Muir Mathieson: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Muir Mathieson en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
227
œuvres recensées
226 films · 1 série
- Première année recensée
- 1934
- Dernière année recensée
- 1973
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1934, Muir Mathieson dirige la musique de « Le Mouron rouge » pour Harold Young. Né à Stirling le 24 janvier 1911, mort à Oxford le 2 août 1975, il occupe très tôt une place de chef d’orchestre et de compositeur au service du cinéma britannique et américain.
Formation à Stirling et passage par Londres
Mathieson suit ses études à la Stirling High School, puis au Royal College of Music à Londres. Ce détour par l’enseignement musical structure sa place future dans l’industrie du film, où il ne se contente pas d’écrire: il choisit des compositeurs, prépare leurs partitions et conduit l’orchestre.
Dans les années 1930, il devient chef du département musique pour Alexander Korda aux studios Denham. Dès 1934, il prend en charge la musique écrite par Ernst Toch pour « The Private Life of Don Juan », film de Korda avec Douglas Fairbanks et Merle Oberon. Cette fonction le place au centre d’un système où la direction musicale compte autant que la composition elle-même.
Il dit à Korda ne pas vouloir être compositeur, mais choisir des noms de premier plan, faire les arrangements et conduire leurs partitions. Cette position le suit durablement, au point que James Bernard le surnomme le « Tsar de la musique pour les films britanniques ».
Korda, Denham et l’architecture musicale des années 1930
À partir de 1934, Mathieson intervient sur « Le Mouron rouge », puis sur « Bozambo » en 1935, « Forget Me Not » en 1936 et « La Reine Victoria » en 1937. Il travaille aussi sur « Dîner au Ritz » la même année. Ces titres montrent un rôle de passeur entre la partition et l’orchestre, au sein d’un cinéma de prestige produit autour de Korda et de ses proches collaborateurs.
La décennie le voit déjà dans une fonction de coordination musicale plutôt que d’exposition individuelle. Il conduit des musiques signées par Arthur Benjamin, Ernst Toch ou William Walton, tout en restant au poste de chef d’orchestre. Cette place discrète dans l’organigramme du film pèse pourtant sur la sonorité de plusieurs productions britanniques majeures.
Il veut voir le génie musical britannique utilisé dans le monde entier et reconnu par d’autres pays. Cette volonté, formulée à propos de sa mission, éclaire la manière dont il organise les collaborations avec les compositeurs de son temps.
La guerre et les grandes partitions britanniques
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mathieson travaille pour le Ministère de l’Information sur des musiques de films écrites par Arthur Bliss, William Walton, Ralph Vaughan Williams et Malcolm Arnold. Son activité s’inscrit alors dans un cadre institutionnel, avec une mission liée à la production cinématographique britannique de guerre.
En 1940, il dirige la musique de « Le Voleur de Bagdad », signée par Miklós Rózsa. Quatre ans plus tard, il dirige le London Symphony Orchestra pour « Henry V », dont la musique est de William Walton. En 1945, il dirige le National Symphony Orchestra pour « Brève Rencontre », sur une musique de Sergei Rachmaninov.
Ces engagements le placent au contact de films de David Lean et Laurence Olivier, sans le réduire à une seule signature musicale. En 1948, il dirige encore le Philharmonia Orchestra pour « Une âme perdue », « Oliver Twist » et « Hamlet », trois œuvres reliées à des compositeurs différents, William Alwyn, Arnold Bax et William Walton.
Des films de prestige aux superproductions des années 1950
En 1950, Mathieson dirige la musique de « L’Île au trésor ». L’année suivante, il prend la direction de « Scrooge », appelé aussi « Un Conte De Noël », puis en 1952 de « Le Corsaire rouge ». La même période le voit travailler sur « Le Vagabond des mers » en 1953 et « Les Chevaliers de la Table ronde », où il dirige à nouveau une partition de Miklós Rózsa.
En 1954, il dirige « L’Homme au million ». En 1957, il est au pupitre pour « Police internationale » et « Le Prince et la Danseuse ». L’année suivante, il intervient sur « Sueurs froides » d’Alfred Hitchcock, où il dirige la musique de Bernard Herrmann.
La même saison, il participe aussi à « La Blonde et le Shérif », « Les Aventures de Tom Pouce » et « La última noche del Titánic ». En 1959, il dirige « Fils de forçat ». Dans ces années, son nom reste attaché à des œuvres très diverses, de l’aventure à la comédie musicale, sans quitter la fonction de chef d’orchestre.
Le compositeur et l’orchestre après les années 1950
En 1963, Mathieson signe la musique originale de « Appelez-moi Chef ». Cette mention de compositeur vient tard dans une activité longtemps dominée par la direction musicale, ce qui laisse apparaître une pratique plus large que le seul travail au pupitre.
À partir de la fin des années 1960, il dirige le Oxfordshire County Youth Orchestra. Le geste prolonge une carrière d’orchestre dans un autre cadre, tourné vers la transmission musicale plutôt que vers les plateaux de tournage.
Mathieson meurt à Oxford le 2 août 1975. Son activité a laissé une trace durable dans le cinéma britannique, à travers des collaborations où la direction musicale occupait une place décisive, du studio de Korda aux films d’Hitchcock et de Lean.
Filmographie de Muir Mathieson
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