Emilio Fernández: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Emilio Fernández en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
113
œuvres recensées
109 films · 4 séries
- Première année recensée
- 1930
- Dernière année recensée
- 1986
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1946, María Candelaria obtient la Palme d'or au Festival de Cannes. Emilio Fernández signe ce film après avoir déjà posé les bases d’une œuvre liée au Mexique rural, aux figures de la Révolution et aux mélodrames du sud. Né à Sabinas, dans le Coahuila, en 1903, il meurt à Mexico en 1986.
Des débuts américains à Hollywood
Après l’échec du putsch révolutionnaire mené par Adolfo de la Huerta, Emilio Fernández quitte le Mexique en 1923 et rejoint les États-Unis. Il s’installe à Hollywood, où il gagne sa vie par des rôles de figurant. Il y sert aussi de doublure à Douglas Fairbanks.
Un premier crédit apparaît en 1933 avec « Carioca », où il figure comme danseur non crédité. Cette présence brève dit déjà une circulation entre les marges du studio system et les métiers du plateau. Avant de revenir au Mexique comme cinéaste, il passe par cet espace d’apprentissage américain.
Le conflit révolutionnaire pèse sur cette période. L’itinéraire biographique le relie aux mouvements politiques du Mexique, puis à une existence d’exilé dans l’industrie hollywoodienne. Cette expérience nourrit plus tard un cinéma attentif aux rapports de force, aux chefs militaires et aux communautés paysannes.
Le cycle mexicain des années 1940
Le premier grand jalon connu de sa mise en scène arrive en 1943 avec « L'Ouragan », puis avec « María Candelaria » la même année. Dolores del Río et Pedro Armendáriz y tiennent les premiers rôles, dans des récits qui l’installent au centre du cinéma mexicain de l’après-guerre.
En 1945, il signe « Les Abandonnées » puis « Bugambilla ». L’année suivante, « Enamorada » réunit María Félix et Pedro Armendáriz. La période se poursuit en 1947 avec « La Perle », adaptation d’un récit de John Steinbeck, puis « Rio Escondido ». L’enchaînement ne relève pas d’une simple cadence de production ; il fixe une manière de raconter le pays à travers ses campagnes, ses tensions sociales et ses figures féminines.
« Maclovia » paraît en 1948, avec María Félix, Pedro Armendáriz et Carlos López Moctezuma. En 1949, « La Mal aimée », « Les Bas-fonds de Mexico » et « La Villageoise » prolongent cette série. Les titres dessinent un territoire précis, fait de villages, de conflits amoureux et de rapports de classe, dans lequel il inscrit son nom de réalisateur au premier rang du cinéma mexicain.
Cette même période le voit travailler avec des interprètes revenant d’un film à l’autre. Dolores del Río, Pedro Armendáriz, María Félix et Columba Domínguez forment autour de lui une constellation régulière. Le cinéma qu’il construit à ce moment repose sur des visages, des corps et des paysages immédiatement reconnaissables.
Western, reprises et passages devant la caméra
Les années 1950 déplacent Emilio Fernández vers d’autres formes. Il réalise « The Torch » en 1950, puis « Quartier interdit » en 1951, « Désir interdit » en 1952 et « Le Filet » en 1953. En 1954, « Nosotros dos » et « La Révolte des pendus » prolongent cette séquence, cette dernière étant donnée comme adaptation du roman de B. Traven.
Parallèlement, il revient comme acteur dans des productions mexicaines et américaines. On le voit dans « La cucaracha » en 1959, puis dans « Le Vent de la plaine » de John Huston en 1960. Il apparaît aussi dans « Les Frères Del Hierro » en 1961. Ces présences ne dessinent pas un simple retour : elles maintiennent un lien direct avec les univers qu’il avait contribué à définir.
Le registre du western devient plus net dans les années 1960. Il est le patron du bar non crédité de « La Nuit de l'iguane » en 1964, puis joue dans « La Récompense » en 1965 et « Les Inséparables » la même année. Viennent « Le Retour des sept » et « L'Homme de la Sierra » en 1966, « A Covenant with Death » en 1967 et « La Bataille de San Sebastian » en 1968. Le mouvement se lit moins comme une rupture que comme une extension de sa présence dans les récits frontaliers.
Il réapparaît dans « La Horde sauvage » en 1969, puis dans « El rincón de las vírgenes » en 1972 et « Pat Garrett et Billy le Kid » en 1973. En 1974, « Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia » lui offre le rôle d’El Jefe. La série s’achève sur « L'Évadé » en 1975 et « Les Aventuriers du Lucky Lady » la même année, preuve d’une activité qui circule entre les deux côtés de la mise en scène et de l’interprétation.
Une fin de carrière au cinéma et à la télévision
En 1976, Emilio Fernández passe à la télévision avec « Columbo », dans un épisode tronqué dans l’extrait fourni. Plus tard, « Au-dessous du volcan » en 1984 le ramène au cinéma dans le rôle de Diosdado, tandis que « Les diamants de l'Amazone » suit en 1985 avec un double rôle, Tacho et Paco.
Ces apparitions tardives témoignent d’une continuité nette entre les années mexicaines et les décennies suivantes. Son nom reste attaché à des productions américaines ou européennes, sans abandonner les rôles de composition. La fin de la liste connue montre un acteur encore sollicité pour des figures d’autorité, de service ou de marge.
La carrière de réalisateur et d’acteur se referme après plus de 50 ans de présence à l’écran. Il meurt le 6 août 1986 à Mexico, à l’âge de 82 ans. Sa filmographie de mise en scène, centrée sur les années 1943-1954 dans les éléments disponibles, et ses apparitions comme interprète jusqu’au milieu des années 1980 dessinent une figure durable du cinéma mexicain et de ses circulations internationales.
Filmographie sélective
- 1933 : « Carioca » — Dancer, non crédité
- 1943 : « L'Ouragan »
- 1943 : « María Candelaria »
- 1945 : « Les Abandonnées »
- 1945 : « Bugambilla »
- 1946 : « Enamorada »
- 1947 : « La Perle »
- 1947 : « Rio Escondido »
- 1948 : « Maclovia »
- 1949 : « La Mal aimée »
- 1949 : « Les Bas-fonds de Mexico »
- 1949 : « La Villageoise »
- 1950 : « The Torch »
- 1951 : « Quartier interdit »
- 1952 : « Désir interdit »
- 1953 : « Le Filet »
- 1954 : « La Révolte des pendus »
- 1959 : « La cucaracha »
- 1960 : « Le Vent de la plaine »
- 1964 : « La Nuit de l'iguane »
- 1966 : « Le Retour des sept »
- 1969 : « La Horde sauvage »
- 1973 : « Pat Garrett et Billy le Kid »
- 1974 : « Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia »
- 1975 : « L'Évadé »
- 1984 : « Au-dessous du volcan »
- 1985 : « Les diamants de l'Amazone »
Films et séries réalisés par Emilio Fernández
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Galerie photos de Emilio Fernández
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Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
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