent, il signe l’image de films de Mario Monicelli et de Luigi Comencini, en restant dans ce métier d’exécution où l’invention visuelle prime.
La main du chef opérateur
En 1957, il photographie « Les Vampires » de Riccardo Freda et en achève le tournage. Le film marque une étape décisive pour l’horreur italienne. Bava y supervise aussi les effets spéciaux, le montage, et construit des solutions visuelles sans recours à des moyens lourds.
L’année suivante, il signe l’image de « Les Travaux d’Hercule », puis de « Hercule et la Reine de Lydie » en 1959. Il revient encore vers Freda pour « Caltiki, le monstre immortel », qu’il termine à nouveau. Le même travail de finition se retrouve dans « La Bataille de Marathon », projet confié d’abord à Jacques Tourneur et Bruno Vailati.
Ces années installent une méthode précise. Bava éclaire, cadre, corrige, complète, et fait tenir des productions fragiles par une science du trucage qui repose sur l’économie de moyens. Raoul Walsh le décrit comme un maître des pinceaux, formule qui dit bien sa manière de penser le cinéma comme une surface à peindre.
Le virage du long métrage
En 1946, il réalise le court métrage « L'orecchio ». Cinq autres courts métrages et documentaires suivent. Ce passage vers la mise en scène ne se fait pas par rupture, mais par glissement depuis la technique vers la conduite d’ensemble, sans abandon du métier de l’image.
En 1960, « Le Masque du démon » lui ouvre les longs métrages. Adapté du conte fantastique russe Vij de Nicolas Gogol, le film prend ses distances avec le film de vampire classique et compose une forme d’horreur gothique qui s’appuie sur l’expressionnisme, la peinture et les effets artisanaux. Le résultat rapporte peu à sa sortie, puis gagne rapidement un statut de classique.
Barbara Steele y tient un rôle central, et le film agit comme un point de départ pour une esthétique reprise ensuite par d’autres cinéastes. Bava y assume aussi la photographie et les effets spéciaux, ce qui donne au film une cohérence rare entre l’écriture des scènes et leur fabrication matérielle.
Le giallo prend forme
En 1962, « La Fille qui en savait trop » marque une nouvelle étape. Bava y commence à poser les bases du giallo, même si le scénario part d’abord dans une autre direction. Le titre imposé par les distributeurs détourne le film vers un dialogue avec Alfred Hitchcock, mais l’essentiel tient dans la manière de filmer l’enquête, les glissements d’identité et le soupçon.
La même période le voit revenir à une veine plus sombre avec « Le Corps et le Fouet », signé sous le pseudonyme John M. Old. Daliah Lavi et Christopher Lee y tiennent les rôles principaux dans une histoire marquée par la censure et par une économie dramatique qui resserre les relations entre les personnages.
En 1963, le film à sketches « Les Trois Visages de la peur » prolonge cette exploration du fantastique. Les derniers plans, avec Boris Karloff, font apparaître la fabrication même de l’image par un zoom arrière qui révèle le décor. En 1964, « Six Femmes pour l'assassin » fixe plusieurs codes du genre. La mise en scène y travaille le découpage, les couleurs et les corps comme autant d’indices visuels.
Alias, genres et derniers écarts
En 1966, Bava participe à « L'espion qui venait du surgelé » dans un rôle non crédité, sous un autre nom parmi plusieurs alias connus. La décennie suivante le voit circuler vers d’autres formes, sans quitter la même attention aux mécanismes de l’image.
En 1968, « L'odyssée » le mentionne comme creator et directeur. En 1970, il signe aussi la direction de la photographie de « L'Île de l'épouvante ». L’année suivante, il assure encore cette fonction sur « La Baie sanglante », alors que d’autres titres le ramènent vers des productions d’exploitation ou d’aventure.
En 1974, il travaille comme coordinator of special effects sur « Mosè ». Ces fonctions tardives ne dessinent pas un simple retrait, mais une continuité d’atelier, où le geste technique reste au centre du travail. Mario Bava meurt le 27 avril 1980, après avoir laissé une série de films qui ont déplacé les usages du fantastique italien.
Films et séries réalisés par Mario Bava
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Mario Bava
3 photos affichées.
Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.





















































