Manoel de Oliveira: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Manoel de Oliveira en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
83
œuvres recensées
80 films · 3 séries
- Première année recensée
- 1928
- Dernière année recensée
- 2015
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1931, Douro, Faina Fluvial sort après un tournage mené de 1927 à 1929. Manoel de Oliveira a 22 ans quand ce court métrage documentaire muet regarde le fleuve Douro et la vie des marins. Le film attire aussitôt l’attention sur un cinéaste portugais né à Porto le 11 décembre 1908 et mort dans la même ville le 2 avril 2015.
Les années Porto
Manoel Cândido Pinto de Oliveira grandit dans une famille de la bourgeoisie industrielle de Porto. Son père l’emmène souvent voir les films de Charlie Chaplin et de Max Linder. L’enfant découvre le cinéma dans ces séances, bien avant de tenir une caméra.
Il étudie au Colégio Universal de Porto, puis dans un collège jésuite en Galice. À 19 ans, il fréquente l’école d’acteur de Rino Lupo et tourne comme acteur dans quelques films. Son rôle le plus important reste celui d’A Canção de Lisboa, premier film parlant portugais, en 1933.
Son père lui offre en 1929 une caméra portative Kinamo. Avec cet appareil, il commence Douro, Faina Fluvial, où la ville et le fleuve se répondent dans un montage de gestes, de machines et de regards. Le film, parfois critiqué pour son naturalisme, montre déjà une attention précise aux paysages de travail et aux visages ordinaires.
L’arrêt, puis le retour à la mise en scène
Aniki Bóbó, en 1942, devient son premier long métrage. Le film suit quelques enfants des quartiers populaires de Porto. Le regard porté sur leur quotidien annonce le néoréalisme italien et lui permet d’être reconnu.
Après cette sortie, les années 1950 l’éloignent du plateau. Il part en Allemagne pour découvrir d’autres horizons et étudier les couleurs et les procédés techniques. Le pays vit sous la dictature salazariste, et le cinéaste cherche un espace de travail moins étouffant. Cette période de retrait ne coupe pas le lien avec le cinéma ; elle le déplace vers l’observation, l’expérimentation et la préparation d’un nouveau geste.
En 1956, il revient avec Le Peintre et la Ville, essai sur Porto qui mêle caméra subjective, cinéma direct et reflets des tableaux d’Antonio Cruz. En 1962, Le Mystère du printemps s’appuie sur un texte du XVIe siècle, Auto de Paixão, joué chaque année en plein air pendant la semaine sainte par des paysans de Curalha. En 1963, La Chasse prend la forme d’une parabole sur la solidarité, avec des intentions cachées touchant la dictature.
Le gouvernement portugais l’empêche alors de tourner jusqu’en 1971. Le Passé et le Présent sort cette année-là. La satire de la société bourgeoise du Portugal adapte une pièce de Vicente Sanches. Benilde, ou la Vierge Mère, en 1974, tire sa matière d’un roman de José Régio et raconte une jeune femme qui tombe enceinte tout en restant vierge.
Les grandes adaptations
Amour de perdition, en 1978, installe un rythme de travail plus régulier. L’adaptation de Camilo Castelo Branco suit un amour désespéré entre deux jeunes gens issus de familles ennemies, à la fin du XVIIIe siècle. Le film cherche moins l’effet spectaculaire que l’épaisseur d’une époque et d’une mentalité portugaise.
En 1981, Francisca conclut la tétralogie des Amours frustrées. Le film vient d’un roman d’Agustina Bessa-Luís. La même autrice nourrit à nouveau Val Abraham en 1993, librement inspiré de Flaubert, tandis que Le Couvent, en 1995, réunit Catherine Deneuve et John Malkovich autour du roman As terras dos riscos. Entre ces titres, Le Soulier de satin arrive en 1985 d’après Paul Claudel, puis Non, ou la vaine gloire de commander en 1990 et Les Cannibales en 1988.
Le cinéaste travaille souvent à partir de textes venus du théâtre ou du roman. Ses films dialoguent avec la littérature, la peinture et le théâtre sans quitter Porto de vue. Dans Visite ou Mémoires et Confessions en 1982, Mon cas en 1986 ou La Divine Comédie en 1991, ce rapport aux formes écrites se poursuit sous des angles différents.
La liste de ses œuvres retenues dans l’extrait documentaire traverse aussi Le Jour du désespoir en 1992, La Cassette en 1994, Party en 1996 et Voyage au début du monde en 1997. En 1998, Inquiétude apparaît parmi ses crédits, avec le rôle de Tango Dancer.
Prix, hommages et dernière période
En 2004, Manoel de Oliveira reçoit le prix Robert-Bresson. Quatre ans plus tard, au Festival de Cannes 2008, il obtient une Palme d’or pour l’ensemble de son œuvre. La distinction lui est remise par Michel Piccoli, l’année de ses 100 ans. La même année sort Christophe Colomb, l’énigme, qui évoque avec émotion et humour l’histoire de Christophe Colomb.
Singularités d’une jeune fille blonde sort en salle en septembre 2009, d’après un conte de Eça de Queiroz. En 2010, L’Étrange Affaire Angélica est présenté à Cannes dans la section Un certain regard. En 2011, ses crédits mentionnent encore Hitler à Hollywood, Agnès de ci de là Varda et Sodankylä ikuisesti: Elokuvan vuosisata.
Les dernières présences notées le montrent encore actif dans les années 2010, avec Biette en 2013, Henri Langlois vu par... en 2014 et Un Film Parlé en 2003. Le 9 décembre 2014, il reçoit à Porto les insignes de grand officier de la Légion d’honneur. Il meurt le 2 avril 2015 à 106 ans, après plus de 84 ans de carrière.
Filmographie sélective
- 1931 : Douro, Faina Fluvial
- 1942 : Aniki Bóbó
- 1956 : Le Peintre et la Ville
- 1962 : Le Mystère du printemps
- 1963 : La Chasse
- 1971 : Le Passé et le Présent
- 1974 : Benilde, ou la Vierge Mère
- 1978 : Amour de perdition
- 1981 : Francisca
- 1982 : Visite ou Mémoires et Confessions
- 1985 : Le Soulier de satin
- 1986 : Mon cas
- 1988 : Les Cannibales
- 1990 : Non, ou la vaine gloire de commander
- 1991 : La Divine Comédie
- 1992 : Le Jour du désespoir
- 1993 : Val Abraham
- 1994 : La Cassette
- 1995 : Le Couvent
- 1996 : Party
- 1997 : Voyage au début du monde
- 2008 : Christophe Colomb, l’énigme
- 2009 : Singularités d’une jeune fille blonde
- 2010 : L’Étrange Affaire Angélica
Films et séries réalisés par Manoel de Oliveira
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Galerie photos de Manoel de Oliveira
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Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
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