Aldo Fabrizi: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Aldo Fabrizi en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
82
œuvres recensées
82 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1942
- Dernière année recensée
- 1986
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1945, Roberto Rossellini confie à Aldo Fabrizi le rôle de Don Pietro dans « Rome, ville ouverte ». Tourné pendant l’occupation nazie de Rome, le film installe l’acteur dans une zone de gravité que son visage, sa voix et son accent romain portent avec une évidence immédiate. Deux ans plus tard, en 1948, il prête aussi sa voix à « Le Voleur de bicyclette » de Vittorio De Sica. La même ville, le même parler, la même attention aux gestes ordinaires traversent ces emplois, au cinéma comme au doublage.
Rome, les poèmes et le théâtre
Aldo Fabrizi naît à Rome le 1er novembre 1905, dans le quartier du vicolo delle Grotte. Son père meurt lorsqu’il a 11 ans, et il quitte l’école pour travailler et soutenir sa famille. Cette contrainte l’éloigne des études, pas de l’écriture. En 1928, il publie Lucciche ar sole, un petit volume de poèmes en romanesco, puis participe à Rugantino, journal écrit dans le même idiome.
Le théâtre vient ensuite, d’abord avec la Filodrammatica Tata Giovanni, puis comme orateur autour de ses propres poèmes. En 1931, il débute comme macchiettista dans les petits théâtres de Rome et dans toute l’Italie, sous le nom de Fabrizio, en jouant des types romains comme le cocher, le conducteur de tramway ou le skieur. Sa troupe prend forme peu après, et Alberto Sordi y passe brièvement en 1937.
Ce répertoire repose sur des silhouettes populaires, des voix de rue et un romanesco que Fabrizi utilise comme matière scénique. Le comique vient d’une observation serrée des habitudes romaines, sans détour ni effet de manche.
Le choc de « Rome, ville ouverte »
En 1942, Mario Bonnard le choisit pour « Avanti c'è posto... », puis pour « Campo de' fiori » en 1943. Dans « Le Diamant mystérieux », la même année, il reprend des rôles déjà joués sur scène, aux côtés d’Anna Magnani. Federico Fellini contribue alors au scénario. Ces premiers films prolongent l’univers populaire qu’il a installé sur les planches.
Avec « Rome, ville ouverte », Rossellini le déplace vers un autre espace. Don Pietro ne relève plus du portrait de quartier, mais d’une présence morale inscrite dans un film qui compte parmi les fondations du néoréalisme italien. Le tournage a lieu en 1944, pendant l’occupation de Rome, et l’image de Fabrizi y gagne une force de retenue qui tranche avec ses compositions antérieures.
Cette même année, l’acteur tourne aussi sur d’autres fronts, mais le film de Rossellini demeure le pivot de sa filmographie. Le personnage de prêtre, inspiré de Don Giuseppe Morosini et Don Pietro Pappagallo, lui offre un contrechamp grave à ses emplois de comique romain. Le visage reste le même, le cadre change.
Le registre comique et les tandems
En 1950, Alessandro Blasetti lui donne le premier Ruban d’argent du meilleur acteur pour « Sa Majesté monsieur Dupont ». Fabrizi tourne alors près de 70 films supplémentaires et revient souvent vers les partitions burlesques. Il travaille avec Totò dans « Gendarmes et Voleurs » en 1951, « Totò, Peppino e una di quelle » en 1953, « Fripouillard et Cie » en 1959, « Totò, Fabrizi e i giovani d'oggi » en 1960 et « Totò contre les quatre » en 1963.
Il joue aussi avec Peppino De Filippo dans « Rome-Paris-Rome » en 1951, « Accadde al penitenziario » en 1955 et « Guardia, guardia scelta, brigadiere e maresciallo » en 1956. Ces rencontres installent un tempo de jeu très particulier, nourri d’improvisation et de reprises. L’acteur y déploie un comique de dialogue, de retard, de mauvaise foi, souvent adossé à des silhouettes de fonctionnaires, de pères ou de petits hommes débordés.
Il travaille aussi avec Georg Wilhelm Pabst dans « La Maison du silence » en 1953 et « Affaires de fou » en 1954. Dans ce dernier film, il joue un homme qui se prend pour un directeur d’hôpital. Le décalage entre son allure et la situation suffit à produire l’effet, sans qu’il soit besoin d’insister sur le reste.
Réalisation, production et voix italiennes
Entre 1948 et 1957, Aldo Fabrizi réalise 9 films. Son premier, « Emigrantes », est tourné en Argentine en 1948. Il suit avec « Benvenuto, reverendo! » en 1950, puis une trilogie sur les aventures de la famille Passaguai, dont il est aussi producteur via Alfa Film XXXVII. Il met également en scène « Totò, Peppino e una di quelle », puis le sketch Marsina stretta du film collectif « Questa è la vita » en 1954, d’après Luigi Pirandello.
Il signe encore « Hanno rubato un tram » en 1954, tourné à Bologne avec Mario Bava comme chef opérateur, puis « Le Destin d'un enfant » en 1957, coréalisé avec Eduardo Manzanos Brochero. Sergio Leone a plus tard affirmé que cette mise en scène était fictive, la sienne ayant pris le relais pendant le tournage. Le dossier laisse pourtant apparaître une activité de réalisation régulière, prise dans le même mouvement que son travail d’acteur.
Il prête aussi sa voix italienne à Giuseppe Varni dans « Madeleine, zéro de conduite » en 1940, puis à Gino Saltamerenda dans « Le Voleur de bicyclette ». Ce détour par le doublage prolonge la précision de son parler romain, sans quitter l’axe qui relie ses rôles de scène et d’écran.
Les dernières apparitions
Dans les années 1970, sa présence au cinéma se raréfie. Il tient un rôle dans « La Tosca » de Luigi Magni en 1973, puis dans « Nous nous sommes tant aimés » d’Ettore Scola en 1974, où il reçoit en 1975 un second Ruban d’argent du meilleur acteur dans un second rôle. Le film lui offre Romolo Catenacci, personnage inscrit dans une comédie d’après-guerre qui regarde son époque avec ironie.
Il apparaît encore dans « Il ginecologo della mutua » en 1977, où il joue Pietro Massone, et le dernier film signalé, « Giovanni Senzapensieri », est tourné en 1986. Après cette date, l’écran se retire derrière une présence d’archive, comme dans « Un film et son époque » en 2003 et « Il était une fois... « Rome, ville ouverte » » en 2006, où son image revient sans nouveau rôle.
Aldo Fabrizi meurt à Rome le 2 avril 1990, dans la ville où tout avait commencé. Son nom reste attaché à une manière de faire entendre Rome sans folklore, par le débit, la carrure et des personnages qui passent du rire à la gravité sans changer de diction.
Films et séries avec Aldo Fabrizi
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