Alanis Obomsawin: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Alanis Obomsawin en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
79
œuvres recensées
77 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1969
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1967, l’Office national du film du Canada invite Alanis Obomsawin après l’avoir vue à la télévision. Elle entre alors dans une institution où elle conseille d’abord un film sur les autochtones, avant de prendre elle-même la main sur des films qui regardent les Premières Nations depuis l’intérieur.
Les années de chanson et de scène
En 1960, à New York, Alanis Obomsawin commence comme chanteuse. Elle donne des tournées aux États-Unis, au Canada et en Europe, dans des campus universitaires, des musées, des prisons et des centres artistiques. Le chant, dans son cas, ne tient pas du détour mondain. Il sert aussi des causes humanitaires et des festivals folkloriques.
Née le 31 août 1932 près de Lebanon, dans le New Hampshire, elle grandit d’abord entre ce territoire et Odanak, où sa mère et elle reviennent vivre alors qu’elle a 6 mois. Elle y passe 9 ans, au contact de Théophile Panadis, cousin maternel qui lui transmet des chansons, des légendes et l’histoire de la nation abénakise. À 10 ans, le départ pour Trois-Rivières la place dans un quartier où elle se retrouve isolée, parlant peu le français et pas du tout l’anglais.
Cette enfance nourrit un rapport très précoce à la mémoire orale. Plus tard, elle publie l’album Bush Lady en 1988, avec des chansons traditionnelles abénakises et des pièces nouvelles. Le disque ressort dans une version remasterisée le 15 juin 2018.
L’ONF et les premiers films
L’entrée à l’ONF ouvre une autre voie. En 1971, Christmas at Moose Factory la montre narratrice. L’année suivante, History of Manawan - Part Two lui donne trois fonctions: traductrice, réalisatrice et productrice. Le film l’associe déjà à une pratique précise du cinéma, où la parole, le montage des récits et la présence à l’image se répondent.
En 1975, Eliza's Horoscope la créditant comme Indian Maiden témoigne d’une présence plus ponctuelle à l’écran, tandis que Amisk en 1977 s’inscrit dans sa série d’œuvres réalisées à cette période. Son nom circule alors entre plusieurs fonctions, sans que l’une efface les autres. Elle travaille aussi comme directrice de la création du Festival folklorique Mariposa de 1970 à 1976.
La décennie suivante la voit passer à des films ancrés dans des conflits précis. Les événements de Restigouche paraît en 1984, avec une narration assurée par sa voix. En 1993, Kanehsatake, 270 Years of Resistance met sa voix de narratrice au service d’un documentaire consacré à la crise d’Oka. Le film devient l’un des repères les plus connus de son travail, et le contexte note qu’il a remporté 18 prix dans le monde.
Filmer les communautés
Dans Les événements de Restigouche, Kanehsatake, 270 Years of Resistance et plus tard La Couronne cherche-t-elle à nous faire la guerre? en 2002, La Survie de nos enfants en 2004 ou Waban-Aki: peuple du soleil levant en 2006, Alanis Obomsawin revient à des situations où les communautés autochtones affrontent des décisions politiques, des conflits de territoire ou des atteintes à leurs droits. Les sujets changent, le principe reste net: partir d’une communauté, d’un lieu, d’un affrontement concret.
Je m'appelle Kahentiiosta en 1996 suit la vie d’une femme mohawk à Kanesatake et au camp militaire de Farnham. Spudwrench: l'homme de Kahnawake en 1997 se concentre sur un autre visage de cette même réalité. Pluie de pierres à Whiskey Trench en 2000 revient sur les violences subies à Listuguj, tandis que Le Peuple de la rivière Kattawapiskak en 2012 et Hi-Ho Mistahey! en 2013 se placent du côté des mobilisations éducatives et communautaires.
En 2014, Ruse ou traité? poursuit cette ligne, puis On ne peut pas faire deux fois la même erreur en 2016 se penche sur la bataille juridique liée au soutien et aux droits à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada. Le Chemin de la guérison en 2017 s’intéresse à l’école Helen Betty Osborne et à la communauté crie de Norway House. En 2018, Walking is Medicine prolonge cette même attention aux pratiques et aux déplacements des communautés.
Voix, archives et retours récents
Le travail d’Alanis Obomsawin déborde le seul rôle de réalisatrice. Elle prête sa voix à Les événements de Restigouche en 1984, puis à Kanehsatake, 270 Years of Resistance en 1993. Elle apparaît aussi dans La part du diable en 2018 à partir d’images d’archives. Ces usages successifs de la voix et de la trace filmée donnent à son œuvre une continuité nette, où la présence ne se limite pas au commentaire.
En 2019, l’ONF produit Mary Two-Axe Earley: Je suis redevenue indienne à partir d’enregistrements de conversations avec elle. Cette même année, Jordan River Anderson, le messager figure parmi ses titres récents. En 2023, Bones of Crows lui attribue la fonction de TRC Film Director, avant que Dans un cinéma près de chez vous n’apparaisse en 2024 parmi ses œuvres récentes.
Son travail graphique complète ce mouvement. Depuis 1982, elle crée des gravures et des lithographies montrées au Canada et en Europe. Elle dit y puiser dans ses rêves, dans les « esprits animaux », dans des événements historiques et dans la mémoire de ses ancêtres. En 2007, ses pièces sont présentées à la Maison historique Antoine-Lacombe, dans Lanaudière.
Films et séries réalisés par Alanis Obomsawin
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Alanis Obomsawin
3 photos affichées.
Filmographie détaillée
Ouvrez une catégorie pour consulter les films, séries, rôles et épisodes crédités. Les listes longues se chargent progressivement.
Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.



























































