Bunta Sugawara: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Bunta Sugawara en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
231
œuvres recensées
221 films · 10 séries
- Première année recensée
- 1956
- Dernière année recensée
- 2013
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1973, Combat sans code d'honneur de Kinji Fukasaku installe Bunta Sugawara dans le rôle de Shozo Hirono, personnage qu’il reprend dans plusieurs films de la série. Né le 16 août 1933 à Sendai, il meurt le 28 novembre 2014 à Tokyo. Entre ces deux dates, son nom reste attaché à un cinéma de yakuzas qui le suit longtemps, sans l’enfermer tout à fait.
Des débuts à Shintōhō puis à Shōchiku
À Sendai, il naît en 1933, puis rejoint Tokyo avec son père et sa belle-mère après le divorce de ses parents. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il revient à Sendai dans le cadre des évacuations. Plus tard, il entre à l’université Waseda en droit, abandonne en deuxième année faute d’argent et travaille comme mannequin en 1956.
Son passage au cinéma commence avec une apparition dans « Aishū no machi ni kiri ga furu » en 1956. Deux ans plus tard, la Shintōhō le repère et lui confie « White Line » de Teruo Ishii. Le studio lui donne plusieurs rôles, malgré son manque d’expérience, avant sa faillite en 1961.
Il rejoint alors Shōchiku pour « Shamisen to ōtobai » de Masahiro Shinoda. Son renvoi survient après un retard, conséquence d’une nuit d’alcool. En 1963, « La Légende du combat à mort » de Keisuke Kinoshita retient l’attention, puis « Le Parfum de l'encens » en 1964 et « La Rivière Kii » en 1966 l’installent dans des productions différentes, loin d’un seul registre.
La Tōei et la série des yakuza
En 1967, il rejoint la Tōei après une recommandation de Noboru Andō. La même année, Teruo Ishii le dirige dans « Abashiri bangaichi: Fubuki no tōsō », puis « Gendai yakuza: Yotamono no okite » l’année suivante ouvre une série poursuivie jusqu’à « Okita le pourfendeur: Yakuza moderne » en 1972.
Dans cette période, il tourne aussi « Le Caïd de Yokohama » de Kinji Fukasaku en 1969. Le film arrive dans une année chargée, où figurent aussi « La Loi yakuza », « Le Blazon ensanglanté » et « Gendai yakuza: Yotamono jingi ». Cette concentration de titres fixe sa présence dans un pan du cinéma japonais nourri par les récits de gangs et de loyautés rivales.
En 1970, il apparaît dans « Lady Yakuza: Le Retour d'Oryū » de Tai Katō et dans « Nippon dabi katsukyu » de Jun'ya Satō. « Jingi naki tatakai Dairi senso » et « Final Episode » en 1973 prolongent la présence de Shozo Hirono, tandis que « Police Tactics » en 1974 et « Quartier violent » la même année le replacent encore dans l’univers de Fukasaku.
Le visage de Shozo Hirono
« Combat sans code d'honneur » marque un tournant en 1973. La série s’inspire d’une guerre de gangs à Hiroshima et se déploie en cinq volets. Shozo Hirono devient le rôle le plus identifié à Bunta Sugawara, avec « Combat sans code d'honneur 2: Qui sera le boss à Hiroshima? » la même année, puis « Final Episode » en 1974.
Le succès de cette série accompagne la diffusion d’un sous-genre du cinéma de yakuza, le jitsuroku eiga. Les films de cette veine privilégient des récits ancrés dans des situations de violence et de rapports de force, et Fukasaku en devient l’un des noms les plus étroitement liés. Sugawara y joue un personnage qui revient de film en film, sans qu’il soit dissociable de cette matière noire et nerveuse.
En 1974, « Police Tactics » et « Quartier violent » confirment cette association, tandis que « La Guerre des Yokai » en 2005 l’éloigne du seul crime organisé. Entre ces repères, « Le Voyage de Chihiro » en 2001 lui offre la voix de Kamaji, un passage remarqué dans l’animation de Hayao Miyazaki.
Des rôles de voix à la fin de la carrière
Dans les années 2000, il prête aussi sa voix à « Les Contes de Terremer » en 2006, pour le personnage de Haitaka, puis à « Les Enfants loups, Ame & Yuki » en 2012, dans le rôle de Nirasaki. Ces titres déplacent sa présence vers l’animation, tout en gardant cette diction grave qui fait partie de sa signature.
Le 23 février 2012, il annonce sa retraite d’acteur. Il relie cette décision au séisme de 2011 sur la côte Pacifique du Tōhoku et à une hospitalisation durant l’hiver 2011. Le geste intervient alors qu’il reste encore disponible pour d’éventuels nouveaux rôles, mais l’annonce ferme une longue séquence commencée plus d’un demi-siècle plus tôt.
Il meurt le 28 novembre 2014 à Tokyo d’un cancer du foie. Les titres associés à sa mémoire restent ceux de Fukasaku, de Miyazaki et de quelques autres cinéastes japonais majeurs, du cinéma de genre aux films d’animation.
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