Ralph Bakshi: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Ralph Bakshi en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
80
œuvres recensées
71 films · 9 séries
- Première année recensée
- 1960
- Dernière année recensée
- 2023
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1972, Fritz the Cat fait entrer Ralph Bakshi dans une zone que l’animation américaine fréquentait peu alors. Le film, adapté de Robert Crumb, est classé X aux États-Unis et ouvre une série d’œuvres où le réalisateur cherche des formes moins sages, plus libres dans leur fabrication.
Ralph Bakshi, de Haïfa à Brooklyn
Ralph Bakshi naît le 29 octobre 1938 à Haïfa, alors en Palestine mandataire. En 1939, sa famille rejoint New York, et il grandit à Brownsville, dans le quartier de Brooklyn. L’enfance se partage entre les bandes dessinées, le dessin et la boxe, avant un passage par Thomas Jefferson High School puis par la School of Industrial Art, à Manhattan, où il sort diplômé en 1957 avec une mention en bande dessinée et animation.
À 18 ans, il entre chez Terrytoons comme polisseur de cellulos. Le studio lui offre un apprentissage concret, du poste de peintre de cellulos à celui d’encreur, puis d’animateur. À 25 ans, il réalise déjà des programmes télévisés mettant en scène Super-Souris, Heckle et Jeckle, Deputy Dawg et Foofle.
En 1966, une série de réunions avec CBS aboutit à The Mighty Heroes. Bakshi propose l’idée d’un dessin animé parodique centré sur un super-héros, et la chaîne donne son accord. L’année suivante, il prend la tête de Famous Studios, le département animation de Paramount Pictures, puis fonde en 1969 Ralph's Spot, son propre studio.
Le choc de « Fritz the Cat »
En 1971, Steve Krantz accepte de produire le premier long-métrage de Bakshi. Le choix se porte sur Fritz the Cat, tiré de la bande dessinée underground de Robert Crumb. Bakshi y recourt à des procédés qu’il reprendra par la suite: plans en prise de vue réelle, photographies, enregistrement dans un style documentaire.
La sortie du film suscite des réactions très tranchées. Fritz the Cat devient le premier dessin animé classé X aux États-Unis et le premier film d’animation indépendant à dépasser 100 millions de dollars de recettes. Vincent Canby, dans le New York Times, le dit drôle d’un bout à l’autre et capable de choquer presque tout le monde. D’autres critiques se montrent plus réticentes, et plusieurs animateurs publient une annonce en pleine page dans Variety pour dénoncer son contenu adulte.
Bakshi s’exprime lui-même sur la violence des réactions. Il dit avoir été pris pour un pornographe par des responsables du pouvoir, et rappelle qu’il s’adressait surtout à des spectateurs plus jeunes, prêts à accepter des idées nouvelles. Le film l’installe d’emblée dans une position heurtée, plus exposée aux débats qu’aux consensus.
Les années 1970, entre rue et fantasy
En 1973, Bakshi lance Heavy Traffic, récit personnel sur la vie des rues dans les quartiers déshérités. Le film reprend des techniques déjà présentes dans Fritz the Cat. La presse relève son humour noir, ses scènes de violence et de sexualité explicites, et une énergie qui suscite autant de gêne que d’hilarité.
Au cours du tournage, il se lie avec le producteur Albert S. Ruddy lors d’une projection du Parrain. De cette rencontre naît l’idée de Harlem Nights, projet qui deviendra plus tard Coonskin. Quand Steve Krantz apprend cette collaboration, il ferme les portes du studio à Bakshi pendant deux semaines avant de le laisser finir Heavy Traffic.
En 1977, Wizards prolonge cette phase. L’année suivante, Le Seigneur des anneaux adapte Tolkien pour le cinéma d’animation. En 1980, le film reçoit le Gryphon d’or au Festival du film de Giffoni. Bakshi poursuit avec Tygra, la glace et le feu en 1983, puis avec American Pop en 1981, centré sur 4 générations de musiciens liées à l’histoire de la musique populaire américaine.
Télévision, retours et formats hybrides
Après American Pop, Bakshi revient à la télévision avec Le Retour de Super-Souris, diffusé pendant 2 ans avant d’être retiré à la suite de protestations de téléspectateurs. Le motif de la série est clair: il s’agit d’un terrain où le réalisateur retrouve une liberté de production plus rapide, tout en restant exposé à des réactions contrastées.
En 1992, Cool World mêle animation et prises de vues réelles. Son scénario est lourdement remanié en cours de production, et le film est mal accueilli à sa sortie. Bakshi travaille ensuite pour la télévision avec Cool and the Crazy, uniquement avec des acteurs, puis avec la série de science-fiction Spicy City, où il signe aussi des voix pour Stevie, Connelly et Goldblum. Il réalise encore American Playhouse en 1982, Rebel Highway en 1994 et World Premiere Toons en 1995, ces deux derniers en écriture et réalisation pour Rebel Highway, puis réalisation et scénario pour World Premiere Toons.
Prix, enseignement et postérité
En 1988, Bakshi reçoit un Annie pour sa « contribution marquante à l’art de l’animation ». En 2003, le festival Cinequest de San José lui remet un Maverick Tribute Award. La même année, il fonde la Bakshi School of Animation and Cartooning, puis publie un livre sur son travail en 2008.
Son nom reste associé à une manière de produire qui refuse le décoratif et vise des publics adultes, avec des films comme Fritz the Cat, Heavy Traffic, Wizards et Le Seigneur des anneaux. L’ensemble dessine une œuvre qui passe par le studio, la télévision et des formats hybrides, sans s’enfermer dans un seul cadre de production.
Films et séries réalisés par Ralph Bakshi
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Galerie photos de Ralph Bakshi
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Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
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