Tonino Delli Colli: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Tonino Delli Colli en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
133
œuvres recensées
133 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1942
- Dernière année recensée
- 1997
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1943, Tonino Delli Colli entre à Cinecittà à 15 ans comme assistant opérateur. Il travaille alors avec Ubaldo Arata, Anchise Brizzi et Mario Albertelli, puis devient chef opérateur à 21 ans avec « Finalmente sì ».
Tonino Delli Colli, de Cinecittà aux grands plateaux italiens
Né à Rome le 20 novembre 1922, Antonio Delli Colli s’impose très tôt dans le métier de l’image. Son entrée à Cinecittà, en 1943, le place au contact d’opérateurs expérimentés dans un cinéma italien qui se remet encore de la guerre. Le passage à la direction de la photographie intervient dès 1944, avec « Finalmente sì », quand il n’a pas encore 22 ans.
Les années suivantes le voient travailler sur une série de productions italiennes qui installent sa présence auprès de réalisateurs de premier plan. Il signe les images de « Totò a colori » en 1952, présenté comme le premier film italien en couleurs, puis participe à « Donatella » de Mario Monicelli en 1956. Cette période le fixe dans un cinéma de studio où la photographie doit suivre des registres très différents, des comédies populaires aux drames plus charpentés.
Pasolini et une collaboration décisive
En 1961, la rencontre avec Pier Paolo Pasolini ouvre une longue série de collaborations. Delli Colli signe l’image d’« Accattone », puis de « L'Évangile selon saint Matthieu », de « Le Décaméron », des « Contes de Canterbury » et de « Salò ou les 120 Journées de Sodome ». Le lien avec Pasolini devient l’un des axes les plus solides de sa filmographie.
Cette association couvre une décennie et demie, avec des films qui demandent des solutions visuelles très différentes d’un titre à l’autre. La photographie de Delli Colli accompagne des récits bibliques, des adaptations littéraires et des œuvres plus radicales dans leur forme. Peu de directeurs de la photographie italiens auront suivi avec autant de régularité un cinéaste aussi exigeant sur le plan plastique.
Le travail avec Pasolini ne l’isole pas des autres cinéastes italiens. Il photographie aussi des films de Sergio Leone et de Federico Fellini, deux noms qui structurent l’histoire du cinéma italien de la seconde moitié du 20e siècle. Cette proximité avec des univers très marqués tient à une capacité à adapter l’écriture lumineuse aux attentes de chaque mise en scène.
Sergio Leone, Fellini et quelques films français
Avec Sergio Leone, Tonino Delli Colli signe trois titres qui comptent dans la carrière du cinéaste: « Le Bon, la Brute et le Truand » en 1966, « Il était une fois dans l'Ouest » en 1968 et « Il était une fois en Amérique » en 1984. Ces collaborations s’étalent sur près de 20 ans et encadrent deux moments très différents de l’œuvre de Leone.
La même exigence se retrouve chez Fellini, pour lequel il photographie les trois derniers films: « Ginger et Fred », « Intervista » et « La voce della luna ». Delli Colli travaille alors avec un réalisateur qui conclut sa filmographie sur trois œuvres tardives, et la continuité de cette collaboration dit assez la confiance accordée à son regard technique.
Il travaille aussi en France pour Louis Malle et Yves Boisset. « Lacombe Lucien » et « Un taxi mauve » le placent dans un cadre de production différent, sans rompre avec la constance de son métier. Ces incursions françaises montrent une circulation réelle entre plusieurs cinémas européens, sans que son activité cesse de rester très liée à l’Italie.
De la comédie italienne à Benigni
Au début des années 1970, Delli Colli photographie « Uma Gatinha por Dia » en 1970, puis « Le Décaméron » en 1971 et « Les Contes de Canterbury » en 1972. Les titres s’enchaînent sans linéarité de genre, mais avec une même présence dans des productions italiennes très identifiées par leur époque. La carrière se prolonge encore avec « Dernier amour » en 1978 et « Lunes de fiel » en 1992.
Le dernier film cité dans la chronologie est « La vie est belle » de Roberto Benigni, en 1997. Cette image finale d’un long travail de chef opérateur clôt une activité commencée plus d’un demi-siècle plus tôt. Entre 1943 et 1997, Delli Colli traverse plusieurs époques du cinéma italien sans changer de spécialité.
La variété des metteurs en scène avec lesquels il travaille donne la mesure de son rôle dans les productions qu’il accompagne. Monicelli, Pasolini, Leone, Fellini, Malle, Boisset, Benigni: cette liste dessine moins une accumulation qu’un réseau de fidélités et de rencontres. Il meurt à Rome le 16 août 2005, à 81 ans.
Récompenses et reconnaissance
Plusieurs distinctions sont associées à son nom: le David di Donatello du meilleur directeur de la photographie, le Ciak d'oro pour la photographie et le Ruban d'argent de la meilleure photographie. Ces récompenses appartiennent à trois institutions italiennes qui ont suivi son travail au long cours.
Elles accompagnent une activité commencée à l’adolescence et poursuivie jusqu’aux années 1990. Chez Tonino Delli Colli, l’image n’est pas un simple service rendu à un récit; elle constitue le cœur d’une pratique qui passe par les studios romains, les tournages de Pasolini et les grandes fresques de Leone. Son nom reste lié à une histoire du cinéma italien écrite en lumière, en contraste et en précision de cadre.
Filmographie de Tonino Delli Colli
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Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
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